A L’ILE D’ELBE
u Quant à ma dernière campagne, c'est à Marmont qu’il faut en attribuer la fatale issue. Je lui avais confié mes meilleures troupes et le poste le plus important, comme à celui de mes maréchaux sur lequel je devais le plus compter. Pouvais-je m’attendre à être abandonné par un homme que je n'avais cessé de combler de biens depuis l’àgc de quinze ans! Sans sa défection, j’aurais facilement chassé l’ennemi de Paris; et dans cette ville comme dans les autres parties de la France, le peuple se serait levé pour moi, en dépit des actes du Sénat. Mais, même lui me restant, les alliés étaient trois contre un, et après sa défection, avec l’incertitude dans laquelle il me mettait, il n’y avait plus de chance de succès. J’aurais pu, sans doute, prolonger la guerre, mais je ne pouvais plus me flatter de la terminer heureusement contre toute l’Europe réunie. J’ai bientét pris mon parti, pour éviter à la France une guerre civile, et je me regarde comme mort ; car mourir ou être ici, c’esi la même chose. »
J’ai toujours eu de l'indulgence pour les fautes militaires, ainsi que je l’ai prouvé en conservant Marmont après qu’il eût perdu son artillerie à Laon. »
(Revue Britannique , 1826, vol. VIII, p. 73 . Conversation arec Lord Ebrington.)