‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 38 sur 87 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SUBSiSfANCËS HILITAIHEâ.

Lorsque la guerre éclata, on feongea à faire de Paris, Paris devient en utilisant ses nombreuses voies ferrées qui rayonnent dapi rovisionne

. , ments d^siiné

sur toute la France, un centre d approvisionnements des- ,. à alimenter

'^^ l'armée du Khii

tiné à alimenter Farmée du Rhin dans les diverses positions qu'elle pourrait successivement occuper.

La formation de ces approvisionnements fut confiée à M. le sous-intendant militaire Perrier.

Il fallait agir vite ; les marchés de gré à gré étaient seuls possibles dans cette circonstance ; mais on devait, tout en évitant le monopole, distinguer les négociants sérieux des chercheurs d'affaires n'ayant pour objectif que le lucre.

Dans ce but, M. le sous-intendant Perrier demanda et obtint l'assistance des membres du Conseil municipal.

Afin d'éviter des droits d'octroi, des frais de camionnage répétés, et surtout des pertes de temps, la plupart des marchés passés étaient livrables en gare d'arrivée ; au fur et à mesure des réceptions, les comptables expédiaient aux corps d'armée ou sur les diverses places de l'Est.

Les opérations se poursuivaient ainsi avec activité quand survinrent nos premiers désastres*

Paris se trouvant menacé, il ne s'agissait plusseule- « ment d'y former des approvisionnements de réserva

pour l'armée, mais il fallait encore y réunir des ressources assez considérables pour permettre la résistance.

commiMion ior Daus co but, OU Créa, lo S août, une Commission com^

périeiire ^^J^

des approvitioiF pOSeO de :

neinettU. '•^

MM. Dumas, sénateur, président; Chevreau, sénateur ; Darblay, député,

à laquelle on adjoignit M* le sous-intendaut Perrier. Sa mission fut de calculer les ressources nécessaires à Talimentation de Paris pendant une période de 45 jours.

Le lendemain 9 août, M, Duvernois succéda à M, Louvet au ministère du commerce; il institua sous sa présidence une nouvelle Commission supérieure des apprth visionnements. La Guerre y fut représentée par M. le général Mellinet et M. l'intendant général Gui Ilot, direo teur de la comptabilité générale au ministère de la guerre, ainsi que par M. le sous-intendant Perrier.

L'administration militaire mettait aussitôt à la disposition de la ville, son personnel, les locaux et le matériel des services manutentionnaires, une clientèle commerciale spéciale considérable, des ressources de comptabilité, de crédit, de surveillance tout organisées.

Mais le concours prêté par Tadministralion de la guerre n'excluait en rien les mesures que, dans sa sphère d'action, le ministre de l'agriculture et du commerce croirait devoir prendre. M. le sous-intendant Perrier, ordonnateur du département de la guerre, fut l'auxiliaire du Ministre du département du commerce, dans un but d'intérêt général, mais non son mandataire. Aussi

tous les marchés passés par ce fonctionnaire furent-ils payés sur les fonds du budget de la Guerre, qui le cédait ensuite au budget du ministère du commerce.

Les mesures suivantes furent adoptées par Tadminis- ^jq^^^^'o^^ tration de la guerre pour l'acquisition des denrées de ^®' *^****^' première nécessité.

Afin de laisser intactes les ressources locales, que Ton aurait toujours sous la main et d'éviter tout ce qui* pourrait favoriser la spéculation, sans grossir le contingent du disponible, on résolut de s'adresser autant que possible à Tétranger.

Blés. — En général, les blés furent achetés à des maisons de commerce faisant l'importation des grains de la - Baltique, de la Hongrie et de Taganrog. La Guerre avait d'ailleurs des marchés importants en cours d'exécution.

Farines et Salaisons. — Des négociants d'une notoriété commerciale éprouvée se rendirent en Angleterre afin d'acheter ces denrées sur les places de Londres et de Liverpool. Nous obtînmes ainsi de bonnes farines et des salaisons de premier choix.

Les transactions étant fort difficiles et le crédit à peu près nul, l'Administration se vit contrainte de garantir à ces négociants le remboursement immédiat du montant des achats effectués par leurs soins sur la seule production des connaissements, c'est-à-dire sur la preuve de la mise en route de la denrée.

A cet effet, un crédit de vingt millions fut ouvert par le Ministre et des traités passés avec des maisons de banque pour la négociation du change en Angleterre et le paiement sur place des avances demandées.

Vins et Eaux-de-vie. — Les entrepôts de la ville possédaient en vins et eaux-de-vie un stock considérable qu'augmentaient chaque jour les arrivages du Midi.

Dans celte direction, les voies ferrées n'étaient pas encombrées*

Sucres et Cafés, — De mômo que pour les liquides Tachai de ces denrées fut en majeure partie réalisé sur place ; le commerce de Pciris était de ce côté abondamment poxirvu.

Viande fraîebe, — n fut convenu que TAdminisIralion de la guerre n*achèteraît pas de viande sur pied.

Le ministre de Tagriculture et du commerce s'engageait à céder une partie de son bélaiL En retour, la Guerre consentait à prélever, sur les approvisionnements considérables qu^elle était à même de réaliser, les fourrages nécessaires à Tenlretien du troupeau de la ville.

Bois, — Le bois ne manquait pas dans les magasins de rÉtaL

L^entrepreneur du chauffage de la Guerre avait reçu Tordre de donner aux réser\*es de ses chantiers un développement susceptible de faire face à tous les besoins.

Voilà en résumé dans quelles conditions furent formés les approvisionnements de Paris ; chaguojouren venait accroître Timportance. Les magasins de TEtat devinrent bientôt insuffisants ; des parcs furent créés, des entrepôts improvisés ; on eut recours enfin à tous les moyens pour mener à bien cette œuvre présentant des difficultés exceptionnelles, réation de Déjà dans les premiers jours de septembre les gares provisionne- étaient encombrées, mais cet encombrement importait

monta ^

menls

/extérieur peu ; Tesscntiel était d'avoir beaucoup dans Tintérieur de Tenceinte. Aussi les achats continuèrent-ils sans interruption, et des ordres furent même donnés pour la réception, . en province, de chargements destinés à Paris, mais que les chemins de fer devenaient impuissants à transporter en temps utile.

Puisque la France se décidait à continuer la lutte,

il était prudent de fournir aux armées en formation les moyens de se ravitailler promptement.

L'administration de la guerre poursuivait ainsi un double but que les événements inspiraient et do^t la rapide réalisation s'imposait : faire entrer dans Paris le plus possible et former à l'extérieur des dépôts.

Sous l'empire de celte préoccupation, on livra des quantités considérables dans les places et ports du Nord et de rOuest, afin d'être plus tard expédiées aux nouvelles armées d'opération.

Tous les marchés ne furent point exécutés. Si, pour un grand nombre de traitants, les événements de guerre et la rupture des communications présentèrent un obstacle insurmontable, d'autres, au contraire, trouvèrent dans ces circonstances un moyen commode de se soustraire à des engagements peu sérieux, dictés par une spéculation plus ou moins avouable et dont l'imprévu seul pouvait assurer le succès.

Sur la proposition de M. le sous-intendant militaire Perrier, la résiliation de ces marchés fut prononcée par le Ministre, le 31 janvier 1871.

M. le sous-intendant militaire Perrier, dans l'accom- zèie déployé p* plissement de sa tâche laborieuse, fut admirablement de rintendanc secondé par tout son personnel administratif, et nous ne devons pas taire les noms de MM. Meunier et Courtot, adjoints de 1" classe, Gley, Gigaud et Vacca, qui furent ses collaborateurs dévoués. Aussi a-t-il réussi à faire entrer dans Paris des quantités de denrées considérables, pour plus de 250 millions, en 25 jours, ce qui a permis de faire à la Ville des cessions d'une immense importance.

Ces cessions peuvent se diviser en deux catégories : la première comprend celles qui ont eu lieu en août et septembre 1870 (3* trimestre), au moyen des achats

militaire.

faits spécialement pour la Ville; elles représentent , pour le pain seulement, la consommation de 60 journées, pour la population entière (2 millions).

La seconde se rapporte à celles effectuées pendant le 4* trimestre 70 et le 1" trimestre 71 (janvier et I" quinzaine de février) au moyen de prélèvements provoqués par la Ville ou le ministère de Tagricultua^ et du commerce et autorisés par le Minisire sur tes* approvisionnements de la Guerre,

Ces dernières cessions » complètement imprévues, furent considérables ; elles permirent de faire vivre toute la population de Paris pendant 15 jours de plus; et maigre cela, les ressources accumulées avaient été telles, que si» en décembre et même en janvier, les événements militaires avaient eu une issue favorable et que Tarmée régulière eût put sortir de Paris, les existants en magasin étaient suffisants pour la pourvoir de vivres, pendant les journées de combat et de marches, jusqu'à ce qu'elle pût subsister au dehors, et cela, sans compromettre sérieusement pendant quelque temps encore, ni le service des troupes laissées dans Paris, ni Fassistance à donner à la population. Bien plus, la ration de pain du soldat, portée à 1 kilogramme, fut longtemps maintenue à ce taux élevé et on peut dire exagéré.

Plus tard, le taux des rations fut modifié, en vue de ménager les approvisionnements de la Guerre; mais aucune denrée n'a jamais fait défaut , et même vers la fin du siège, la ration de pain du soldat n'a pas été inférieure à 500 grammes ; quant aux autres rations, elles ont toujours conservé leur taux ordinaire.

Le blutage des farines avait subi d'assez nombreuses fluctuations.

En décembre et janvier, il n'était plus que de 5 à 10 pour 0/0.

Les parties prenantes militaires ont toujours reçu du pain de pur froment, sauf pendant quelques jours, où la farine a été additionnée de 5 à 10 pour 0/0 de farine de riz (1).

Le blocus a duré 140 jours, du 18 septembre au 4 février, date des premiers ravitaillements.

La Ville ou TEtat a fourni environ 60 jours d'approvisionnements ; les vivres du commerce et des particuliers ont pourvu à la consommation de 65 jours ; et la Guerre a cédé, sur son approvisionnement particulier de Tarmée, la valeur de 15 jours de vivres.

Or, vers la fin du siège, la Guerre comptait environ 300,000 rationnaires, en comprenant les gardes nationaux employés hors de Tenceinte, c'est-à-dire 1/7"* du chiffre de la population de Paris. Les 15 jours qu'elle avait cédés à la Ville auraient donc pu faire vivre l'armée pendant 100 jours de plus.

Ces résultats parlent assez haut et font honneur à ceux qui ont su accumuler en si peu de temps une telle masse d'approvisionnements.

Grâce à l'activité du Gouvernement de la Régence, grâce à l'initiative de M. l'intendant Perrier, Paris a pu prolonger sa résistance bien au delà des prévisions, et si nos deux armées extérieures, de la Loire et de l'Est, étaient parvenues à se constituer solidement, et à remporter des avantages, les conséquences de cette résistance prolongée de Paris auraient été considérables.

(1) Voir, aux pièces à l'appui : Renseignements sur les effectifs de l'armée de Paris, aux diverses époques de la défense, et sur les distributions effectuées, pièce n** XX; puis une Note sur la moulure des grains pièce n» XXI.

SUBSISTANCES Ml LITA I ȣ$.

1£L£?I1 des cessions de denrées faites par le Ministâre da la guerre au l!iiuât«r» de l'agnctilture et du commerce on à la tUIb de Paris , pour ralimenUtiQû ii Paris pendant le siÉge,

NATURE ItES CiSSiOKS.

Blé ... .

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FarJne de blé « . .... «

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lîllcs, pois) ,.,.,,, Viinilc siJ^e. .,.,,., CoRiervfï de Tiandc- . * , CooserFCB de téfaiD^K , , .

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