ÉPIDÉMIES HORS DE L'INDE
Khan-Choury. De là, il fat transporté par des soldats malades envoyés aux eaux minérales de Kisliar. La maladie se dissémina parmi les Kalmouks dispersés dans les steppes jusqu'au Volga. Le 15 juillet le choléra éclate dans le lazaret de Birutchaya-Kossa, petite ile située près d'Astrakan. Le 16 juillet il était à Astrakan. Il se dirigeait en môme temps vers Tiflis. De ïiflis il gagna Koutaïs et fut bientôt importé à Trébizonde. Au nord de Tillis, le choléra suivait la grande voie militaire qui traverse la chaîne du Caucase à une hauteur de 7000 pieds, et à la fin de juillet il existait à Stavropol sur l'autre versant (1).
D'un côté, il franchit la mer Noire et envahit ses ports ; de l'autre, il traverse la Russie, l'Allemagne, la France, l'Italie, etc. Nous ne suivrons pas le choléra à travers l'Europe. La marche de ces épidémies est aujourd'hui trop connue, et nous renvoyons aux auteurs qui se sont occupés de cette question (2).
Ce qui ressort pour nous de l'étude de ces épidémies, c'est cette progression par étapes successives et toujours répétées, cette marche toujours identique du choléra, trait commun des épidémies qui ont suivi la route de terre. Il y a là un fait des plus importants pour l'hygiène internationale, et qui montre dans quels points doivent être établis les postes sanitaires destinés à nous protéger à l'avenir (3).
(1) Il est à remarquer qu'avant d'arriver à Tiflis le choléra rentra en Perse par la grande voie de communication qui, de Bakou passe par Erivan, Natchichevan, Djoufa, Ordoubaz, et se continue vers Tauris.
(?) Briquet, Rapport sur les épidémies de choléra-uiorbus qui ont régné de 1817 à 1S50 (Mémoires de l'Académie de médecine, 1867-1868 t. XXVIII, p. 56).
(3) Cette seconde épidémie, qui persista jusqu'en 1855, et à laquelle on doit rattacher l'irruption de 1852 à 1855, coûta à la France plus de 250 000 décès.