‹ La défense contre l'ophidismeChapitre 86 sur 107 · RP POLE · texte numérisé non relu

RP POLE

COMMUNICATION DU DR. JOAO JOSE’ DE FARIA Lettre écrite de Pitangueiras le 5 Janvier 1906.

® N. 50— Nous étions le 2 courant dans la plantation de M. le Colonel Cotrim, en visite chez les distingués confrères Drs. Victor Arataugy et Manoel Cotrim. Pendant que nous étions en promenade on nous présenta deux exemplaires de serpents venimeux (un serpent à sonnettes et un jararaca) destinés à être remis à l’Institut Sérumthérapique. Voulant faire une expérience avec le serpent à sonnettes, nous lui présentâmes une chevrette pour qu'il la piquât; mais il n'en fit rien car il ne s’en occupa pas quoique assez excité quand ce fut le tour du jararaca, celui-ci fit immédiatement à la lèvre supérieure de la chevrette deux morsures par où il sortit de suite du sang. Huit minutes après, les symptômes de l’empoisonnement ophidique commencèrent à paraître: tremblement par tout le corps, hémorragies nasale et oculaire, commencement de tuméfaction de la partie blessée. Le petit animal ne pouvant plus se tenir sur ses pattes, restait couché, présentant un peu de tympanisme. On lui fit immédiatement, à la face interne d'une des cuisses, une injection de 20 c.c. de sérum anti-bothropique. Les symptômes décrits continuèrent à augmenter, excepté le tremblement qui disparut de suite après l'injection. La chevrette pouvait déjà se tenir debout mais les hémorragies et la tuméfaction augmentèrent progressivement. Cela nous força à pratiquer ‘une seconde injection, de 20 c.c. dans les muscules abdominaux 20 minutes après la première. En continuant à observer la chevrette pendant deux heures nous remarquâmes que les symptômes de l’ophidisme loin d'augmenter s'atténuaient un peu. Nous jugeâmes l'animal hors de danger et nous le mîmes en observation jusqu’au lendemain. Nous verifiâmes alors que les hémorrhagies avaient complètement disparu. L'animal expulsait à peine quelques coagulums sanguinolents par les narines, et la tuméfaction qui avait gagné toute la tête depuis la gorge, avait déjà diminué. La chevrette était vive et sautait. Elle pesait 11 kilogr. Les deux serpents s'ils n’y sont pas déjà, seront sous peu remis à cet Institut par Mr. Joäo Cotrim.

Outre les cas dont nous avons consigné les observations, nous en avons, sur notre registre, des centaines qui nous ont fourni d’intéressantes données sur la fréquence des accidents par espece venimeuse, le sexe et l’âge des victimes et la région mordue.

Nous en donnons le tableau suivant:

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