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PREUVES DE LA VALEUR PRÉVENTIVE ET CURATIVE DU TRAITEMENT SPECIFIQUE

Les démonitrations expérimentales que l’on peut donner de la valeur anti toxique des sérums, sont les plus brillantes possibles, et peuvent prouver l'action préventive et l’action curative.

De telles démonstrations pourront être faites sur tous les animaux de laboratoire.

Quand on injecte, par voie veineuse, à un animal une dose de sérum anti-venimeux, on peut, quelques minutes après, lui injecter impunément, par voie veineuse, une dose de venin capable de le tuer rapidement, ou par voie hypodermique, une dose pouvant tuer beaucoup d'animaux de la même espèce. Si l'injection préventive de sérum est hypodermique, on doit laisser le temps indispensable pour son absorption.

Préventivement, le sérum a pour effet, quand il est employé en doses convenables, d'empêcher la fixation du venin sur les cellules de l'organisme et par conséquent d'empêcher l'apparition des symptômes d'empoisonnement.

La démonstration de l’action curative peut êtr: faite de trois manières: 1° en employant les injections de venin et de sérum par voie veineuse; 2° en employant le venin en injection hypodermique ou intramusculaire et le sérum par voie veineuse; 3°" en employant le venin et le sérum par voie hypodermique ou intramusculaire.

Dans le premier cas, le traitement devra être immédiat, car la voie veineuse étant très rapide, la mort surviendrait au bout de quelques minutes. On peut faire cette démonstration sur le lapin. Ce dernier animal principalement s'y prête admirablement. On injecte dans la veine marginale de l'oreille du lapin une dose de venin capable de le tuer au bout de quelques minutes, et une demi-minute ou une minute après, on lui injecte par voie veineuse une dose proportionnée de sérum. Ce que l'on observe est tèrs intéressant: ou l'animal ne présente pas de symptômes graves d'empoisonnement, ou il les présente, et tombe, pour se remettre au bout de quelques minutes, sous l'influence du sérum spécifique. L'action de ce dernier paraît explicable par la grande affinité

qu'il posséde pour le venin, arrivant à le soustraire des endroits où il commençait à se fixer.

Dans le second cas, le temps de l'intervention est inversement proportionnel à la dose de venin. C'est à dire que plus grande est la dose de venin inoculé, plus rapide est l’évolution de l'empoisonnement, et d'autant plus prompte devra être l'intervention.

Le lapin et le pigeon se prêtent bien à cette démonstration.

On peut'injecter à ce dernier, par voie intra-musculaire, une dose de venin capable de le tuer en une demi-heure, et le soigner avec succès au moyen d’une injection endo-veineuse immédiate de sérum spécifique.

Dans le troisième cas, on doit avoir en vue de produire chez les animaux en expérience, un type d’empoisonnement comparable, autant que possible, à celui que l’on observe dans les accidents naturels de l’ophidisme. Les doses de venin pouvant être exagérées au gré de l'éxperimentateur, il est clair qu'il pourra se produire des empoisonnements si rapides qu’on n'ait pas le temps de les soigner par le sérum en injection hypodermique. Pour que l’on puisse traiter, avec succès, par injection hypodermique de sérum, il est nécessaire que l’empoisonnement ne produise pas la mort de l'animal avant 10 à 12 heures.

Dans les accidents ophidiques chez l'homme, cette condition se vérifie dans la presque totalité des cas, car très rarement la mort survient avant 12 heures. Dans les cas les plus fréquents la mort survient 48 heures et même plus tard après l'accident; il y a aussi des cas de décès après plusieurs jours.

La rapidité avec laquelle se présentent et évoluent les symptômes d'empoisonnement dépend principalement de la quantité de venin inoculé; elle est inversement proportionnelle à celle-ci.

Plus la dose de venin est grande et plus tardive est l’intervention, plus grande devra être la dose de sérum.

Il y a une question de portée pratique, dont la solution peut être tentée expérimentalement. C’est de savoir à quelle dose et pendant combien de temps pourra être employé avec profit le sérum, dans les cas où le serpent injecte réellement à l'intérieur des tissus la quantité moyenne de venin dont il peut disposer. On choisit pour expérience un animal qui ne devra pas être de

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petite taille, ni de ceux qui sont très sensibles au venin, parce qu'ils ne sont pas comparables à l’homme. Deux procédés se présentent: ou faire mordre les animaux par un certain nombre de serpents, pour les soigner après avec des doses diverses et à des temps variables, ou bien extraire le venin d’un certain nombre de serpents et trouver une dose moyenne avec laquelle les animaux seront injectés.

Cette dernière méthode étant. la plus sûre, c'est celle que nous préférons, Quand on fait mordre le serpent, la quantité de venin inoculée par lui reste indéterminée; il peut même arriver que le serpent se trouve complètement dépourvu de venin.

Dans le but d'éclairer ce point, nous procédons de la manière suivante:

1. Nous prenons comme animaux d'expériences des chiens, parce qu'il présentent une sensibilité comparable à celle de l’homme.

2. Nous extrayons le venin d'un certain nombre de serpents, nous partageons le tout en doses égales bien déterminées et avec l’une d'elles nous injectons les muscles de la cuisse d’un des chiens, en procédant ainsi pour tous ces animaux.

3. Nous commençons le traitement dans un délai pouvant aller d'une demi-heure après l'injection de venin jusqu’ à 4 heures après, en employant des doses variables de sérum.

En procédant ainsi les résultats ont été les suivants: l'animal non soigné succombe dans les 48 heures. Ceux qui on reçu une injection hypodermique, même deux heures après ont échappé mais en présentant des symptômes graves d'empoisonnement. Celui qui a été soigné 1 demi-heure après, s’est rétabli plus promptement. Nous sommes encore ‘rrivé à sauver un animal, dans un état très grave, 4 heures après l'injection de venin, en faisant l'injection de sérum dans la veine saphène. Les doses de sérum employées étaient de 10 à 20 centimètres cubes.

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