I. — Infanterie
Un grand nombre de corps francs s'étaient organisés au début des hostilités, en province et à Paris : ils avaient l'estampille du ministère de la guerre.
Dans les jours qui suivirent l'investissement, le nombre des corps francs levés à Paris s'augmentant considérablement, le ministre de la guerre adressa au Gouvernement de la Défense nationale un rapport (1) ayant pour but d'empêcher des créations nouvelles et de régler définitivement l'organisation des corps déjà formés.
L'intendance passa une revue d'effectif, de manière à
({] Voir aux pièces jusliflcatives, n» XIV.
lit) DÉFENSE DE PARIS,
établir ofâciellement les corps francs dUnfanlerie dont les noms suivent :
Volontaires de la Seine (S"^ ol V bol^*»). , Lafon.
Légion des Volontuîres de la France . . CaUloaè.
Francs-Tireurs de la Presse , . Eoland.
D« des Ternes *.,,.., Be Vertos,
I> de U Ville de Pari» . . , Chaboud-HoUard.
D* de TAisno ,,,.,.,, DoUè.
Ik'> des Litas ........ Thûmâg-AnqnetiL
I>> sédentaires .....,, Des champs.
D" do la Girondi -...,, Gavâsso.
Tirailleurs Pansions LaTigne.
D*" de k Seinit * Damas,
Timillenî's-Èclairours l^arisiens Fery d'Escîands.
Légion des Amis do la Fntncc • * . , * Van der Meeri.
CûrpB civique des Carabiûiers Parisiens, FerreUl.
ChîiRseurs de Ncuilly* , , ,, - Didlon,
iMaillou d'Ëokireiirg de la G'^'' nationale. De JoinTiUe.
Volontaires de la Défense nationale. , . Paira.
Guérillas do rilo-de-FraRee *•,•*,. Péri (André).
Bataillon des Mobiîes de 1848, ..... N...
Éciaireurs de la G*^" nationale de la cJeine, Vaieiie.
Il y eut encore d'autres corps francs d'infanterie qui, bien que n'ayant pas passé la revue d'effectif prévue par le décret du 11 octobre, furent néanmoins reconnus par le département de la guerre. Ce sont :
œHMARDANTS.
Tirailleui*s de Saint-Hubert Thomas.
Corps des Agents et Gardes forestiers. . Carvaud. Corps francs de la Compagnie de l'Est
(Pompiers armés) De Sappel.
Légion bretonne Domalain.
Francs-Tireurs Alsaciens Braun.
D"^ de Saint-Germain .... De Richemond do
Richardson.
Corps francs de Rouen Desseaoz (Gaston).
D« de Seine-et-Marne Liénard.
OOMIUVDAIITS.
Corps francs de Saint-Denis et Neuilly • Blanchard et Sage-
ret.
D« du Haut-Rhin DolfuB.
D» des Vosges Dnmont.
Compagnie des Gardes forestiers de la
Couronne De la Panonse.
Éclaireurs De Poulisac.
IL — Cavalerie.
Quelques corps francs de cavalerie avaient été organisés. C'étaient :
1" Les éclaireurs à cheval de la Seine, commandant Franchetti, dont se détacha plus tard :
L'escadron de la légion des Volontaires de la France, commandant G. Fould ;
2" L'escadron des Volontaires de la Seine, commandant de Pindray ;
3* Les Cavaliers de la République, commandant Dardenne.
Ces corps francs rendirent des services pendant le siège ; mais entre tous, Tescadron des éclaireurs à chô^ val, commandé par Franchetti, se distingua particulièrement.
M. Franchetti, ancien officier démissionnaire, autorisé, Escadron Fr» par arrêté du ministre de l'intérieur, en date du 25 août, à organiser un corps de cavaliers volontaires, fît appel à des jeunes gens, pouvant s'équiper et se monter à leurs frais ; ces volontaires, intelligents, dévoués, ayant une grande pratique du cheval, possédaient toutes les qualités requises pour faire d'excellents éclaireurs.
Au commencement de septembre, l'escadron était complètement organisé. Déjà le 5 septembre, le commandant Franchetti était requis par le Gouvernement de la Dé-
chetti.
Ht DÉFENSE DE PARIS.
fense nationale « d'envoyer ses cavaliers à F Hôtel de Ville dégarni de troupes, et d'y laisser un piquet en per^ manence (1)- »
Quelques jours après, à Tapproche de Tennemi, cel escadron fit les premières reconnaissances; le 8 et le 9 septembre, il parcourut la presqu'île de Geiine%illiers , la presqu'île de Houilles, la forêt de Saint-Germain*., Le 16, il battit toute la plaine en avant de Maisons-Alfort» où il échangea les premiers coups de fea avec les éclairaurs prussiens.
Incorporé le 17 septembre, dans le 14'* corps, sous les ordres du général Ducrot, il fut, à dater de ce moment, journellement employé à faire des reconnaissances en «j avant de nos positions, dans la presqu*ile de Gennevilliers, vers Ruei! et au delà du Mont-Valérien- Ces éclaireurs improvisés montrèrent toujours le plus grand zèle dans Taccomplissement de leur mission. Habilemenl 1 dirigés par un chef hardi, entreprenant, ils renseignaient constamment le général en chef sur les mouvements de Tennemi (2).
Les jours de combat, ces éclaireurs étaient répartis par groupes auprès des divers chefs de colonne ; leur intelligence, leur connaissance du terrain, les rendaient très-propres à porter rapidement les ordres.
Aux batailles de la Marne, ils formaient l'escorte spéciale du général Ducrot; tous firent noblement leur devoir. C'est là que fut atteint mortellement leur chef, le brave, le chevaleresque Franchetti, au moment où il portait des cartouches aux tirailleurs les plus engagés devant ViUiers.
(1) Ordre signé : Pelletan.
(2) Une décision spéciale les autorisa à porter le pantalon ronge de la cavalerie légère. — Voir aux pièces jusliflcatives, n" XV.
Il avait su, par son courage, son patriotisme, gagner l'estime générale. Sa mort fut un véritable deuil public.
Un ordre du Gouverneur, en date du 6 décembre, reconnut provisoirement M. Benoît-Champy, capitaine commandant l'escadron, comme chef de corps; quelques jours après, le commandement fut définitivement donné au chef d'escadron Faverot de Kerbrech, officier d'ordonnance du général Ducrot.
Sous la direction de ce nouveau chef, les éclaireurs continuèrent à rendre à la défense des services de premier ordre, toujours en avant, toujours en reconnaissance , ils poussèrent les pointes les plus hardies et se signalèrent en maintes circonstances, ce qui leur valut des citations particulières du général commandant en chef de la 2« armée.
Le 28 janvier 1871, partie fait même de la capitulation, ce corps fut dissous.