‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 4)Chapitre 10 sur 84 · II · texte numérisé non relu

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gardes, petits-postes, sentinelles, vedettes, et nous informait sur rheure du moindre événement (1).

(1) Depuis que ces lignes sout écrites, il a paru divers ouvrages allemands qui prouvent que nous avions raison de nous méfier d'une surprise, car l'intention de l'ennemi était bien tout d'febord de s'emparer de la presqu'île de Gennevilliers ; nos travaux incessants , nos reconnaissances, n*onl pas peu contribut'î à lui faire abandonner ce projet.

Dans son ouvrage : Opérations du Génie aUemand , M. Goetze, capitaine du génie prussien, dit :

« A la fin de septembre, lorsque l'inondation, tendue devant le

front de Ja Garde, commença à devenir un obstacle de quelque valeur, le grand quartier général prescrivit à l'armée de la Meuse de s'olendri* vers sa droite, et signala comme très-désirable l'occupation de la région de Colombes et de Gennevilliers ; ces dispositions avaient pour objet de renforcer la liaison de l'armée de la Meuse avec l'aile gauche de la 3* armée , et de préparer pour l'avenir le bombardement convergent qu'on avait l'intention de diriger sur les ouvrages de Saint-Denis ave»" une portion du parc de si *ge. En conséquence de ces instructions, divers ofOciers du génie firent une reconnaissance de la presqu'île dans la nuit du 3 au 4 octobre, et constatèrent qu'elle n'était que très- faiblement occupée.

cr On commença aussitôt les préparatifs d'un passage de la St-ine , on renforça la garnison d'Argcnteuil, qui fut portée à 2 bataillon^, 2 batteries, et 1 compagnie de pionniers , et Ton avança la ligne des avantpostes Jusqu'à Epinai.

« Le commandant de l'armée de la Meuse ajourna provisoirement, avec l'agrément du grand quartier général, la prise de possession de la presqu'île do Gennevilliers, et décida que le passage de la Seine n'aurait lieu qu'après l'arrivée des pièces de siège. En attendant, il prescrivit d'établir, au sud de la butte d'Orgemont et à Argenteuil, trois batteries, pom* donner des feux sur la redoute de Gennevilliers et sur toute la presqu'île.

« Vers le 10 octobre, on voulut réparer le pont d' Argenteuil . mais le feu de l'ennemi fit suspendre l'opération

c En même temps, on préparait des ponts de radeaux et de tonneaux pour compléter les ressources des équipages réglementaires.

« Les défenseurs de Paris, informés sans doute de notre intention do passer la Seine, déployèrent, vers le milieu d'octobre, une grande activité dans la presqu'île do Gennevilliers, et couvrirent Argenteuil d'obus à diverses reprises, ce qui obligea d'interrompre sur ce point le^ travaux des ponts.

« Le 18 notamment, l'ennemi ouvrit un feu violent avec S4 à 90 pièce^^

DEFENSE DE PABIS. m

Le service dans la presqu*ile était des plus pénibles ; Los mjbiies

*^ / . K ^ delaCôte-d'Oret

il fallait non-seulement fournir de nombreux postes diiie-ei-viiainc

* sont

avancés, mais encore des milliers de travailleurs aux '"^SPp^efqu.^îî?'' divers ouvrages et batteries' en construction; les ^® ^par7a''^'^ iroupes de la plaine de Gennevilliers ne pouvaient suf- ^^^^^^^ ^^^^^ lire et bientôt Ton se vit obligé d'établir un roulement entre les régiments placés sur les deux rives de la Seine.

Les mobiles de la Côte-d'Or et d'IUe-et- Vilaine furent relevés le 3 et le 4 novembre et remplacés par la brigade Bocher (t" de la 2" Division du 14^ Corps).

Le HO* de ligne prit position à Charlebourg, au fort du Moulin, à Colombes, à la Garenne; à ce dernier point s'installa également le bataillon de francs-tireurs de la 2* division, qui, de concert avec les éclaireurs de la Seine (colonel Joinville, 527 hommes), fut chargé, sous ]a direction du heutenant - colonel Cholleton, du service des embuscades.

Le 120', cantonné à A.snières, avec le général Bocher, fournissait tous les postes entre Villeneuve-la-Garenne et le chemin de fer d'Argenteuil. ^ '

La brigade Bocher fut remplacée, près de Levallois- Perret, par la brigade Paturel (2* de la 2* Division) revenue du front Sud de Paris ; les mobiles de la Côte-d'Or et d'IUe-et-Vilaine s'installèrent sur la rive droite de la Seine à l'Est de Neuilly.

A l'Ouest de la presqu'île, le régiment de zouaves avait un bataillon à la redoute de la Folie ; les deux autres fournissant la garde du Moulin des Gibets.

de place et de campagne, et obligea nos batteries [de campagne à se retirer.

« Le 23 octobre, on renonça déÛnilivenicnt au passage de la Seine, et l>m3 les préparatifs furent arrêtés. »

de la défense

dans la presqullo

de Gennevilliers.

Ces bataillons furent reliés entre eux par les francstireurs des Ternes (400 hommes) qui, le 4 novembre, vinrent s'établir au rond-point de la Boule à Nanterre.

La défense de la presqu'île de Gennevilliers et de ses abords se trouvait ainsi divisée en trois commandements: 1" de Villeneuve au chemin de fer de Rouen, général Bocher, avec le 120* de igné; 2** du chemin de fer de Rouen à la route de Pontoise, lieutenant-colonel Cholleton, avec le 119% les francs-tireurs de la 2* division du '14* corps, et les éclaireurs du colonel Joinville; 3® de la route de Pontoise au Mont-Valérien, général de Bellemare (1) avec sa brigade (4* zouaves, 136° de ligne, Morbihan), et les francs-tireurs des Ternes.

Plusieurs fois Tennemi avait envoyé des reconnaissances dans cette plaine de Gennevilliers, et le 8 novembre encore une de ses patrouilles fut signalée sur la rive gauche. Comme il importait essentiellement d'empêcher les Allemands de connaître notre projet, que nos travaux nombreux lui eussent facilement dévoilé, le général Bocher reçut l'ordre de renforcer les avant-postes entre Bezons et Argenteuil, en les étendant à droite, de manière à se relier avec ceux de la redoute de Villeneuve fournis par la garnison de Saint-Denis.

Le 9 novembre, le 120* de ligne tout entier alla prendre une position plus avancée aux environs de Bois-Colombes ; il fut remplacé à Asnières par le 37" régiment de mobiles (2% 3** et 4* bataillons du Loiret), nouvellement organisé sous le commandement du colonel de Montbrison (2).

(1) Le général de Bellemare, remplacé comme commandant supérieur du coi*ps de Saint-Denis par le général Berthaut (l*** novembre), avait été nommé au commandement de la brigade de ce dernier; le 4 novembre . il s'inslaUait à Courbevoic.

(2) Philippe de Montbrison, capitaine de dragons démissionnaire, s'était

Gennevilliors

Ce régiment lut, deux jours après, complété par le 5* bataillon du Loiret, venu de Billancourt.

En même temps le 31' régiment de garde mobile (!*', 2*, 5* bataillons du Morbihan) était constitué à Puteaux sous le commandement du lieutenant-colonel Tillet.

La redoute du Moulin des Gibets (i) avait reçu son Armement

. ' de la presqu'île

armement : 2 canons de 16 centimètres de la marine et ^ .^e^

4 pièces de 24 court ; ces pièces tirant à barbette, permettaient de concentrer successivement tous les feux sur un seul et même point.

La redoute de la Folie était armée de :

2 pièces de 30 en fonte de la marine,

2 canons de 24 de siège,

2 canons de 12 de siège, battant tout le terrain entre Carrières-Saint-Denis et Argenteuil.

luis. au début de la gruerre , à la tête d'une des ambulances de la Société de secours aux blessés; c'est dans cette situation qu'il se trouvait sur le champ de bataille de Sedan , où il rendit de grands services a l'armée. Mais, après notre désastre, comprenant que les circonstances • xigeaient plus encore de son dévouement, il reprit du service aolif, et fut attaché à l'élat-major particulier du général Ducrot, 11 se distingua spécialement à l'affaire de la Malmaison, oii il prit la direction d'un des groupes de mobiles engagés dans le parc.

Lorsque vint le moment d'organiser en régiments les bataillons de mobiles des déparlements, le général Ducrot lui fit accepter, non sans peine, car il était aussi modeste que brave, le commandement du régiment du Loiret. Il en eut bientôt fait une troupe excellente, qui prit une part des plus brillantes aux combats de la Marne et au combat de Bu- Z'Dval, le 19 janvier. C'est dans cette dernière journée que Montbrison tf>roba mortellement frappé à la lete de son régiment , près de la porte •iu Longboyau.

Encore jeune , comblé par tous les dons de la fortune , sans aucune iiinbition personnelle, il se dévoua par pur patriotisme et avec une abnégation complète.

Au milieu de tant de braves gens qui succombèrent dans cette lutte désespérée, la figure de Montbrison apparaît comme l'une des plus nobles ^t des plus sympathiques.

il) Voir croquis n« 2.

8ft DÉFENSE DE PARIS.

Il y avait place également pour 2 pièces de campagne.

Cette redoute, protégée en avant par la tranchée profonde du chemin de fer de Saint-Germain, et sur les côtés, par les carrières qui entourent la manufacture de produits chimiques, était fermée â la gorge par les bâtiments de l'usine mis en état de défense.

La redoute de Chârlebourg, construite en avant du chemin de fer d'e Rouen, sur la route de Pôntôisé, était . aussi puissamment armée.

La redoute du Petit-Nanterre et le fort du Moulin établis à peu de distance du pont de Bezonô, pouvaient recevoir quelques pièces, avec de petites garnisons.

Il y avait une batterie à l'Ouest de Gennevillieré, une autre à l'Est de ce village, dans le parc de la Reine- Henriette.

Toutes ces batteries qui dirigeaient leurs feUx» les unes à l'Ouest de la presqu'île de Houilles, les autres à l'Est, battaient également le versant d'Orgemont, de Sannois, deCormeil.

De plus, comme nous 1* avons dit, entre Bezons et Villeneuve, des emplacements avaient été préparés pour recevoir des canons , des mortiers , des fusées , qui devaient intercepter complètement les routes suivies par les colonnes allemandes arrivant d'Enghietl et de Sannois,

Enfin les quelques plis de terrain de la rive gauche de la Seine entre Colombes et Nanterre avaient été étudiés avec un soin extrême, et aménagés pour recevoir les batteries de campagne chargées de coopérer au passage du fleuve.

Derniers Pour communiquer entre tous ces ouvrages, nous

préparatifs ... i . * » .1

en vue avious trois graudos voies a peu près couvertes des vues

du passage de . ^ . ^ ^

la Seine de Fennemi :

a Bexons.

!• La route assez rapprochée duflelive qui va dô Oennevilliers à Nanterre en passant par Colombes, et se

DÉFENSE DE t'ARIS. 87

trouve presque dans toute sa longueur masquée par Un mouvement de terrain parallèle à la Seine ;

2" La voie qui suit le chemin de îet d' Asnières à Nanterre;

3** La route allant de Gennevilliers à Asnières, Courbevoie et Nanterre.

Au delà de Charlebourg une vaste tranchée permettait de rejoindre à couvert la digue commençant à Bezons, et derrière laquelle hommes et voitures pouvaient circuler en toute sécurité .

Par cette même voie nous comptions faire arriver les embarcations qui devaient être mises à l'eau dans le petit bras formé par File Marante ; une voûte construite sous la digue, à peu près à hauteur du centre de Tîle, nous donnait la facilité de les faire passer et de les amener jusqu'au bord du fleuve; quelques tirailleurs jetés dans l'île assuraient le reste de l'opération .

Un certain nombre de compagnies d'élite débarquant sur la rive droite envahissaient le village de Bezons, et en chassaient les postes ennemis.

En même temps le chemin de fer amenait rapidement tout le matériel de pontage ; une partie, descendue à Charlebourg, était conduite sur voitures au bord du fleuve prés du pont de Bezons, l'autre menée directement près de la Seine non loin du pont des Anglais.

Les premières troupes de débarquement auraient occupé Carrières-Saint-Denis, Houilles, Bezons, trois points qui, formant une sorte de tète de pont, permettaient à l'armée de se concentrer en parfaite sécurité, et de se porter rapidement sur les hauteurs de Cormeil.

Conmie nous l'avons vu, l'ennemi, comptant sur le double obstacle que présentait la Seine, avait peu de monde de ce coté : des hauteurs de Montmorency jusqu'à Chatou, le 4* corps seul formait toute la ligne d'in-

vestisgement ; il eût été certainement facile de percer ce mince cordon avant l'arrivée des renforts très-éloignés et contraints à franchir d^étroits défilés...

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