‹ La déesseChapitre 28 sur 52 · ACTE lï, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE lï, SCÈNE IX

duchesse vient de me signifier nettement qu'elle aimerait mieux mourir que de reconnaître Nadja pour sa belle-fille.

NADJA.

Et pourquoi cela ?

MARDOCHE

Parce que les duchesses... vois-tu bien, sont les déesses de ce pays.

CHARLES

Ma mère vous a dit cela ?

MARDOCHE

A moi, en personne, à moi qui venais de lui rendre son fils!... sans compter d'autres humiliations... et quoique philosophe... je n'y ai pas tenu ! je me suis mis en colère... non pour moi!., mais pour toi, mon enfant... Me proposer de te prendre comme femme de chambre...

NADJA.

Un bel état ?

MARDOCHE

Par exemple! quand on a été déesse i Dès demain, nous quittons cette maison !

CHARLES

Avec moi ?...

NADJA.

Oui, oui, avec nous!...

MARDOCHE

Non ! non !

CHARLES

Et où irez-vous?... que feroz-vous d'elle ?...

MARDOCHE

Est-ce que je sais/ brodeuse... modiste., couturière... J'aimerais assez couturière... mais elle n'a rien appris, elle ne.sait rien... rien qu'être déesse !

NADJA.

On ne m'a élevée qu'à ça.

MARDOCHE

N'importe? elle ne mourra pas de faim. ..je me remettrai en maison!., intendant, maltre-d'hôtel... je travaillerai pour deux !

CHARLES

Et moi avec vous.

mardoch::.

Toi, un duc!... tu ne le peux pas! cela ne t'est pas même permis! Mais ta mère... te demande... va-t'en... va la retrouver, et adieu pour toujours !

Charles , courant à Nadja.

Moi je ne veux pas te quitter.

NADJA.

Ni moi non plus.

MARDOCHE

Il le faut cependant.

CHAELES et NADJA.

Jamais ! jamais !

MARDOCHE

Pauvres enfants... Ah! si j'étais noble... si j'étais riche seulement... on s'arrangerait du reste,., et dans un pays où l'on foulait l'or aux

pieds... je n'ai pas pensé seulement !..Ah! pourquoi ai-je quitté l'île... (Apercevant Charles et Nadja qui sont dans les bras l'un de l'autre.) Eh bien, eh bien ? Dieu me pardonne ! je crois qu'ils s'embrassent... Qu'est-ce que vous faites là ?

NADJA.

Nous pleurons !

Ils appellent cela pleurer. (A part.) C'est la douleur qui les égare... (Haut.) Mais votre mère, votre sœur désirent vous voir.

Air: Prenez pitié de ma misère. (d'Adhémar.) Allons, il faut qu'on se sépare; Hélas! ils se font leurs adieux!

Pauvres enfants ! le sort barbare Demain nous l'ait quitter ces lieux!

(A Charles.) Venez, le plaisir vous appelle Et l'on vous attend pour ce bal !

chaules, tenant toujours JS'adja pressée contre lui. J'aime mieux pleurer avec elle!

Ça le console!...

MARDOCHE

C'est égal !

ENSEMBLE

MARDOCHE

Allons, il faut qu'on se sépare, Et c'est assez... c'est trop d'adieux!

Pauvres enfants, le sort barbare Demain nous fait quitter ces lieux.

NADJA ET CHARLES.

Pourquoi faut-il qu'on nous sépare, Faisons-nous encor nos adieux!

Puisque demain, le sort barbare Nous fait, helas ! quitter ces lieux.

(Mardoche sort par la gauche en emmenant Charles qui résiste et qui tend les bras à Nadja.)

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