II. — Cavalerie
Quelques corps francs de cavalerie avaient été organisés. C'étaient :
1° Les éclaireurs à cheval de la Seine, commandant Franchetti, dont se détacha plus tard :
L'escadron de la légion des Volontaires de la France, commandant G. Fould ;
2" L'escadron des Volontaires de la Seine, commandant de Pindray ;
3° Les Cavaliers de la République, commandant Dardelle.
Ces corps francs rendirent des services pendant le siège ; mais entre tous, l'escadron des éclaireurs à cheval, commandé par Franchetti, se distingua particulièrement.
M. Franchetti, ancien officier démissionnaire, autorisé. Escadron rrancpar arrêté du ministre de l'intérieur, en date du 25 août, • à organiser un corps de cavaliers volontaires, fit appel à des jeunes gens, pouvant s'équiper et se monter à leurs frais ; ces volontaires, intelligents, dévoués, ayant une grande pratique du cheval, possédaient toutes les qualités requises pour faire d'excellents éclaireurs.
Au commencement de septembre, l'escadron était complètement organisé. Déjà le 5 septembre, le commandant Franchetti était requis par le Gouvernement de la Dé-
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fense nationale « d'envoyer ses cavaliers à l'Hôtel de Ville dégarni do troupes, et d'y laisser un piquet en permanence (1). »
Quelques jours après, à l'approche de l'ennemi, cet escadron fit les premières reconnaissances ; le 8 et le 9 septembre, il parcourut la presqu'île de Genneviliiers , la presqu'île de Houilles, la forêt de Saint-Germain... Le 16, il battit toute la plaine en avant de Maisons-Alfort, où il échangea les premiers coups de feu avec les éclaireurs prussiens.
Incorporé le 17 septembre, dans le 14" corps, sous les ordres du général Ducrot, il fut, à dater de ce moment, journellement employé à faire des reconnaissances en avant de nos positions, dans la presqu'île de Gennevilliers, vers Rueil et au delà du Mont-Valérien. Ces éclaireurs improvisés montrèrent toujours le plus grand zèle dans l'accomplissement de leur mission. Habilement dirigés par un chef hardi, entreprenant, ils renseignaient constamment le général en chef sur les mouvements de l'ennemi (2).
Les jours de combat, ces éclaireurs étaient répartis par groupes auprès des divers chefs de colonne ; leur intelhgence, leur connaissance du terrain, les rendaient très-propres à porter rapidement les ordres.
Aux batailles de la Marne, ils formaient l'escorte spéciale du général Ducrot ; tous firent noblement leur devoir. C'est là que fut atteint mortellement leur chef; le brave, le chevaleresque Franchetti, au moment où il portail des cartouches aux tirailleurs les plus engagés devant Villiers.
(1) Oi'Ji'c sigiiô : Pelletan.
(2) Une dùeision sp6cialo les autorisa à iiortor le paiilalon rongo do la cavalerie légère. — \'oir aux pièces jiislillcalivcs, b» XV.
Il avait su, par son courage, son patriotisme, gagner l'estime générale. Sa mort fut un véritable deuil public.
Un ordre du Gouverneur, en date du 6 décembre, reconnut provisoirement M. Benoît-Ghampy, capitaine commandant l'escadron, comme chef de corps; quelques jours après, le commandement fut définitivement donné au chef d'escadron Faverot de Kerbrech, officier d'ordonnance du général Ducrot.
Sous la direction de ce nouveau chef, les éclaireurs continuèrent à rendre à la défense des services de premier ordre, toujours en avant, toujours en reconnaissance , ils poussèrent les pointes les plus hardies et se signalèrent en maintes circonstances, ce qui leur valut des citations particulières du général commandant en chef de la 2« armée.
Le 28 janvier 1871, par le fait même de la capitulation, ce corps fut dissous.