GOUVERNEMENT DE LA DEFENSE NATIONALE
Paris, le 27 novembre 1870.
Au cas qù le général Ducrot, commandant en chef la 2* armée, serait tué à Tennemi, ou se trouverait hors d'état , par suite de blessure ou de maladie, d'exercer son commandement, le général d'Exea , qui commande le 3* corps de cette môme armée, prendrait le commandement en chef.
Le général Trochu.
Ernest Picard — Jules Favrb — Jules Pkrry Eugène Pellbtan — Jules Simon — GarnierpAcks — Emmanuel Araoo.
Le Ministre de la Guerre^ Général Lb FlÔ.
Constitution d'une section d'artillerie^ à cheyal pour être à la disposition du général en chef.
Porte- Maillot, 21 novembre 1870.
A M. le Général commandant r artillerie du 2^ corps.
Mon cher général ,
Veuillez faire constituer dans les conditions suivantes une section à cheval de trois pièces do 4, que le général Ducrof désire avoir à sa disposition au premier appel :
— Un officier et des cadres jeunes , vigoureux , très-bien montés ;
— Les caissons renfermant 5,000 cartouches de cavalerie (4,000 suffiront , parce qu'on y joindra un nombre complémentaire de cartouches qui seront apportées par les éclaireurs Franchetti, dont le calibre est d'un modèle spécial) ;
— 8 sacs de poudre de 25 kilogrammes chacun ;
— Quelques outils (haches, pioches, pelles, scies, marteaux) ;
414 DEFEl^SE DE PARIS.
— Quelques fusées de signaux de différentes couleurs ;
— Quelques clous d^enclouage avec des marteaux.
Le lieutenant que vous désignerez s^occupera immédiatement d'assurer les approvisionnements et d^ choisir son personnel et ses chevaux.
Le CommêDdêDt de l'êrUIlene de U 2* ttrmée,
P. 0. Le Chef d'état-major.
Signé: Viluers.
(Le sous lieutenant Fortoul, de la 6* batterie du 22% est désigné.)
22 novembre 1870.
Mon général.
Le général Frébault réduit à deux pièces et deux naissons la section qu*il vous a demandée hier.
Pour les cartouches d'infanterie , il aura un caisson de 12 qui sera attelé à six chevaux.
Veuillez modifier, en conséquence, les dispositions que vous avez à prendre.
Pour le Général commandant rartillerie de la 2« armée. Le Chef d'éUi^mêjor^
Signé : ViLUiss.
XXII bis.
Constitution d'nn corps d'éclairearB à cheval, pour être a la dîsp^tioa ta générai en chaf .
Un escadron du 14* dragons et un ascadron du régiment de gen(}armerie à cheval seront réunis pour former un corps d'éciaireurs sous les ordres du commandant Faverot de Kerbreçh, AfHcipr d'ordpnnance du général en chef.
DÉFENSE DE PARJS- 415
La iliYifion wuriembergeoUe à la bataille de ChaigpIgBj.
(80 Novembre 1870 (1).)
Un bataillon saxon avait relevé les Wurtember^eois aux avantpostes de Ghampigny et du Plant ; le régiment d'infanterie wurtembergeois ii9 7, placé à Villiers , était prêt à partir quand, à 8 heures , arriva à Villiers la nouvelle apportée par un cavalier que Ghampigny était pris par les Français. Cette nouvelle ne parut pas tout d'abord digne de foi, mais bientôt elle fut confirmée par les Saxons qui revenaient blessés.
Sur-le-champ , le commandant du régiment , le colonel von Rampacher, conduisît Je 7« régiment dans le parc de Villiers ^sposé pour la défense ; ce parc était à peine occupé, que déjà d'épaisses troupes de flanqueurs français y arrivaient.
Pendant ce temps, à notre aile gauche, vers 7 heures 1/2, le bataillon Schaeffer, du 1^ régiment d'infanterie, relevé de Ghampigny, était eatré dans Ormesson, et allait s^iustaller dans ses quarti rs, quand arriva au général commandant la brigade, von Reitzenstein , qui était à OrmessQB, la nouvelle de l'attaque ennemie. Aussitôt toutes les troupes reçurent Tordre de prendre immédiatement les positions de combat qui leur avaient été déjà désignées.
hd commandant de brigade vola vers Ghampigny, mais il rencontra à 800 pas, en avant du village, les derniers Saxons qui se repliaient; ces derniers, surpris par la vigueur du feu d*ar^llerie, et ne connaissant pas le terrain, avaient ^andonné la première positpn de défense et le village de Ghampigny devant l'attaque de l'ennemi, qui était en forces supérieures.
11 s'agissait donc maintenant d'organiser seulement la défense de la position principale.
Les troupes occupaient, vers 9 heures 1/2, les positions suivantes :
Le 2* bataillon de chasseurs , commandé jpar le lieu tenant- colonel von Knôrzer, occupait, avec les compagnies von Groll et Schuckhardt, la lisière ouest du village de Ghennevières, avec la compagnie Wolff, l'auberge de la Vénerie (A Mon Idée), ferme disposée pour la défense, au point de croisement des routes de
(1) Extrait de YAÎÎgemeine militer Zeitung.
la Queue -Champigny et de Chenue vières-Villiers ; la 4* compagnie (Grimm) était en réserve derrière la' Vénerie.
Le 1*^ régiment d'infanterie, princesse Olga, sous les ordres du colonel von Berger , avait occupé avec trois compagnies (1-S) du i«r bataillon Haldenstang, le parc de Cœuilly ; la 4* compagnie (Faber) était dans les tranchées abris au nord de Cœuilly. Le 2« bataillon (Schaeffer) était en réserve avec trois compagnies derrière le chftteau de Cœuilly ; la 6* compagnie (Hotz) occupait les tranchées abris entre Cœuilly et Ghennevières.
Le 7* régiment avait occupé le parc de Villiers avec le 1* bataillon (von Egloffstein) et la 6® compagnie (Hôrner) ; les 5' et !• compagnies (Haussmann et Beck) étaient à cheval sur le chemin de fer de Villiers, et la 8« compagnie ( Wundt) dans le cimetière neuf.
Des batteries, la l'* de 6 livres (Peyer) était un peu en avant de la Vénerie ; elle devait tirer sur Champigny ; la 2* de 4 livres (von V\ragner) tout près de la lisière sud de Villiers , et la 9* de 4 livres (Kurz) un peu au nord du parc de Cœuilly, toutes les deux sur des emplacements préparés à Tavance.
Entre Villiers et Noisy-le-Grand, qu'occupaient les Saxons, il y avait environ deux compagnies et demie de Saxons. La compagnie de Saxons, rejetée du Plant, s'était réunie sur le chemin de fer à la 2* compagnie du !• régiment d'infanterie.
Le 4* régiment de cavalerie wortembergeoise (Princesse Olga), avait un escadron derrière Villiers et trois escadrons derrière le Bois-l'Abbé en réserve.
Cette position était à peine occupée sous un feu très-vif d'obus par les Wurtembergeois, que vers 10 heures apparurent sur toute la ligne de fortes masses ennemies ; environ dix à douze batteries furent amenées sur les collines situées devant notre position et ouvrirent sur nous un feu très-vif auquel notre artillerie répondit de suite énergiquement.
La direction principale de l'attaque des Français était le long de la chaussée du chemin de fer et sur les hauteurs , vers la clef de la position — Villiers — où le commandant de la brigade arrivé depuis 9 heures, dirigeait personnellement le combat. Le choc impétueux des Français qui avaient surpris les Saxons a Bry, et escaladé alors les pentes entre Bry et Villiers, vint échouer devant les feux de salve qu'envoyait tranquillement notre infanterie.
La 1'" batterie, qui était à notre aile gauche, fut contrainte par Tinfanterie française de quitter sa position avancée et de prendre une deuxième position devant l'allée qui passe au sud de Cœuilly. Vers 10 heures 1/4 arriva comme soutien une batterie saxonne ;
elle s'établit sur le côté nord de Villiers, tout près du nouveau cimetière, et entre énergiquement au combat.
La position la plus mauvaise était celle des compagnies du 1^ régiment qui étaient sur la chaussée et ne pouvaient presque plus tenir devant le vigoureux choc des Français. Aussi les 7* et 8* compagnies (Vischer et Haussmann) du 1«' régiment dUnfanterie, furent-elles amenées de Gœailly et envoyées sur ce point comme soutien.
Enfin, vers 40 heures 1/2, on réussit à rejeter Tinfanterie ennemie, mais le feu d'artillerie redoubla, de nouvelles batteries françaises ayant été amenées .
Alors, afm de chasser ces batteries, on ordonna un mouvement en avant sur toute la ligne, en ayant soin de se relier aux Saxons qui étaient à droite de Villiers.
A l'aile droite avancèrent la compagnie Wundt, du !• régiment, et deux compagnies saxonnes sous le commandement du major von Perglas, du 7^ régiment ; à cheval sur la chaussée du chemin de fer s'avancèrent les compagnies Wischer et Haussmann, ainsi que la compagnie Kustner, du régiment d'infanterie saxonne n" 104. Du parc de Gœuilly le colonel von Berger sortit avec les six premières compagnies du 1^ régiment d'infanterie, marchant séparément en colonnes de compagnie sur les hauteurs, vers la Vénerie.
De Ghennevières s'avancèrent contre les pentes de («hampigny, deux compagnies (Grimm et Wolff) de chasseurs, sous la conduite du lieutenant-colonel von Knôrzer.
Gette attaque fut exécutée vers midi moins le quart avec la plus grande bravoure sous un feu très-vif d'obus et de mitrail-. leuses; et l'ennemi battit en retraite à l'aile droite.
Au centi'e, le 4* régiment d'infanterie réussit, par une course impétueuse, à gravir les hauteurs occupées par l'ennemi qu'il ébranla. Plusieurs batteries furent forcées de se retirer par le feu des compagnies Hotz et Lutzow qui arrivèrent, sans être aperçues, jusqu'à 300 pas d'elles; mais ces compagnies ne purent s'emparer des canons , car l'ennemi les avait emportés , laissant les avant-trains.
Toutefois, quand le plateau eut été gravi, l'infanterie ennemie se montra en forces de plus de quatre fois supérieures et força le régiment à se retirer sous un feu très- vif.
A la tète du régiment tomba le commandant, colonel von Berger, ainsi que le major Schœffer, commandant de bataillon, grièvement blessés; les autres officiers montés eurent tous leurs chevaux tués sous eux.
Le régiment fut repoussé avec une perte de 400 hommes , dans
le parc de GoMiilly, où le migor Haldenetang, qui prit alors le comnAindement du régiment» réusait a occuper vivement les murs du parc et à repousser Teimemi qui le talonnait» par un feu bien dirigé» et eu lui faisant éprouver des pertes importantes.
L*aile gauche avait en même temps rejeté les Frauçais aur Champigoy , mais elle se trouvait quelque peu exposée par la marche en avant de Tennemi sur le centre ; aussi le lieutenantcolonel von Knorzer fit-il exécuter à Taile gauche une conversion à droite et occuper la vieille route de Champigoy ; de la sorte reniiemi se retirant de nouveau au centre fut accueilli par un feu de flanc très-efficace de Taile gauche et rejeté daus la plus complète déroute.
A ce mouvement prirent part deux, compagnies du 5<^ régiment d'infanterie wurtembergeoise sous le major Stapf, qui étaient arrivées sur le champ de bataille vers midi et demi sur la demande du commandant de brigade, et qui, 6*avançaut de la Vénerie, entrèrent réellement au combat.
Les Français tiraillés, avec le plus grand succès, de front par le l*' régiment d'infanterie, sur leur flanc droit par quatre corn piignies, battirent en retraite sur toute la ligne vers une heure ; il en résulta un grand répit dans le combat d'infanterie ; mais , par contre, commença un formidable combat d^artillerie auquel prirent part quelques batteries de Textréme aile gauche des \Yurtembergeois.
Dans la marche en avant de notre aile gauche tomba grièvement blessé le lieutenant-colonel von Knorzer, ainsi que le colonel von Hûgel, du 5® régiment d'infanterie wurtembergeoise, qui était entré vers midi et demi à Ghennevières.
A l'extrôme aile gauche avait lieu également vers 10 heures un combat qui fut dirigé sur Montmesly par le général de division , général-lieutenant vou Obernitz; après deux heures de combat, le général réussit à repousser les Français avec nno perte d'environ 300 hommes ; de la sorte il lui fut possible d'euvoyer le 5* régiment d'infanterie et deux batteries au secours du général de Heitzenstein .
De ces batteries, une batterie de 6 livres, von Wagner H • arriva vers une heure et prit aussitôt position sur la route de Champigny, un peu en arrière de la Vénerie ; elle canonua les Français qui se retiraient. Bientôt après, la batterie prit position au nord de la Vénerie , mais n'y resta pas longtemps , et ver^ 3 heures elle fut envoyée sur l'emplacement sud de Villiers.
La première batterie (Peyer) prit, à gauche du parc de CoBuilly, une deuxième position et canonna les batteries ennemies qui se trouvaient au four à chaux.
DÉFENSE DE PARIB. 419
Ltf eombftt d'ertiliarie coatioaa avec une fureur et une activité égale. Vers 3 heufes, la 6« batterie (Holsberg) arriva Ipt prit position au sud de Gœuilly, à côté de la 2^ batterie.
A droite de Yilliers arrivèrent, comme soutien, deux batteries saxonnes de la 4d* brigade d'infanterie. Encore une fois, les batteries wurtembergeoises dm*ent renouveler leurs munitions ; les batteries Kurz et Wagner 1 ne purent faire feu à cause du manque de munitions ; et cela pendant plus d'une demi-heure ; mais elles restèrent en position malgré un feu très- vif d*obus jusqu'à l'arrivée de nouvelles munitions; de sorte qu'en déployant toutes les forces, il fut possible de demeurer maître du champ de bataille, malgré la supériorité des batteries françaises , et forcer plusieurs batteries ennemies à se retirer ou changer plusieurs fois de position.
Pendant ce oombat d'artillerie, le S* bataillon de chasseurs fut forcé de se retirer; il occupa l'allée au sud de Cœuilly, pendant que le 5" régimant d'infanterie allait occuper Chennevières. Les compagnies du 7* régiment, qui étaient sur la chaussée du chemin de fer à ViUiars, furent relevées, vers 8 heures, par le i**^ bataillon du régiment d'infanterie saxonne n^ iOi (Kûstner U )» que conduisait personnellement le général de Reitzenstein , et placées en réserve dans le cimetière de Yilliers.
Vers 4 heures, les Français avaient, sous la protection du qom-, bat d'artillerie , fait passer de nouvelles masses au dal4 de la Marne, — d'après le dire des prisonniers, environ 25,000 hommes. — Ils firent un nouvel effort sur VilUers, où se faisait sentir en ce moment, dans l'infanterie, le manqua de munitions, Les compagnies de réserve, Haussmann et Beck, du 7« régiment, don^nèrent encore offensivement sur l'ennemi, à droite du cimetière de Yilliers; de nouvelles munitions arrivèrent, une voiture de munitions saxonne étant arrivée dans le parc, et, après un vif combat de mousqueterie, on réussit à rejeter Tennemi pour la dernière fois. La !'• batterie avança sur une petite hauteur, entra la Yénarie et la chaussée du chemin de fer, et obligea , par nn feu d'enfilade, plusieurs batteries françaises à se retirer, pendant que les autres batteries faisaient un feu de plein fouet.
Yers 4 heures et demie, arrivèrent à Cmuilly le l'^' bataillon de chasseurs wurtembergeois , sous le lieutenant - oQlonel de Brandenstein, et le 2" bataillon (Haas), du 8« régiment d'infaiiterie, envoyés comme renfort par le général de division, Im bataillon Haas fut dirigé sur Yilliers , mais ne put prendre aucune part à ce combat, car à ce moment, l'attaque de l'adversaire avait cessé sur toute la ligne , et l'ennemi s'était retiré sous la protection de son artillerie.
Vers 5 heures et demie, le combat cessa sur toute la ligne, car r obscurité arrivant, rendait impossible le pointage des canons.
Rapport du général Clément Thomas.
OBDRB DU JOUR.
6 décembre 1870.
Désirant satisfaire aux demandes réitérées du bataillon dit des Tirailleurs de Belleville , d'être employé aux opérations extérieures et de se mesurer avec Tennemi, le commandant supérieur avait donné Tordre de faire équiper ce bataillon un des premiers, et il Ta envoyé, le 25 novembre, occuper, à côté d'autres troupes, un poste d'honneur en avant de Créteil, à cent et quelques mèlres des lignes prussiennes. Ce poste avait ô^é ooeupé jusque-là avec le calme le plus parfait par une compagnie de ligue.
Des rumeurs fâcheuses sur la conduite des tirailleurs de Belleville étant parvenues, dans Tintervalle, au commandant supérieur, il a demandé, sur les faits, des rapports authentiques.
Dans un premier rapport , en date du 28 novembre, le chef de bataillon Lampérière déclare qu'éttfnt sorti le soir, à huit heures et demie, accompagné de Tadjudant-major Lallemand, il a fait une ronde dans la tranchée et recommandé à ses hommes de ne pas tirailler inutilement. La ronde terminée, il se retirait dans la direction de la ferme des Mèches, lorsqu'il entendit une vive fusillade et aperçut bientôt, fuyant à la débandade, une grande partie des l'* et ^^ compagnies de son bataillon, de service à la tranchée. Ce ne fut qu'à grand 'peine et à force d'énergie qu'il arrêta ses hommes et parvint à les ramener en partie à leur poste.
Cette honteuse échauffourée provoquée, d'après certains rapports, par la fusillade intempestive des tirailleurs, coûta la vie à trois d'entre eux, plus trois blessés. Les hommes rejetèrent la cause de leur panique sur le capitaine Ballandier, qui aurait fui le premier en criant qu'ils étaient tournés.
Le lendemain, les tirailleurs de Belleville ont été ramenés en arrière des avant-postes et cantonnés sous le fort de Charenton.
Ordre leur ayant été donné plus tard de reprendre leur poste
à la tranchée, ils s*y sont refusés et ne se sont décidés à 8*y rendre postérieurement que sur de nouvelles injonctions.
Le 5, le colonel d'infanterie Le Mains, commandant la brigade, a adressé au commandant supérieur le rapport suivant
« Mon Général,
« J*ai l'honneur de vous demander, d'urgence, le rappel à Pa- « ris des tirailleurs de Belleville.
« Non-seulement leur présence ici n'est d'aucune utilité, mais « elle pourrait occasionner un grave conflit avec les gardes na« € tionaux du 147» (bataillon de. la Villette), placés à côté d'eux.
A La haine entre ces deux bataillons est telle qu'ils ont établi,
< dans la tranchée, une espèce de barricade qu'ils s'interdisent « mutuellement de franchir. La présence de M. Flourens, dans ce « bataillon, a amené de nouvelles difficultés, les officiers ne voua lant pas le reconnaître pour chef. Ce matin, le rapport du comte mandant de l'aile droite m'informa qu'il a dû faire occuper et « surveiller «particulièrement la tranchée de droite, les tirailleurs « de Belleville ayant abandonné leur poste.
« Dans les circonstances où nous nous trouvons, un conflit c entre nos troupes serait désastreux.
« D^un autre côté , le mauvais exemple que donnent , à tous • moments, les tirailleurs de Belleville, est des plus fâcheux.
a Tels sont les motifs, mon Général, qui me font vous deman- « der leur rappel immédiat a Paris. »
Dans un rapport du 4 décembre, le commandant Lampérière déclare que, parti avec un effectif de 457 hommes, son bataillon est réduit aujourd'hui de 61 gardes, rentrés à Paris avec armes et bagages, sans permission.
« Ce bataillon, ajoute le commandant, par son indiscipline et c les éléments qui le composent, est devenu complètement im- « possible. Indiscipline et incapacité dans une partie des officiers c et des sous-officiers : voilà , mon général , les principales <x causes de notre désorganisation. Formé en dehoi^s de toutes « les lois qui régissent la garde nationale , ce bataillon s'est c montré indigne des privilèges qu'il a obtenus, et n'est qu'un « mauvais exemple pour les troupes qui l'environnent. Ces hom- « mes , pour la plupart , se sont refusés à prendre le service de
< la défense. Je demande donc que ce bataillon soit rappelé à c Paris et dissous.
« De plus, j'ai l'honneur de vous adresser ma démission de c chef de bataillon, ne pouvant, honnête homme, ancien sous-
iî2 DÉFENSE DE PARIS.
< ôf&clei* da l'armée, rester plus longtemps à la tête d'une troupe « pareille. 4e reprendrai mon fueil et rentrerai dans les nngê de « la garde nationale, pour me purifier du trop long séjour que « j'ai fait dans le bataillon des tirailleurs de Belleville.
c Une prompte résolution de votre j)art est nécessaire, mon « général, car la moitié des hommes refusent de faire tout ser- « vice. »
D'autres rapports, qu'il serait trop long de reproduire iei, établissent que le citoyen Flourens, révoqué du grade de conmiandant qu'il occupait dans le bataillon de» tirailleurs de Belleville, est allé rejoindre ce bataillon dans ses cantonnements, a repris les insignes du grade qui lui a été retiré et tenté de reprendre ainsi le commandement.
11 résulte des documents qui précédent : que deux compagnies du bataillon dôs tirailleurs de Belleville, de service dans les tranchées, ont pris lâchement la fuite devant le feu de l'ennemi ; que le bataillon a l>efusé de «e rendre à son poste sur l'ordre qui lui a été donnée et que, s'y étant rendu plu» tard, il l'a abandonné au milieu de la nuit.
Il résulte de plus que le citoyen Flonren» s'est rendu coupable d'une usurpation d'insignes et de commandement militaire.
En présetiee de pareils faits que la garde nafioùâlé tout entière répudie, le commandant supérieur propose :
i^ La dissolution des tirailleurs de Belleville ;
2^ Les 61 gardes de ce corps qui ont disparu seront traduits devant les conseils de guerre pour désertion en présence de l'ennemi, ainsi que l'aido-major Lemray (Alexis), parti le 28 pour conduire des blessés à l'ambulance, et qui n'a plus reparu;
8^ Une enquête sera faite sur la conduite du capitaine Ballandier, pour apprécier si la même mesure ne lui sera pas appliquée ;
4*> 1^ citoyen Flourens sera immédiatement arrêté et traduit eu conseil de guerre pour les faits imputés à sa charge.
Un certain nombre d'hommes du bataillon ayant mérité par leur conduite de ne pas être confondus avec ceux que frappe cet ordre du jour, ils formeront le noyau d'organisation d'un nouveau bataillon.
Paris, le 0 déoembre 1870, 8 heures du soir.
Le Général commandané supérieot de»
gardes nationales de la Seine,
GLÉmirr Thomas.
P. S. — Le commandant supérieur reçoit à Tinstant même, du commandant Lfampérière, un rapport lui déclarant que, le 5 au soir, ii n'a pu retenir ses hommes pour le service de l'avancée, la plupart étant absents, et le reste ayant refusé d'obéir. Parmi ceux-ci, quelques-uns donnent pour motif, « et ceux-là n'ont pas tort, » dit le commandant, qu'ils ne peuvent aller à la tranchée avec des hommes dont les mœurs et l'honnêteté leur sont suspectes, et qu'ils demandent l'épuration du bataillon. Le commandant ajoute que lui et le lieutenant Launay ont été menacés de coups de fusil; que les actes d'insubordination envers les officiers et sous-officiers se renouvellent constamment, et que, malgré la plus grande surveillance, les vols de vivres se commettent d'homme à homme.
Ce rapport est visé et transmis par le lieutenant-colonel Le Mains, commandant supérieur de Créteil.
LIGENCIBMENT DU BATAILLOfl DES VOLONTAIRES DU H*?*.
(Rapport au Gouverneur de Paris,)
Paris, lo 14 décembre 1870.
Monsieur le Gouverneur,
J'ai l'honneur de vous informer que le bataillon des volontaires du 147« avait reçu l'ordre de partir ce matin pour Rosny, et qu'au moment du départ, il n'a présenté, sur le lieu de son rassemblement habituel, qu'un effectif de 109 hommes, dont la plupart avaient négligé de prendre leurs armes.
Ce bataillon, d'une formation antérieure au décret du 8 novembre 1870, et dont les cléments avaient été puisés à diverses sources, a motivé son refus de marcher, sur ce que les femmes des hommes mariés qui en font partie n'auraient pas touché , pendant leur absence, les 75 centimes que le Gouvernement de la Défense nationale leur a alloués, et, sans tenir compte dos explications données à ce sujet, il a persisté dans son refus.
Une première fois, le 28 novembre, j'avais ou à me plaindre de lui, et il était parti pour Créteil dans un état qui m'avait inspiré un vif mécontentement. Mais sa conduite n'ayant donné lieu à aucune plainte pendant son séjour dans la tranchée, j'avais cru pouvoir oublier ce précédent.
L'acte qu'il a commis aujourd'hui me prouve que je ne saurais compter sur une pareille troupe.
J'ai donc l'honneur de vous proposer :
i^ La dissolution de ce bataillon ;
^ La réincorporation des hommes qui le composent dans les^ divers bataillons d'où ils sortent, les chefs de ces bataillons restant libres de les admettre, et devant être tenus de procéder au désarmement de ceux qu'ils refuseront.
(^es commandants seront comptables des objets d'équipement et de campement des gardes réintégrés dans leurs bataillons, et ils exigeront la rentrée en magasin de ceux délivrés aux hommes qu'ils jugeront opportun de désarmer définitivement.
Des faits tels que celui que je vous signale, Monsieur le Gouverneur, engendrent des abus auxquels il serait urgent de mettre un terme, s'ils se représentaient.
Ainsi, le bataillon dit des volontaires du i47« avait touché hier des vivres pour quatre jours, et c'est grâce au concours énergique et intelligent de quelques officiers de ce bataillon que j*ai pu faire rentrer ces vivres en magasin.
D'un autre côté, voici un commandant chez lequel je n'ai pas rencontré l'énergie que j'étais en droit d'attendre, et quelques of Aciers qui se sont trouvés sans influence sur leurs troupes, auxquels le Trésor a payé d'avance un mois de solde, tandis que le service extérieur n'a duré qu'une semaine. Il y a là un abus dont souffrent les finances du pays, et auquel je vous proposerais de remédier immédiatement, sUl ne constituait une exception dans les compagnies de guerre de la garde nationale.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Le Général commandant supérieur des gardes nationales de la Seine,
Clément Thomas.
Dépêches de Julet Favre à Gambetta, pour les joamées da 30 novembre et da 2 décembre.
Jales Favre à M. Gambetta, à Tours,
29 novembre i870, au soir.
Conformément à l'avis qu'il vous a donné, )e Gouverneur avait fixé au mardi 29 sa grande sortie, faite dans les conditions
qu'il nous a exposées. Son plan est hardi, savamment préparé, accompagné d*instructions minutieuses ; il doit aboutir au percement des lignes par une armée de cent mille hommes jetés sur la Loire et pouvant vous donner la main. Le Gouverneur a commencé ses mouvements dès dimanche. L'effort principal est confié à M. Ducrot; il devait être masqué par des attaques de différents côtés, trompant l'ennemi et le tenant en haleine. De sa personne, le Gouverneur s'est porté hier sur un des points principaux où son armée devait passer la Marne sur sept ponts. Malheureusement, à minuit, une crue subite a rendu ce passage impossible. Vinoy, qui devait s'avancer sur Ghoisy, n'a pas été prévenu à temps ; il a exécuté son mouvement, et, quand il a su que le Gouverneur ajournait le sien, il a été forcé de rétrogi'ader en subissant des pertes assez sensibles. Get événement a causé un émoi facile à comprendre ; cependant il ne faut pas Texagérer. Le Gouverneur s'est emparé du plateau d'Avron, où il est solidement établi ; il nous annonce qu'il continue son opération. Le danger est de rencontrer un ennemi averti et concentré. Aussi vous vous figurez nos inquiétudes. Gomme le ballon no part que demain soir, je vous dirai lo résultat de la journée. Vous trouverez à V Officiel la proclamation de Ducrot à ses troupes. Elle a causé un enthousiasme bien légitime, mais elle commande un succès. Si nous échouons^ nous sommes doublement perdus. Mais ce n'est pas Theure de se laisser abattre. Paris est dans une agitation extrême ; il souffre beaucoup de l'insuffisance de l'alimentation, mais il a soif de défense et de victoire.
dO novembre, au matin.
L'opération a repris cette nuit, elle continue ; je vous dirai, avant la clôture de cette dépêche, ce qui aura été fait dans la journée.
M. Gambetta, à Tours.
SO novembre 1870, 5 heures du soir.
L'opération du Gouverneur s'est accomplie de la manière la plus brillante ; son armée a passé la Marne et livré une série de combats depuis le plateau d'Avron, les sommets de Montmesly, Gréteil, au centre, avançant de Joinville-le-Pont sur Ghampigny, Noisy-le-Grand, Villiers-sur-Marne. Partout nos troupes ont été admirables. Les généraux ont été émerveillés. L'ennemi a fait de grandes pertes ; nous espérons que les nôtres coucheront sur le champ de bataille. Lo général Ducrot s'est battu comme un héros.
M, Gêmbêttu, à Tmira,
2 décembre 1870.
Ce matin, à 7 heures, nos troupes ont recommencé le fea. Assaillies par des décharges furieuses de l'ennemi, elles ont répondu avec énergie, et pendant près de huit heures, héroïque* ment résisté à une formidable artillerie, mêlée d'obus et de mousqiieterie. Toutes ont été admirables. Passant sous le feu devant leur front de bataille, le général T rochu a été acclamé : Ducrot a continué ses prodiges de valeur. A d heures, nous avions fait reculer les batteries ennemies et nous venions occuper les crêtes de Villiers, qu'elles nous avaient si vivement disputées. Cette mémorable et glorieuse action s'est concentrée dans Tespace que vous voyez entre Bry-sur-Marne, Noisy-le-Orand, Villiers, Chennevières, Champigny et Gœuilly. Cœuiily et Noisy sont encore à l'ennemi. Nous comptons l'en déloger demain ; la garde nationale a pris une part très-belle à cette brillante journée. L'ardeur de tous est inexprimable. A 3 heures, nous recevions au Gouvernement votre dépèche du 30, elle nous a comblés de joie. Le droit enfin triomphe. Vous vous approchez, nous allons k vous. Nous touchons aux termes des maux de la patrie. Vous aurez une grande part à cette œuvre glorieuse ; c*est pour moi un vrai bonheur. En même temps, nous recevions une dépêche de Bourbaki nous annonçant qu'il a des forces respectables qu'il met à notre disposition. Nous renaissons. Mais c'est le cas de redoubler de calme, de vigilance, de courage. Le froid est devenu trèsvif et fait beaucoup souffrir nos troupes. Ai-je besoin de dire la joie de Paris et son excellente attitude ? Nous voilà réhabilités devant cette Europe si dédaigneuse et si cruelle.
Je ne puis vous dire si la bataille recommencera demain. Nous aurons peut-être besoin d'une journée de repos. Nous aurons titcore des combats. J'espère que ces combats seront des victoires. Je vous embrasse de cœur.
Extrait de l'iiiitoriqna du régimaut da mahllaa de Saine- et-Mama.
dO novembre.
A 4 heures du matin , les tentes sont abattues ; à 5 heures, \t
DEFENSE DE PARIS. . 4t7
régiment 6e met on marche, pasee sous un viaduc de chemin de fer en avant de son fronts tourne à droite aussitôt^ se forme dans la plaine par compagnies, tout en avançant ; à gauche, Tarlillerie suit la route. Au croisement des rouies, le régiment fait tète de colonne à gauche, se dirigeant sur Neuilly- sur- Marne; il a à sa droite la grande route qui conduit à Neuilly, l'artillerie marche sur son flanc gauche. Le régiment fait halte à 1,500 mètres environ du village et se forme en bataillons par échelons, la gauche en tête. L'artillerie se met en batterie et ouvre son feu sur Neuilly.
Il est 7 heures environ (le jour commence à peine) ; à 7 heures et demie, le colonel Gblonieu ordonne au lieutenant-colonel de Courcy de prendre le commandement des tirailleurs, de s'avancer sur Neuilly, de s'en emparer et de s'y établir.
Le lieutenant-colonel passe le canal, qui le sépare du village, sur une passerelle qui existe encore, ft la tète de deux compagnies du 1^'' bataillon et disperse son mondo en tirailleurs, à travers les jardins qui entourent le village sur sa gauohe. En traversant le canal, il entend donner l'ordre au génie d'abattre les arbres qui longent le canal, d'en aplanir les chaussées , en un mot, de créer un passage pour l'artillerie.
Quelques oolips de feu partent des vergers qui enveloppent h village; un avant^poste prussien l'occnpo encore de oe côté, mais se replie précipitamment en arrière.
Le lieutenant-^colonel fait entrer ses tirailleurs de tous côtés au pas de course; lui-même se porte à droite avec une cinquanteine d'hommes sur la grande route qui donne accès au village; quelques coups de feu sont tirés , mais sans effet.
Arrivé sur la place de l'Église, le lieutenant-^ôolonel envoie prévenir son dolonol qu'il est maître du village et réclame du monde pour l'ocenper solidement; en mémo temps il se porte avec une Compagnie par la rue qui mène à Villa-^Évrard, afin de s'é-» elairer en avant du village; à la hauteur des dernières maisons, il est accueilli par une fnsillado provenant d'une grand'garde ennemie cachée dans la plaine par de petits ouvrages en terre.
Les mobiles ouvrent leur feu dans cette direction, l'ennemi se replie en courant sur Yilla-Évrard.
Pendent oé temps le colonel a envoyé le restant du 1^ bataillon dans Neuilly. Le lieutenant^colonel donne l'ordre à son chef de fortifier les rues qui donnent àccès au village, surfout celle conduisant à Villa-Évrard, puis il se porte de sa personne auprès de son ealonel , lui rendre compte et prendre les ordres. Il n'y en a ^». Galopant en arrière, il rencontra le colonel Colonien, lui
annonce Toccupation complète de Neuilly-sur-Marne, la retraite des avant-postes prussiens sur Villa-Evrard.
Il est 8 heures un quart ou 8 heures et demie au plus tard.
Le lieutenant-colonel demande alors ce qu'il doit faire : « Attendre les ordres, répond le colonel Colonieu. » Il retourne alors à Neuilly.
Vers 9 heures et demie , se voyant inactif et inquiet de resler en face de Villa-Evrard , sans au moins connaître la force de l'ennemi, il fait sortir deux compagnies, Tune à droite de Neuilly. l'autre à gauche , les disperse en tirailleurs et les fait avancer de la sorte sur Villa-Evrard. A quelques cents mètres des maisons la fusillade commence, mais sans consistance, et Ton voit l'ennemi se retirer en hâte et disparaître derrière les murs du parc qui est en'arrière. Les maisons sont occupées aussitôt par les mobiles; on a fait deux prisonniers, dont l'un est blessé, un Prussien est resté mort dans la plaine ; deux mobiles ont été blessés. Pendant le mouvement du lieutenant-colonel, son colonel s'est avancé dans la plaine avec le restant du régiment pour le soutenir au besoin.
Il est 10 heures un quart, Villa-Evrard est occupé, Neuilly, déjà barricadé. Vers 11 heures, le lieutenant-colonel aperçoit de grosses colonnes ennemies sur les hauteurs qui rejoignent de Chelles à Noisy-le-Grand, se dirigeant vers ce dernier village. 11 va les faire remarquer à son colonel , qui envoie prévenir le colonel Colonieu.
Jusqu'à midi et demi le régiment reste 'inactif dans ses positions.
A une heure environ, le lieutenant-colonel reçoit Tordre de replier ses tirailleurs de Villa-Evrard, de remettre la défense de Neuilly-sur-Marne aux mobiles du colonel Reille ; enfin de venir passer la Marne sur le pont de bateaux, en arrière de Neuilly. L'ordre est exécuté, la tête du régiment passe la rivière à 2 heures environ, tout le régiment est massé sur l'autre rive par demibataillon en masse , face à Noisy-le-Grand , à sa droite se trouvent les zouaves disposés dans le même ordre; ils ont passé la Marne avant le régiment de Seine-et-Marne.
A 2 heures et demie, le régiment de zouaves se met en mouvement, l'ordre est donné au régiment de le suivre. IjO colonel Colonieu est en tête. On fait par le flanc droit et tête de colonne à droite , on enti'e dans Petit-Bry ; aussitôt une très-vive fusillade se fait entendre en avant des zouaves qui sont en tète.
Arrivé au milieu du village, le colonel Colonieu donne Tordre aux 1®' et 2* bataillons du régiment d'enlever les hauteurs contre lesquelles Petii-Bry est adossé, et envoie le l*' bataillon sur la
gauche pour s'emparer des pentes boisées au haut desquelles se trouve Noisy-le-Grand.
Une ruelle étroite donne issue sur les hauteurs qui dominent Petit- Bry ; le lieutenant-colonel, à la tête du i«' bataillon, s'y engage, et sitôt débouche dans les vignes qui co\}vrent le coteau, espace ses hommes et parvient au pas de course sur la crête; son mouvement est appuyé par son colonel à la tète du 2* bataillon. L'ennemi se retire en désordre dans la direction du parc de Villiers qui se trouve en face des crêtes occupées dès lors par nous.
1/08 zouaves se trouvent à la droite du régiment, sur le couronnement des hauteurs, ainsi que le Morbihan et le 136* de marche.
L'ennemi replié , une canonnade des plus violentes couvre les crêtes de projectiles , elle vient en face de Villiers, à gauche de Xoisy-le-Grand, qui nous prend de flanc.
On fait coucher les hommes et cesser la fusillade, pour ne pas préciser le tir de l'artillerie ennemie.
Le colonel Fouruôs tente un effort pour entrer dans le parc de Villiers. Le régiment de Seine-et-Marne exécute le môme mouvement offensif en avant de son front; mais à 100 mètres des murs, un feu meurtrier, tiré par un ennemi à couvert, refoule en arrière l'un et l'autre régiment. Ils reviennent se mettre à l'abri deiTière les crêtes.
L'artillerie divisionnaire se met en batterie un peu en arrière , à droite du régiment, mais elle attire sur elle le feu des batteries de Noisy-le-Grand et de Villiers.
Les hommes reposés, le lieutenant-colonel tente d'enlever de nouveau le régiment, pour faire un nouvel effort sur le parc occupé par l'ennemi. Il est 4 heures environ. Le général en chef arrive à cheval sur le plateau, arrête le lieutenant-colonel, et lui donne Tordre de ne pas tenter une attaque sur ViUiers avant que de l'artillerie ne soit venue abattre les abris de l'ennemi...
Gonposition détaillée dei troupes aliemandeB qni ont pris part à U bataille du 30 norembre (1).
Division wrt— ifcergeoii^ , lieutenant général TOH OBERHITZ-
/'• brigade d'inftmtarie, ^ Général major de Reitieneteia : 1" régiment d'infanterie; T - - ;
2» bataillon de chasBeura.
^ brigade d'infanterie. — Général major de Starkoff :
2* régiment d'infanterie; 5« -^ ^ ;
S* bataillon de chassaurB.
S* brigade dCinfanierie. — Colonel de Hùgei :
S* régiment d'infanterie; 8« - - ;
f bataillon de chasseura.
Brigade de cavalerie, — Général major comte de Schelar : i^ régiment de cavalerie Reiter;
Artillerie :
Régiment d'artillerie de campagne (9 batteries) ;
2 compagnies de pionniers;
Trains.
Total pour la division wurtembergeoise : 15 bataillons d'infanterie, 12 escadrons *et 54 boucher h feu.
(1) Extrait de l'ouvrage du major Blume.
12e coRP$ D'ARMÉE («axc ROYAUE^.
S. A. R. le Prince Royal de Saxe, général d'infanterie, commandant l'armée 4e la Meuse.
SS- division d'InfanteriA, 8. A. R. le Prinea (IE0R6B8 de Saxe, lieutenant général, commandant en ehef le 12« oorpe. 45* brigade d'infanterie. — Général major de Graushaar.