‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 24 sur 87 · V. — Génie · texte numérisé non relu

V. — Génie

Les corps francs du génie comprenaient :

1* Le Corps auxiliaire du génie , commandé par M. l'ingénieur en chef Alphand ;

2* Le Corps du génie volontaire, commandant Flachat, institué le 22 septembre, sous les auspices du ministère des travaux publics et des finances ; le 11 octobre , le département de la guerre le reconnut ;

3* Les Bataillons auxiliaires du génie^ créés par un arrêté du ministère de l'intérieur, en date du 6 octobre; c'étaient 22 bataillons non armés de la garde nationalOi^ dont on ne savait que faire, et qu'il fallait nourrir en leur conférant le bénéfice du décret du 14 septembre, relatif à l'indemnité de 1 fr. 50 c. par homme et par

m DÉFENSE DE PARltî.

jour. Mal composés» mal commandés, ces bataillons o'^xé* cutèrent jamais de travaux sérieux,

4" Les Bataillons de mineurs auxiliaires du géme^ commandant Jaeqaot, reconnus le 11 octobre par le département de la guerre. Go corps, composé do 15U ou 20() hommes pris parmi les ouvriers atlachés |aux carrières de Paris, était dirigé par M.ringénieur Dcscos, et rendit de grands services pendant la défense du fort de Montrouge ;

5'' Les Ouvriers auxiliaires du génie, comprenant un grand nombm d'ouvriers civils qui travaillaient sous la haute direction de M- T ingénieur en chef Ducros-

Corps auxiliaire du génie, p

nn-naii^ion Par décret en date du 24 août 1870, il avait été orga- ^^'^ nisé un corps auxiliaire du génie destiné à concourir h tous les travaux de la défense qu'allait exiger le siège de Paris, dont l'éventualité devenait prol)able.

Ce corps avait pour commandant supérieur M. Alphand, avec le titre de colonel, et pour commandant en second, M. Viollet-le-Duc , avec le litre de lieutenantcolonel.

Il comprenait :

1° Une section d'ouvriers de corps d'étal, divisée en 6 compagnies, fortes de 100 à 150 hommes;

2'' Une section de sapeurs du génie divisée également en 6 compagnies, fortes de 150 à 200 hommes.

Le cadre de chaque compagnie comprenait : 1 capitaine en premier, 1 capitaine en second, 2 lieutenants en premier, 2 lieutenants en second , 1 sergent-major, 1 sergent-fourrier, 1 caporal-fourrier, 8 sergents, 16 caporaux, 2 tambours, 2 clairons.

Ce corps était mis à la disposition du général du génie de Ghabaud-Latour.

Les ouvriers qui en faisaient partie recevaient une solde équivalente à la journée d'état de la Ville de Paris.

Pendant les premiers jours du siège , [le corps auxiliaire du génie fut employé aux travaux du rempart ; puis, à mesure que la défense se porta en avant des forts , on le chargea de la construction de tranchées et de batteries sur tout le pourtour de l'enceinte.

Au moment où toutes les forces de Paris furent réunies organisation en armées destinées à agir pour rompre le cercle d'in- génie luxma vestissement , le corps auxiliaire du génie reçut une garde nauona modification dont le but était de rendre mobilisable une partie de ses éléments.

Par arrêté du Gouvernement de la Défense nationale, an date du 7 novembre 1870, ce corps prit le titre de : Légion du génie auxiliaire de la garde nationale. Chaque compagnie, forte de 200 hommes en moyenne, dut fournir une compagnie de guerre do 100 hommes.

La légion fut divisée en 2 bataillons , et chaque bataillon en compagnies permanentes, et en compagnies de guerre ; ces dernières furent commandées chacune par 1 capitaine et 2 lieutenants.

n y eut ainsi 16 compagnies de guerre formant un effectif de 1,600 hommes environ; elles étaient directement placées sous les ordres du général du génie Tripier.

Au moment des opérations de la Marne , à la fin de services rend

par

novembre , 7 de ces compagnies de guerre sortirent de cette légion. Paris sous le commandement du lieutenant-colonel Viollet'le-Duc, pour prendre part au combat de Champigny. Pendant les journées du 30 novembre, du 1*' et du 2 décembre, elles furent employées à construire des tranchées ou des batteries sur les positions conquises, à déblayer les chemins pour les rendre praticables à l'artille-

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rie, à construire des barricades, à créneler des raars, '

Dans le courant de décembre, on envoya quelquesunes de ces compagnies sur le plateau d'Avron pour travailler aux tranchées et aux batteries. Malheureusement, le sol durci par la gelée rendait les travaux IrêsdifBciles, très-pénibles, et rien de sérieux n'avait été fait lorsque commença le bombardement ; d'autres compagnies furent employées, dans la plaine de Bondy et de Bobîgny, à préparer Topération du 91 décembre; elles débarrassèrent les routes des troncs d'arbres ; puis, elles établirent sur le canal de TOurcq des ponts assez solides pour le passage de grosses pièces. Enfin, pendant le combat, on les utilisa â construire des abris, des tranchées , des batteries à Drancy et aux abords de ce village.

Dans les journées qui suivirent , ces compagnies de guerre travaillèrent à mettre en état de défense nos postes avancés dans la plaine de Bondy, la ferme de Groslay, par exemple.

D'autres compagnies construisaient des tranchées destinées à relier les forts de Rosny , de Noisy et de Romainville.

Enfin , quand le bombardement commença contre les forts de l'Est, elles réparèrent, à tour de rôle, les embrasures des forts de Rosny et de Noisy, terminèrent les traverses, consolidèrent les abris. En même temps on leur fit construire entre ces forts des batteries de 2 ou 3 pièces chacune, destinées à se joindre au feu de ces ouvrages réguliers et à diviser celui de l'ennemi.

Le 19 janvier, elles prirent part à la bataille de Buzen val.

En résumé , du 29 novembre 1870 au 24 janvier 1871, ces compagnies de guerre furent constamment employées en dehors de l'enceinte. Sur un effectif de 1,543 hom-

mes, elles eurent 298 malades, 280 tués, blessés ou prisonniers , soit plus du tiers. Gela n'a rien de surprenant quand on songe aux travaux pénibles qu'il fallait exécuter chaque nuit dans les forts bombardés, pour réparer les avaries de la journée ; ce chiffre établit d'une manière probante que la légion du génie auxiliaire s'est honorablement conduite pendant le siège ; ses chefs également ne se sont pas épargnés; toujours à la hauteur de leur mission, ils ont rendu d'éminents services durant cette période du blocus.

Ouvriers auxiliaires de la 2* armée.

Le corps d'ouvriers du génie civil, qui reçut plus tard du Gouvernement de la Défense nationale le titre de « Corps d'ouvriers auxiliaires de la 2"* armée, » comprenait un certain nombre d'ouvriers civils (2,000 environ), placés sous la direction du personnel d'officiers ci-dessous désignés , et généralement choisis parmi des ingénieurs ou parmi des architectes :

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