‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 30 sur 87 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LOCdMOTÏVES ET WAGONS BLINDÉS.

iiudes faites En 1867, le colonel américain Brent avait exposé à

par ordres ^, , . ,

i lEiîîperour 1 LmperûQr les avantages que 1 on pourrait tirer de ma- "^uSr^^ chines de guerre roulant sut les chemins de fer pour la défense d'un territoire*

L*idée avait déjà été signalée bi©tt des fois , mais le colonel Brent avait étudié la question sous tontes ses faces et Tavait développée avec des vues complètement neuves,

L* Empereur transmît cette proposition au maréchal Niel et au général Le Bœuf, en ajoutant qu'il croyait utile de faire étudier une locomotive spéciale pour la défense des lignes tie chemins de fer; cette machine, mise à Tabri des coups de canon de Tennemi par une forte cuirasse, porterait des canons à balles^ armes sans recul et faciles à servir dans un espace restreint.

Le ministre de la guerre et le président du Comité d'artillerie furent d'avis qu'un semblable engin protégerait efficacement les points de bifurcation des lignes et les gares importantes.

Il fut décidé que M. de Reffye, directeur des ateliers de Meudon, serait chargé d'élaborer un premier projet qiii servirait d'essai, et que le plus grand secret serait recommandé aux agents de l'établissement employés à la construction.

M. Mariette, ingénieur civil, chef de Tatelier de dessin, commença les études de la machine motrice, pendant que des expériences de tir étaient entreprises pour déterminer les épaisseurs des tôles de blindage qu'il faudrait employer pour mettre le mécanisme et les servants

à l'abri des coups de Tartillerie de campagne. Ces expériences furent faites avec le canon de 12 rayé de campagne tiré contre des plaques métalliques à une faible distance. "*

L'étude du projet révéla bientôt de nombreuses difficultés pratiques. Afin de placer des mitrailleuses, il fallait des plates-formes dont remplacement diminuait considérablement l'espace disponiWè pour l'établissement de la chaudière et du D^canisme ; cependant la machine motrice devait avoir ijne assez grande puissance, et ses organes des dimensions suffisantes pour résister à l'écrasement dû à un poids qui pouvait s'élever à 60 tonnes environ. La nécessité de subvenir aux approvisionnements d'eau, de charbon, de munitions de guerre entraînait une répartition parcimonieuse de la surface limitée par l'établissement des voies.

Après plusieurs essais tentés à Taide de dessins , on adopta une distribution intérieure pour la locomotive, et l'on fit établir une caisse représentant la plate-forme sur laquelle devaient être placés les canons ; sur ce modèle on détermina les positions des affûts et celles des embrasures, de manière à défendre, dans toutes les directions, les abords de la voie.

Ces premiers travaux avaient été faits en 1868, mais n'avaient pas été poursuivis avec activité, parce qu'aucun crédit n'avait été alloué pour commenow l'exécution de la machine.

Avant de procéder à la fabrication de la machine mo- constnicuon trjce, M. de Reffye soumit les projets à l'examen de ""bHndjSe!*^'^ M. Deloy, ingénieur de la traction au chemin de fer de Lyon. Cet ingénieur, après une étude attentive, signala quelques modifications à apporter.

Le 2 janvier 1869,-les dessins d'ensemble furent présentés à l'Empereur et au maréchal Niel, qui ordonné-

rerU de faire les éludes des détails de construûtion, el da commencer rétabUssement du châssis.

Pendant les premiers mois de 1870, les différentes pièces commandées chez divers industriels furent ajus^ tées dans les ateliers de Meudon, où Ton procéda au montage de la machine.

Mais nos ressources budgétaires étant insuffisantes

pour continuer, sans interruption, le travail de Tappa-

reil, la commande du blindage fut r^dse à une époque

ultérieure.

Lors de la déclaration de guerre, on commanda im-

* médiatement, par ordre de rEmpereur, le blindage à

MM. Pétin-Gaudet, »o«rtjcUaa Après nos premiers désastres, llmpératrice^ sur l'avis gons îijitidé», du Comité de déflÉise, ordonna à M- de Reffye de faire construire sans retard trois wagons blindés qui seraient l'omorqués par la locomotive* Les châssis de ces wagons furent commandés à MM. Bonnefont, mécamciensà Ivrysur-Seine , et on demanda les blindages à MM. Pétin- Gaudet, à Rive-de-Gier.

A cette époque les ateliers de Meudon étaient transférés à Paris. La locomotive fut transportée à Grenelle dans les usines de M. Cail, qui se chargea d'en faire terminer Texécution conformément aux plans.

Les wagQ||0, faits par MM. Bonnefond et C'% devaient également être conduits chez M. Cail, chargé de monter le blindage.

.a révolution Lo 4 Septembre vint interrompre tous ces travaux.,

\ septembre i/». -, r>t ' > i i o »

arrête Lcs commaudcs faites par le Comité de défense a

î travaux ^

le*^ travaux.

M. de Reffye n'avaient pas été ordonnées avec les formes administratives habituelles; on avait été au plus pressé. Les ordres avaient été donnés de vive voix à cet officier, qui avait transmis les commandes aux construo-

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teurs, sans attendre la régularisation par écrit dç l'autorisation des marchés.

Mais la révolution avait éloigné Tlmpératrice et 1© Comité de défense; la nouvelle direction de Tartillerie au ministère de la guerre ne voulut pas approuver les dépenses. Non - seulement elle refusa à M. de Reffye Tapprobation des marchés, mais elle lui laissa entendre, au moment où il partait pour installer à Nantes des ate«>^ liers de construction, qu'elle laisserait à sa charge le payement des dernières commandes.

M. de Reffye écrivit immédiatement au Gouverneur de Paris pour lui exposer la situation.

Quelques jours après, le général Trochu donna au Ministre de la guerre Tordre de régulariser les commandes faites et de décharger la BQI^onsabilité du directeur des ateliers.

De plus, conformément à la demande de M. de Reffye, il nomma une commission qui fut chargée d'examiner les travaux et de donner son avis sur Topportunité des dépenses à faire pour l'achèvement des machines.

Cependant les travaux en cours d'exécution avaient été suspendus jusqu'à la décision de la Commission d'enquête, de sorte que cet incident occasionna un retard d'un mois, et empêcha ainsi le train blindé de fonctionner utilement pendant le siège.

La Commission, composée du polQ^j|} d'artillerie Obry, président, du lieutenant-colonel du génie Carth et de M. Eugène Flachat, ingénieur civil, conclut dans son rapport du 2 octobre à l'achèvement du train blindé.

En conséquence, par décision du 8 octobre, le ministre de la guerre donna l'ordre au général de Menibus, directeur du Dépôt central, de faire continuer les travaux suspendus depuis un mois.

Ds(m<!t'3n^ Le capitaine Pothier fat chamé de leur direclioD, L'activité déployée dans les ateliers de M, Cail fut telle que vers la lin de novembre, la machine était dans la gare des Batignolles , montée et couverte de sas blindages : 13 mitrailleuses furent mises en batterie, 4 dans la locomotive et 3 dans chacun des wagons,

A (m de pouvoir étendre le champ de tir sans faire des embrasures de grandes dimensions, on avait construit dans les ateliers de la rue de Suffren, des affûts qui permettaient de donner la hausse et la direction par des rotations autour de la bouche de la pièce. Ces meur- B trières pouvaient être fermées a volonté par des plaques

de recouvrement d'une épaisseur capable de résister au choc des projectiles.

Au mois de janvier, le train blindé était prêt à fonctionner, son armement était préparé ; les approvisionnements en eaUj charbon, munitions, étaient rassemblés. Il ne manquait plus que le personnel spécial, qu*on organisa f^cilnment, grâce au concours des compagnies de chemins de fer.

Le personnel était à peu près exercé quand eut lieu l'armistice; il fut licencié avant d'avoir expérimenté, contre Tennemi ces nouveaux engins, dont on espérait les meilleurs résultats.

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