AVANT-PROPOS
Au lendemain du siège de Paris, il a été publié une foule de récits plus ou moins exacts sur les événements qui venaient de se passer.
Ces assertions contradictoires, et souvent passionnées, la presse ne cesse de les reproduire, le public les répète ; ainsi se propagent indéfiniment, même parmi les gens éclairés, même à la tribune, les erreurs, les appréciations les plus fâcheuses, et cela au grand détriment de la vérité, de la justice historique.
Sollicité par un grand nombre de chefs de corps et de chefs de service qui, pendant ces moments de terrible crise, ont été nos coopérateurs fidèles et dévoués, nous avons entrepris la lâche de faire le récit consciencieux de la Défense de Paris.
n AVANT-PROPOS.
Celte tache était d'autant plus difficile, que les archives de rétat-major général de la 2* armée et de notre état-major particulier avaient été soustraites ou détruites au moment de l'insurrection du 48 mars (1).
Pour les reconstituer, hous avons dû recourir au zèle, à la bonne volonté de tous ceux qui, ayant été sous notre commandement, possédaient quelques documents officiels ou intéressants.
Grâce à la persévérance, à Tesprit d'ordre de notre aide de camp, M. le capitaine Louis, et de M, le capitaine Gillon, notre officier d'ordonnance, tous ces documents ont pu être classés, reliés entre eux, et servir de base à un véritable historique de toutes les troupes, réguUères ou irrégulières,' qui ont combattu sous les murs de Paris.
(1) Uuo partie des archives de Pétat-major se trouvait à Auteull, dans le logement du générai Appert, chef d'état-major général. — Pendant le siège de la Commune, un obus vint frapper le meuble dans lequel elles étaient renfermées et les réduisit en poussière....
Quant aux documents de l'état-major particulier, notamment le registre de correspondance du siège, que lo général Ducrot ttait eoUBerré, il se trouTait dans une malle qui fut saisie le 19 mars 1871 par des gardes nationaux.... Avertis de Tarrivôo du général, ces hommes Tattendaient à la gare de Lyon pour 9* "^"ver de sa personne... PréTcnu par son aide de oamp. lo descendit à Melon; mais à Paris, la malle fut pn:>o p^r < de la Commtitie* (Voir aux pièces justifieakivrs \.^
ÂVANt-PROPOS. m
NôiîS basant etclusivemeht sur les tapportâ des gétié^aux, des chefs dé ôotps, Rapports faits, pour ainsi dire, sur le terrain même du combat, nous avons cherché à rendre une éclatante justice à ces braves officiers , à ces héroïques soldats auxquels certainement, un jour^ la France et surtout Paris rendront un juste tribut de reconnaissance.
Qji'il nous soit permis de signaler en première ligne le vaillant général Renault, avec qui nos relations ont été de tous les instants, du 18 septembre au 30 novembre, jour où il est tombé sur le champ de bataille de Villiers.
Cet illustre vétéran, doyen de nos divisionnaires, loin de se montrer froissé d'être sous nos ordres , n'a cessé de nous témoigner une confiance, une déférence dont nous avons conservé au profond de notre âme un cher et précieux souvenir.
Nous en dirons autant des généraux Frébault, Tripier, d'Exea ; bien que nos anciens par Tâge, le grade, les services, bien que nos supérieurs à plus d'un titre, tous nous ont secondé avec un zèle, un dévouement qui ne se sont pas démentis au milieu des plus difficiles, des plus cruelles épreuves...
Nous le disons hautement, si nous avons pu jusqu'au bout supporter le lourd fardeau sous lequel