‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 18 sur 87 · I. — Infanterie · texte numérisé non relu

I. — Infanterie

Après les journées de Février, où la garde nationale

Loi avait renversé le Gouvernement, après les journées de

u i« août 1870 , . . , , , . , . 1

«uria Juin, où la moitié de la carde nationale avait voulu

ardo nationale. ' ^

renverser la société, TEmpire s'était cru obligé de prendre à l'égard de cette institution, plus propre à détruire qu à défendre, de sages et justes mesures de précaution: Les GOfiOO hommes qui la composaient étaient choisis, tous les officiers étaient nommés par le gouvernement.

On conservait la garde nationale comme souvenir, comme tradition, mais jamais on n'eut Tidée de lui demander un service qui ressemblât à un service de guerre ; tout consistait pour elle à fournir chaque jour ^deux postes, l'un à l'Hôtel-de- Ville, l'autre à la place Vendôme.

L'initiative delà loi du 12*août 4870, modifiant l'état de choses, appartient à M. Jules Favre. Son Exposé de motifs était conçu en ces termes :

« Ce serait un crime de refuser à chaque citoyen « une arme pour défendre son foyer. » Quelques jours avant la guerre, le même avocat avait demandé qu'au bulletin de vote correspondît Tarme t avec laquelle le < citoyen peut défendre à la fois et sa patrie et ses € droits civiques. »

Le Corps législatif, entendant toujours vanter la levée en masse, les- bataillons de volontaires, le grand souffle de 92, avait fini, comme le reste du pays, par y croire: et puis, à tant de choses fausses, il semblait se mêler, comme cela arrive souvent, un peu de vrai : à Paris, en 1814, disait-on, si la population avait été armée, elle donnait quelques heures de résistance de plus. . . l'Empereur arrivait ; sa seule présence, paralysant l'attaque, redoublant Fénergie de la défense, aurait pu changer la face des choses (1).

(i) Ce fait , tant de fois invoqué par les admirateurs et propagateurs des levées en masse, n'était pas compris ainsi par Napoléon I"". Dans ses Mémoires, parlant de la résistance de Paris en 1814, il a simplement regretté que cette ville no fût pas fortifiée : « Si Paris, a-t-il dit, eût été « encore une place forte en 1814 et en 1815, capable de résister scu- « Icment huit jours, quelle influence cela n'aurait-il pas eu sur les évé- « nements du Monde 1 ... » Ennemi-né de tout ce qui était désordonné et révolutionnairo. Napoléon a constamment été hostile à l'armement des foules. Dans le Moniteur du 12 thermidor an xi (31 juillet 1805), il écrit, à propos dos prétendues lovées en masse de l'Angleterre : « Savez-vous « ce que c'est qu'une levée en masse ? Croyez-vous que la multitude ne « soit pas la mémo dans tous les temps?... Les levées en masse fUrent « toujours les précurseurs et le foyer des discordes civiles.., »

m DÉFENSE DE PÂHïS,

Le Corps législatif, sous le coup de tous oès souvenirs' se Iaif5sa entraîner par le courant, et vota a Vimanitnitè la loi du 12 août sur la garde nationale. Celte loi portait le nombre des bataillons de 51 à 60, Chaque bataillon devait être fort de 1,500 hommes, et armé de fusils à tir rapide. Les 9 nouveaux bataillons, ayant nommé leurs ofTiciersà 1 élection, le& officiers des 51 autres donnèrent leur démission.

Ainsi, au moment où se présentait révenlualité du siège, on faisait une refonte complète et générale de la garde nationale. Prise en flagrant délit de réorganisation, cette troupe était donc dans les plus mauvaises conditions pour servir efflcacemenl.

Après la révolution du 4 septembre, des transformalions nouvelles eurent lieu» de nombreuses créations furent faites ; mais, loin do contribuer à consolider la garde nationale, elles servirent à la rendre encore plus faible et plus vaine.

créauon Une circulaire du ministre de rintérieur en date du

t) 60 bataillons

nouveaux. 6 Septembre prescrivit la formation de 60 bataillons nouveaux, comprenant un effectif de 1,500 hommes répartis en 8 compagnies. Les officiers devant être élus^ le Gouvernement, pour gagner du temps, décida que Ton se conformerait à Tesprit plutôt qu'à la lettre de la loi du 3 juin 1850.

Mode Le recrutement devait se faire par arrondissement,

e recrutement. i r^r» i. i i oi . «

chacun des 22 arrondissements de la Semé formant un nombre de bataillons proportionnel au chiffre des électeurs inscrits.

Dans chacun de ces arrondissements, une commission de IG citoyens, sous la présidence du maire, était chargée d'établir « sans s'astreindre à aucune formalité » la liste des gardes devant composer les bataillons nouveaux. Ces commissions, qui devaient choisir d'une ma-

nière si large, étaient, par leur essence, nature, origine, peu faites pour inspirer confiance... du reste, la plupart se formèrent elles-mêmes et s'imposèrent plutôt aux maires que ceux-ci ne les imposèrent à leurs administrés (1)... Enfin, les maires eux-mêmes, présidents de ces commissions, laissaient fort à désirer, la plupart du moins... tous étaient ennemis du régime déchu, mais tous n'étaient pas amis de Tordre... de plus, une énorme quantité de travaux urgents , considérables , difficiles , leur avaient été imposés en quelques jours et occupaient tous leurs instants.

a La circulaire du ministre de Tintériour, dit M. Cha- Armement * per, fut des le premier jour une lettre morte; quicon- garde nauonaû t que voulut entrer dans la garde nationale, fûl-il étran- € ger, fût-il repris de justice, y entra (2) .

« On n'appliqua le décret, ni pour les effectifs des ba- € taillons, ni pour leur nombre ; il y eut des bataillons « qui contenaient 350 hommes (le 239*), tandis que « d'autres en avaient 2,000 (le 116* par exemple), et € au lieu do 120 bataillons, on en eut bien vite 260. »

En vain le ministre de la guerre voulut-il présenter des objections, faire des réserves, .les membres du Ttouvernement le forcèrent à vider les arsenaux pour armer toute cette multitude. Il ne fallait pas, disaient les chefs de Texéculif, quo dans le cas où l'ennemi tenterait Tassaut, il pût rencontrer une population sans défense.

Plus do 300,000 hommes avaient ainsi été enrôlés dans la garde nationale; et, dans ce nombre, d'après le général Trochu, « on comptait 30,000 repris de justice d, ne demandant, naturellement, que le vol, le pillage, et

(1) Ces commissions furent l'origine des commissions cxéculivcs qui firent le 18 Mars.

(2) Rapport fait au nom de la Commission d'onquele séries actes du Gouvornement do la Défense nationale. - - ' -

6,000 seclaij^â, aux ordres des Flottrens, des Bknquî, des Delescluze.

i titiiité <rtTiB«r Une telle masse d'hommes n^était pas nécessaire pour pû^uiuiwti. défendre Paris. A l'armée de ligne et a la garde my bile, il suffisait d'ajouter un certain nombre de bal^tiU loas composés d'éléments choisis, de personnes honora* blés, présentant toutes les garanties nécessaii-es ; cela aurait entièrement suffî à maintenir 1 ordre et à faire k service des remparis»

On aurait certainement obtenu de ces hommes BTS encadrés, bien sun*eillés, ce qu'on a fini par obtenir de certains bataillons de mobiles qui, dans le princi] ii*étaient ni mieux instruits, ni mieux disciplinés

Du reste, ce n'était pas seulement avec des canoas, des fusils que Ton devait défendre Paris,,. II y avait de nombreux travaux à entreprendre : embrasures, rampes, traverses, poudrières, casemates, etc.,,. sans compter les grands ouvrages extérieurs, les redoutes, le^ batteries fixes, les tranchées, etc.. Pour tout cela il fallait des milliers de bras.*. Où pouvait-on mieux les trouver que dans cette immense population parisienne? — On n'aurait pas été ainsi à la merci des masses, et on serait venu en aide aux indigents.

Au lieu de cela, dès le 5 septembre, nous voyons tous les ateliers des ouvrages du dehors et du dedans^dégarnis; on est obligé de faire venir à grands frais des ouvriers de province, pour continuer les travaux de défense.

Pendant ce temps les ouvriers parisiens déclament et demandent des armes; la foule est véritablement maitresse, le gouvernement nouveau n'a pas la force d'imposer ses volontés ni de faire exécuter ses arrêts (1).

(1) C<f(«i:4u:6 septembre, entre antres.

DEFENSE DE PARIS. iOl

Les difBcultés étaient grandes, nous n'en disconvenons pas, et nous savons combien d'entraves ont été apportées aux décisions du Gouvernement par certains maires, par la majeure partie des commissions d'arrondissement. Cependant, nous croyons qu'il était possible de ne pas armer tout le monde, et puisque l'on ne s'en tenait pas aux électeurs inscrits , au moins fallait - il éliminer les repris de justice.

Si l'on voyait dans les rangs de la garde nationale Armemei toutes les variétés infinies de cette innombrable population ^ de \T

, . , . , . garde n^iio'

parisienne. ... le magistrat côtoyant le repris de justice... le professeur à côté du dernier des manœuvres.., les armes présentaient une diversité qui n'était pas moins étrange... Sans compter les fusils de chasse et les armes de luxe, certains bataillons avaient 5 à 6 modèles de fusils, français ou étrangers : fusils à canons lisse ou rayés, fusils et carabines à tabatière, mousquetons de cavalerie, de gendarmerie, Minier, Remington, Snider, chassepots, etc.. Il fallait apprendre le maniement de toutes ces armes, dont le nom même était inconnu à la majorité des officiers... (1).

Quant aux uniformes, ils étaient aussi divers que possible... On voyait briller toutes les fantaisies de la forme et de la couleur; mais ce qui frappait le plus, c'était le nombre de galons et la multitude de décorations de toutes sortes. Cette profusion d'insignes avait le grave inconvénient de faire disparaître tout respect hiérarchique : les soldats et les mobiles, qui ne voyaient là que des galons d'emprunt, ne saluaient pas ceux qui en étaient porteurs... Peu à peu, habitués à ne plus honorer les insignes de leurs chefs, ils finirent par ne plus

(1) Par un singulier privilège, les bataillons les plus mol composés politiquement étaient les mieux armés...

militaire qui &X ienum de la discipliaa d'une armé0| disponit pr«h ^niplétemont.

o«i^«tî.rti Si une importante loi de recrulemêiil n*avaii pas ete iû"ftoûi i«To. violée ea faveur de la garde ualionala, cette tn^F^iWIiofl, dont les imperfections et lesdéfauigtenaieat, hâkms-iioii do le dire, non aux hommes qui en fainaient partie, mmè son origine surannée et démodée, celte inâUtutiao, diiODSnous, aurait peu produit à la vérité. *. elle eût été, w point cle vue do la défense, iiuo force plus Appiraolê que réollCi une force sans importance, mak elle n'eùl jm éié une forcB négative, Malheureusemenl il n'en a iM été ainsi.

La loi du 11) août 1870 disait ; « Tous les hoQUii^, mariés^ eu veufs sans enfants^ ayant So ans ûcc30tD|ilîs, ût moins de ffô ans, qui ont satisfait a la toi du r@ortU6ment et qui no figurent pas sur les contrôles de la garda mobile» sont appelés suus les drapeaux pour la durée ilô la guerre*., ï«

Le 42 septembre, un décret du GouvemeraenI de li Défense nationale, signé Gambotta, prescrivaîl rincerporation des hommes, désignés par cette loi, dans la garde nationale...

(( Comme gardes nationaux, disaient les membres du Gouvernement, ils sont défenseurs du pays aussi bien que s'ils étaient soldats... >

La garde nationale annihilait ainsi, en les absorbant,

50 à 60,000 hommes... C'était une armée qu^elle dérobait

à la défense... Que devait être cette défense? Examinons

tout d'abord notre situation à la fin de septembre.

mis d« puriN. Après avoir redouté une atlaque de vive force, nous

acquîmes la certitude que l'ennemi ne songeait qu'à nous

^^j^^ilBVeBtir et à nous réduire par la famine.

Jr^^»Le rôle de Paris était donc de résister le plus long-

DÉFENSit: DE PARIS. 108

temps possible, de manière à immobiliser sous ses murs une force ennemie considérable, et à permettre à nos armées de province de se constituer. Les circonstances étaient exceptionnelles : toutes nos armées se trouvant prises ou bloquées, nous devions chercher à créer dans Paria non-seulement une force capable de résister, mais encore une armée susceptible de tenir la campagne, le jour où les armées de province seraient organisées et en état d'inquiéter sérieusement le blocus de la ville, soit en marchant directement contre Tarmée d'investissement, soit en menaçant ses communications. Pour cela il nous fallait des soldats, beaucoup de soldats...

Or, nous avons déjà vu que les ressources de la capitale en troupes de ligne, ne dépassaient pas 75 à 80,000 hommes ; si Ton y eût ajouté les 50 ou 60,000 hommes de 25 à 35 ans que donnait la loi du 10 août, nous aurions possédé une force de ligne respectable de 140 à 150,000 hommes. Nous aurions pu, en leur adjoignant des régiments de garde mobile, créer ainsi deux armées sérieuses, agissant, soit séparément sur deux points de Tenceinte, soit réunies ; dans ce dernier cas, l'une d'elles eût servi de réser\'e à l'autre, et, après un premier effort sur un point, nous aurions pu continuer dans la même direction. Au lieu de cela, c'étaient constamment les mêmes hommes qui devaient supporter toutes les fatigues, braver tous les dangers... les forces humaines, morales et physiques ont des limites...

Qu'on n'objecte pas qu'il eût été difficile d'encadrer ces 50 à 60,000 soldats de 25 à 35 ans ; il y avait dans Paris une foule d'anciens officiers, d'ingénieurs... qui auraient fait d'excellents officiers auxiliaires, et ces bons éléments se trouvèrent noyés dans la garde nationale, où ils ne purent rendre que très-peu de services, malgré leur bonne volonté, malgré leur patriotisme.

DEFENSE DE PAKIS.

Ce qu'a été Voyons maintenant quel fut le rôle de la garde nagarde Dationaie tiouale pendant le siège.

pendant

le siège. Tout d'abord nous nous plaisons à reconnaître le dé-

vouement, l'ardeur qui animaient la majorité dos habitants de Paris ; une véritable fièvre régnait sur toute la cité. Partout, le jour, la nuit même on faisait l'exercice. « Souvent, dit le général Trochu, le soir, à la lueur du gaz, j'ai vu des compagnies s'exercer, dans la cour du Louvre, sous la direction d'hommes qui mirent un dévouement sans bornes à cette œuvre de préparation. *

« Mais, dit M. Chaper, les manœuvres militaires ne « suffisaient pas à leur donner la science du tir, l'habic tude de la marche, de la veille, de la souffrance, la < résistance à la fatigue, à la vie de campagne, et surf tout la discipline. Cependant on leur répétait sur tous K les tons qu'ils étaient des soldats et d'excellents sol- € dats (1). — Ils l'ont cru, et ils ont demandé brave- « ment à se battre, s'estimant au moins les égaux de € leurs ennemis en valeur et en nombre.

€ Ils étaient égaux et supérieurs en nombre, mais « bien inférieurs en savoir, en pratique^ en valeur mi- « litaire. C'est là ce qu'on n'a pas osé leur dire. Peut- € être bien, d'ailleurs, ne l'auraient-ils pas cru!

c Aussi, quand la lutte, ajournée en vain, fut devenue « nécessaire et qu'elle eut amené les échecs faciles è € prévoir, la garde nationale s'en prit-elle à ceux qu « ne lui avaient jamais donné que des louanges. Cor

(1) a Los ofliciers de la gurdo nalionalo inspirent k touis uoc cnl; cûullunce, disait Je Jiévcil... Nul duulu que les soldats du la Uberti montrent sur le champ de bataille une intelligence bien supérieu celle des troupes régulières. » — « Tous les journaux, dit le général chu, répétaient à l'envi que la garde nationale était la première Iroujr monde; qu'elle était parfaitement en état de forcer les troupes sicunus; que la trahison seule refusait d'employer ces incompa légions. »

€ vaincue qu'elle avait fait tout ce qui était nécessaire € pour triompher, elle chercha au-dessus d'elle les < causes de sa défaite, et elle accusa de l'avoir trahie € ceux qui étaient seulement coupables de l'avoir c flattée. »

La garde nationale fut généralement employée, pen- services rendi dant le siesre, a faire le service du rempart. garde nauonai

^ . n au point de VU

Lorsque la crainte d'une attaque de vive force eut défensir

* ^ et offensif.

disparu, l'armée de ligne s'établit d'abord en avant de l'enceinte, puis en avant des forts, gagnant chaque jour, soit par des attaques, soit par des travaux de tranchées, des positions plus avancées.

Dès lors la défense de la fortification ne consistant plus véritablement qu'en un service de surveillance ordinaire, il n'était pas nécessaire d'avoir des postes aussi nombreux et d'un effectif aussi considérable que si l'on eût été directement en présence de l'ennemi ; cependant tous les postes furent maintenus et chaque jour plus de 50,000 hommes montaient la garde.

Le service ne pouvait être sérieux : les heures d'oisiveté étaient nombreuses : beaucoup de gardes nationaux prirent des habitudes de paresse et d'ivrognerie (1).

Au point de vue de la défensive sur nos dernières lignes, la garde nationale a été de quelque utilité, puisqu'en gardant le rempart, elle nous laissait pour l'extérieur la libre disposition de toutes nos troupes de l'armée active. Mais, au point de vue offensif, nous allons le voir, elle nous a presque toujours gêné, rarement aidé. Pour qu'une troupe soit bonne, il ne suffit pas que les soldats aient une certaine dose de courage individuel, il

(1) Souvent les faclionnaircs s'arrogeaient les droits les plus exorbitants ; ils arrêtaient tout le inonde : terrassiers , artilleurs , sapeurs du génie, ingénieurs, officiers do tous grades, y compris les généraux et amiraux commandant les secteurs.

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V armer toos les ipi'é leur mUilalre.

Dans le cowaal dTocliAfe» oa so^gpa à créer uœ DrgSDÏsatioii poirraiil petwelk^ à caelte Irtuipe de eoti* ooctrir attx petites op&mûoÊm Ipamafiéres esêctitéas par Farmae.

Le décrelda 16 ocloi^e ordoena b fiTrtnatînn, dans chaque balaflloD^ d^oxie eomp^piie de mobiliséâ voloataires, d^mi efiectir de 150 baons; «{ualie de ces oompaçQÎei^ réunie sema I^ ordres d*iiii oomsaudant eonsmoaiepl im bataSloa de guerre; ces noirreatix l^taillans devBÎeat être pbfOés sous les crdres des géiiéraux des di\i5ioiis actives de l'armée.

Mais le nombre des enrôlements n'atteignit qu'un chiffre fort minime : sur â44,<>X) hommes en armes, il y eut 6,500 engagements, et le Gouvernement renonça à faire exécuter son décret.

Plus lard, — c pour satisfaire, par des dispositions nouvelles, aux nécessités des opénitions militaires, et répondre aux vœux unanimement exprimés par la gardç nationale » (tels furent les considérants), un nouveau décret du 8 novembre porta que les quatre premières compagnies de chaque bataillon seraient dites compagnies do f/uerre.

Ces compagnies, exposait le Gouvernement, seront formées par les hommes valides des catégories ci-des-

SOUS, en suivant Tordre des catégories, et en ne prenant dans Tune d'elles, que lorsque la catégorie précédente aura été épuisée :

1* Volontaires de tout âge ;

2"* Célibataires ou veufs sans enfants, de 20 à 35 ans ;

3** Célibataires ou veufs sans enfants, de 35 à 45 ans;

4* Hommes mariés ou pères de famille, de 20 à 35 ans ;

5* Hommes mariés ou pères de famille, de 35 à 45 ans.

Comme la composition n'était pas identique dans chaque bataillon, il en résultait que, dans les uns, un homme marié était appelé à faire partie des compagnies de guerre, tandis que dans les bataillons voisins, on avait pu recruter ces compagnies avec les trois premières catégories, c'est-à-dire avec les hommes non mariés ; de là, des récriminations et des plaintes sans nombre (1).

C'est du 20 au 25 novembre que les premiers ba- Kmpioi

des bataillons

taillons de mobilises furent envoyés à 1 extérieur et pla- mobilisés. ces sous le commandement des chefs militaires de la région où ils se trouvaient. Nous ne pouvons nous rappeler sans tristesse le désordre qui régnait dans les rangs de cette troupe. Nous ne parlerons que pour mémoire du fameux bataillon de Belleville, qui dut être licencié pour avoir abandonné son poste devant Tennemi, «lux tranchées de Maisons- Alfort, et dont la conduite fut flétrie parles ordres du jour du général Clément Thomas. A vr^i dire, certains bataillons se firent remarquer par une meilleure contenance devant l'ennemi ; mais ils ne valaient guère mieux, au point de vue de la discipline. Dans les cantonnements, au bivouac, à la tranchée, leurs habitudes déréglées, leur langage, leur tenue, étaient du plus pernicieux exemple pour nos soldats et nos mobiles.

(1) Voir, pour plus amples renseignements, le chapitre Garde natio- NALB du Rapport de M. Chaper sur le siège de Paris.

108 DÉFENSE DE PARIî^,

Afin d'éviter la eoniagîon, le général Ducrot avait deniandé que, chaque jour, un certain nombre de bataillons mobilisés fussent envoyés à Fexlérieur, exclusivement pour faire le ser\îce des avant-postes pendant vinglqualre heures; lo lendemain, ils eussent été relevés par d^autres bataillons mobilisés; de cette façon, ils auraient soulagé nos troupes, qui, loin de leur contact, n'auraient plus eu, au milieu d'elles, ce ferment de désobéissance et d'insubordination. Malheureusement, la proposition du général ne fut pas acceptée, et Ton continua à laisser les bataillons de la garde nationale au milieu de nos soldats.

Encore, ces bataillons d'un si pernicieux exemple n'apportérent-ils pas, dans leur service des avant-postes, le soulagement qui eût été si nécessaire à nos hommes de la ligne et de la mobile, épuisés par la garde do tranchée. En effet, si Ton mettait en première ligne un bataillon mobilisé, appuyé à droite et à gauche par des soldats plus soHdes, il fallait en deuxième ligne, et à peu de distance, des troupes régulières, prêtes à se porter en avant* — Or, chaque nuit, dans les tranchées de première ligne, les gardes nationaux commençaient le feu, généralement sans motif, et la fusillade durait jusqu'à épuisement complet des munitions. La deuxième ligne ne savait pas si Talerte avait ou non sa raison d'être ; tout le monde était sur pied, tenu en éveil, et nos hommes ne reposaient jamais.

IL — Cavalerie.

Il fut constitué une légion de cavalerie de la garde nationale, commandée par le colonel Quiclet. Cette légion fut généralement employée dans Tintérieur de la ville ; elle fournissait des escortes, des plantons, des ordon-

nances aux divers quartiers généraux. Le 11 janvier 1871, elle fut dissoute, par suite de la réquisition de ses chevaux.

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