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COMMENT ON DOIT TRAITER UN CAS DE MORSURE DE SERPENT

Les premières questions que l’on doit se poser quand on a

à traiter un cas de morsure de serpent est de savoir: 1, si le ser-

pent qui a mordu est venimeux ou non; 2, dans l’hypothèse qu’il soit venimeux, à quelle espèce il appartient.

Il arrive fréquemment qui le serpent qui a causé l'accident est tué ou attrapé vivant. Dans cette hypothèse il ne sera pas difficile de résoudre, sinon les deux questions, au moins la première, c'est-à-dire de savoir si le serpent est venimeux ou non, en examinant la bouche de l’ophidien. Quand on a vérifié que l'espèce n'est pas venimeuse le cas n’exige aucun soin spécial et dispense même de tout traitement.

Si l’on n'a pas pu prendre le serpent, on peut encore résoudre la première des questions en examinant la région mordue-et les symptômes. Les serpents venimeux font deux blessures pontionnantes, à petite distance l’une de l’autre, présentant extérieurement comme deux points rouges de la grosseur d'une tête d’épingle. Quelquefois on voit 4 blessures. Mais deux seulement correspondent aux dents de venin et présentent les caractères indiqués; les deux autres correspondent aux dents du maxillaire inférieur, sont courtes et coupantes et déterminent par conséquent des blessures superficielles.

Les serpents non venimeux (aglyphes et opisthoglyphes) déterminent quatre séries de petites blessures, superficielles et saignantes; les deux séries du centre correspondent aux dents

palatines et les extérieures aux dents maxillaires.

Quand on sait qu'il est question d'un serpent venimeux et qu'on veut déterminer l'espèce à laquelle il appartient, pour indiquer le sérum qui doit être appliqué, la chose est quelquefois facile, mais d’autres fois extrêmement difficiie. La connaissence de

certaines espèces de serpents est très facile, même pour les personnes peu habituées à voir des ophidiens, Le serpent à sonnettes, par exemple, tout le monde le reconnaît à cause des sonnettes. Quant aux différents espèces de Lachesis il y a beaucoup de confusion chez les gens du peuple, à cause du manque de fixité des noms vulgaires par lequels elles sont désignées. Ce fut pour résoudre, en partie, cette difficulté que nous fimes accompagner la description des principales espèces venimeuses par des clichés ayant l'indication du nom scientifique et des différents noms vulgaires.

Quand le serpent venimeux n’a pas été vu ou qu’on ne peut faire le diagnostic de son espèce, on doit employer le sérum antiophidique.

Le traitement une fois commencé, ou observera soigneusement le malade, en notant les modifications symptomatologiques sous l'influence du sérum. Les améliorätions devront être bien prononcées dans les six premières heures après l'injection et atteindre leur maximun 12 heures après. Si, au bout de 6 heures, il n’est constaté aucune amélioration, on devra faire une nouvelle injection def10=ou120:€: ct.

En règle générale, les améliorations ne se font pas attendre, surtout dans les cas traités à temps. La rapidité des soins est, en effet, un des principaux facteurs, peut - être le plus important, pour le succès de la guérison.

Plus vite après l'accident est commencé le traitement, plus grande est la chance d’un triomphe rapide et complet.

Le délai où l’on peut intervenir utilement varie naturellement avec la survie qu’aurait la victime, laquelle dépend de divers facteurs, dont le plus important est celui constitué par la dose de venin inoculé. |

Dans les cas où la mort se produirait en 12 heures, l'intervention devrait être immédiate, ou dans les premières heures après l’accident. Si au contraire, le cas est moins grave, la mort se produisant 48 heures ou davantage après l'accident, l'injection pourra encore être utile plusieurs heures après.

Il est toujours plus sûr de faire l'injection de sérum le plus tôt possible,

Nous venons d'arriver au bout de ce modeste travail sur l’un des maux qui affligent les populations rurales de notre pays.

Il nous reste toutefois à remplir un devoir, fort agréable pour nous. C’est de remercier M M. les Agriculteurs de l'Etat de Säo Paulo et des autres Etats à qui nous devons tout le matériel d’études et aussi toute la matière première qui nous a servie pour la préparation des puissants sérums anti-venimeux.

A l'égard de nos compagnons de travail, M.M. les Drs. Dorival de Camargo, Joäo Florencio Gomes, Bruno Rangel Pestana et Francisco Inglezias, nous sommes particulièrement obligés pour l'amitié qu’ils nous ont témoignée et pour le dévouement avec lequel ils nous ont accordé leur précieux concours.

A M. le Professeur J. Maibon nous devons l’aide intelligente ‘pour la traduction de ce travail; au jeune et distingué artiste M. A. Esteves, la plus grande partie des illustrations; aux ateliers du journal «O Estado de Säo Paolo», l'exécution des clichés et à M.M. Pocai & Weis l'impression de l'ouvrage.

A tous nous exprimons ici notre profonde reconnaissance.

Säo Paulo, le 13 avril 1914.

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