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‘“ À tous ceux qui les présentes verront, salut :
‘ Sçavoir faisons, que sur la requête à nous présentée par le sieur Jolliet, demeurant à
- Québec, à ce qu’il nous plust luy vouloir ac-
corder en titre de fief et seigneurie, haute, moyenne et basse justice, l’Isle d’Anticosty, scituée à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, dans laquelle il désirait faire des establissements de pesche et de morue verte et seche, huiles de loup-marins et de ballaines, et par ce moyen commercer en ce pays et dans les Isles de l’Amérique ; Nous, conjointement avec monsieur le comte de Frontenac, conseiller du Roy en ses conseils, gouverneur et lieutenant-général pour Sa Majesté en Canada, Accadie, Isle de Terreneuve, et autres pays de la France Septentrionnale, et en considération de la découverte que le dit sieur Jolliet a J'aite du pays des Illinois, dont il a donné le plan, sur lequel la carte que nous avons envoyée depuis deux ans à monseigneur Colbert, ministre et secrétaire d'état, a esté tirée, et du voyage qu'il vient de faire à la Baie d'Hudson pour l'intérêt et l'avantage de la ferme du roy en ce pays,
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au dit sieur Jolliet donné, accordé et concédé, donnons etc., la dite Isle d’'Anticosty, etc. etc. « (Signé :) DUCHESNEAU. ” ‘« (Régistré au greffe du conseil souv.) ‘6 PEURRET. ”?
L'année suivante, l’intrépide Jolliet y alla résider avec son épouse, ses quatre enfants et quelques employés. Moriri (Voir Anticosty), en parlant de cette île, où Jolliet faisait sa demeute, nous dit : ‘ Elle a trente-cinq lieues en longueur sur sept en largeur. Elle appartient à un Canadien, qui y aun magasin fortifié pour garantir ses marchandises et sa famille contre les surprises des Esquimaux, et qui tra. fique avec les Montagnais et les Papinachois, des armes, des peaux, ete., etc. ”
Le négociant de l'Ile d'Anticosti ne fut pas longtemps sans s'apercevoir que ses pêcheries et ses postes de commerce du golfe ne lui fourniraient pas des moyens de subsistance pour sa famille et pour le rémunérer de ses services, aussi demanda-t il au gouvernement une autre seigneurie.
Lahontan nous fait connaître (tôme I, page 210 de son ouvrage sur le Canada) un incident
relatif à Jolliet. ‘ Lorsque les Anglais et les colons de la Nouvelle-Angleterre vinrent faire le siége de Québec, en 1690, sous la conduite de Sir William Phipps, le sieur Jolliet, qui était dans sa barque avec sa femme et sa bellemère, fut pris par la flotte du chevalier William Phipps, sur le fleuve Saint-Laurent,” et, à la page 215, il ajoute : ‘“ Lorsque Williarz Phipps eût fini ses glorieux exploits, il envoya demander à M. de Frontenac quelques prisonniers anglais en échange du sieur Jolliet, de sa femme et de quelques matelots, ce qui fut exécuté sur le champ.” (1)
En conformité à une requête présentée au Roi, et aux recommandations des autorités de cette colonie, la Cour accorda à Jolliet, en 1697, une nouvelle seigneurie, dont voici un extrait du titre :
‘“ Louis de Buade, etc., Jean Bochart, cte.
‘“ À tous ceux qui les présentes verront, salut :
“Sçavoir faisons, que sur la requeste à nous présentée par le sieur Louis Jollict, tendante (1) Un prètre, M. Claude Trouvé, pris aussi par les An-
glais dans les missions de l’Acadie, fut amené à Québec où il fut échangé,