‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 4)Chapitre 75 sur 84 · II. ii · texte numérisé non relu

II. ii

iïii DEFENSE DE PAHIS.

du matin, par le !•' bataillon du 8« régiment dUnfanterie, n* 105, major Thierbach.

Dès 7 heures du matin, la 47* brigade d'infanterie était en mouvement pour occuper ses nouvelles positions, et, à la même heure, la AB^ brigade se tenait sur le qui-vive à Noisy-le-Grand et en arrière de ce village, car la veille déjà, l'ennemi avait fait sortir de la ville de fortes masses de troupes de toutes armes, et leur avait fait prendre position en avant defs forts; il avait, entre autres, massé 3 brigades de troupes de ligne a Rosny. Pendant presque toute la nuit, les forts du sud et du sud-est entretinrent, sans interruption, une vigoureuse canonnade, et à 7 heures du matin, une batterie de gros calibre, établie sur la partie sud du plateau d*Avron, ouvrit le feu contre Bry, Noisy. Gournay, le pont fortifié de Gournay et Ghelles. Dès le point du jour, les troupes de ligne postées au nord de Rosny, se mirent en mouvement dans la direction de la vallée de la Marne , et l'on signala, sur le chemin de fer de Paris à Mulhouse, la présence d*une locomotive, avec deux wagons blindés portant chacnn un canon.

F^ général commandant le lâ« corps d'armée, prince Georges, qui voulait, vers midi, se porter du Vert-Galant à Champs, dut naturellement , en présence de ces démonstrations , supposer qu'une attaque de l'ennemi était imminente dans la direction de échelles. Aussi, lorsque le général d'Obemitz lui demanda, par le télégraphe, do venir appuyer les Wurtembergeois menacés d'une attaque à l'aile et au centre, dut-il lui répondre que la 48* brigade était à sa disposition, mais que la 47'^, menacée elle-même sur son front, ne pouvait se mettre en marche pour passer sur la rive gauche de la Marne. Vers 11 heures du matin, le prince royal se porta en personne sur la hauteur du moulin à vent de Montfermeil.

Dans rintervalle, les événements avaient suivi leur cours outre la Seine et la Maine. Le général Ducrot, à la tète de la plus grande partie de la 2« armée de Paris, avait opéré une vigoureuse sortie, et ses puissantes colonnes, appuyées par une nombreuse artillerie de campagne, s'étendaient de Montmesly jusque vers Bry. Il avait traversé la Marne, sur plusieurs ponts, à JoinviUo, Bry et Neuilly-sur-Marne, et, vers 10 heures, il avait repoussé les faibles garnisons de Champigny et de Bry. Le premier de ces villages était occupé depuis le matin par le major Thierbach, qui avait ù peine eu le temps de s'y installer; et quant à Bry, position très-avancée et trôs-exposée, on n'y avait placé qu'un faible poste de sous-officier.

A 11 heures, au moment où le colonel d'Abendroth, comman-

dant la 48« brigade combinée, venait d'envoyer, de Noisy à Gournay, deux bataillons (1« et 3*) du régiment n» 106, pour répondre à l'attaque imminente sur Chelles, il reçut du général-major de Reitzenstein, commandant la 1«* brigade royale wurtembergeoise à Vîlliers, l'avis de la prise de Ghampigny, et d'une violente attaque dans la direction de Cœuilly-Villiei»s. Immédiatement, il dirigea, sur la partie nord de Viliiers, le 3« bataillon du régiment n^ 106, qui se mettait déjà en marche à la suite des deux autres cl, de plus, le 2« bataillon du même régiment, la â<> batterie légère, et environ 2 escadrons du 2« régiment de cavalerie. Ces troupes attaquèrent, vers midi, les ondulations du terrain au nord do Vil- Hors, occupées par l'ennemi, et forcèrent une batterie française à se replier au moment où elle entrait en ligne. Le major Brinckmann, notamment, à la tôte du S** bataillon 106, refoula brillamment l'infanterie ennemie jusque vers Bry.

Cependant, le régiment n» 104, avec 10 compagnies seulement, la 4« batterie légère, et un escadron du 2« régiment de cavalerie parti de Malnoue, étaient arrivés à Noisy ; recevant de nouvelles demandes.de renforts, le colonel d'Abendroth envoya , sur le sud dé Villiers et sur Cœuilly, le i*' bataillon 104, les 3« et 4« batteries légères, et un escadron, sous les ordres du magor Schœnberg, du 5* régiment de cavalerie, les six autres compagnies 104, les 2« et 3« bataillons du régiment 106, ayant déjà été envoyés au nord do Villiers.

Pendant tout ce temps, l'artillerie française, qui commandait la position de Villiers, l'écrasait de ses feux sur le flanc droit et à revers. Nos troupes fondaient visiblement, sans toutefois faiblir un seul instant. Vers 1 heure et demie , le feu sur Villiers so ralentit, pendant qu'une batterie française venant de Rosny défilait ^sur le pont jeté sur la Marne à Neuilly et se dirigeait contre Noisy»le-Grand.

Pour garantir cette position, faiblement défendue, le 1" bataillon 106 et le 3* bataillon lOT prirent position à l'est et au nord du village, et les 4 bataillons 104 et 106, qui garnissaient les crêtes des hauteurs au nord de Villiers, les abandonnèrent pour se porter au haut du cimetière de Villiers.

Le général en chef, qui s'était porté sur les hauteurs de Montfermeil, puis sur celles de Chelles, avait, dès midi, reconnu lo caractère démonstratif des opérations dans la vallée sur la droite de la Marne et envoyé la 4* section d'artillerie à pied, major von der Pforte, rejoindre par Pomponne la partie de la 47« brigade, retenue sur la rive droite de la Marne. En même temps, il envoyait le régiment de fusiliers n^ 108, et le 3« bataillon du régiment des grenadiers de la Garde, n« 100, comme nouveau renfort, à Chelles

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et à Gournay, et faisait prendre position, sur la hauteur en arrière do CheUeSy à la â« section d'artillerie à pied. Vers 4 heures moins on quart de l*aprè8*midi, simultanément avec i'atta(iue sur Noisy-le-Grand et la concentration des troupes au nord de Villiers, la 4* section d'artillerie à pied arriva à Noisy-le-Grand et reçut du commandant de la 24* division d'infanterie , générallieutenant Nehrhoff de Holderberg» Tordre d'entrer en ligne eatre Noisy et Villiers , avec 3 batteries de l'artillerie de la divisioa. A 4 heures, 42 pièces d'artillerie tiraient sur Tennemi, qui, s'avançant de Bry« escalada la crôCe des hauteurs, et y ouvrit le feu de ses batteries. Bien qu'il commençât à faire sombre, l'effet do notre artillerie fut rapide et brillant. L'ennemi se replia, ses batteiies se retirèrent, et, vers 5 heures et demie « le combat prit fin.

Le 2« bataillon de chasseurs et le ^^ bataillon n« 105, sous les ordi*es du colonel d'Elterlein, commandant la 47« brigade d'infanterie, étaient arrivés, vers 4 heures, de Chelles à Noisy. Ils essayèrent, mais en vain, de s'avancer plus à l'ouest de cette dernière position, pour atteindre Tennemi dans sa reti*aite. Quant au général-majer de Uoitsenstein, avec les détachements précédemment cités du major de Sehtenberg, et appuyé par les troupes wurtembergeoises que le général d'Obernitz lui avait amenées après l'heureuse issue du combat de Montmesly, il avait réussi, au prix de pertes considérables, et grâce à l'héroïque bmvom-o do ses soldats, à repousser énergiquement l'ennemi de Viliiers et do Cœuilly.

Au dire des prisonniers, les Français, sous les ordres du général Duorot, étaient au nombre de 50|000 pour l'attaque de nos positions entre Cœuilly et Bry seulement.

Le général Trochu avait, plusieurs fois de suite» ramené ses troupes en avant. Il avait, néanmoins, été repoussé par l^armêe allemande, cependant bien moins nombreuse.

Les pertes du corps d'armée de la Saxe royale furent considérables ; elles s'élevèrent à 10 officiers et 869 hommes pour les 10 bataillons et demi, les 1 batteries et les 3 escadrons de la 24« division d'infanterie et du corps d'artillerie, qui avaient pris pai*l à la bataille du 30 novembre. Les nombreux prisonniers restés entre nos mains appartenaient tous aux troupes de ligne, et principalement à la 3« division du 2« corps de la 2* armée. Ils étaient abondamment pourvus de vivres pour plusieurs joui*s.

Dans la journée du 30 novembre, les forces ennemies, à droite do la Marne , s'étendaient jusqu'au delà de Saint-Denis. — Dans les environs de cette dernière localité, les Français se bornèi*ent à quelques démonslralions offensives. Entre Avrou et Ncuilly-

sur-Marne, ils ne purent s*einparer qu^ de 1« Villa-Evrard, position où noud n'avions depuis longtemps qu'un poste avancé peu important, ef qui leur permit néanmoins de cerner denx bataillons du i05« régiment de la Si® division, qui, sous les ordres du colonel de Tettan, occupait les avant-postes de Ghelles.

Il faut ajouter que la Villa-Evrard fut reprise le 2 décembre , ce qui rétablit notre ligne d'avant-postes entre la Marne et le canal de l'Ourcq dans sa position principale. La Maison -Blanche, fut aussi évacuée le SO novembre, lors de la marche en avant de Tennomi , mais elle fut réoccupée par nous le soir môme.

Le télégramme suivant, adressé par le général d'Obernitz au roi de Wurtemberg à Stuttgard , constate l'acharnement ^ du combat :

« Château le Piple, 30 novembre. — Les 2« et 3« brigades, appuyées par la 7* brigade prussienne, ont aujourd'hui repoussé, après un violent combat de cinq heures, une sortie opérée contre Montmesly par une division de troupes de ligne. La 1'" brigade a maintenu depuis le matin jusqu'à la nuit la position entre Villiei-s et GœuilIy-sur-Marne contre l'attaque énergique d'une division ennemie.

« IjCS Français ont également été repoussés sur ce dernier point, en laissant plus de 300 prisonniers entre nos mains. Nos pertes sont de 6 officiers tués et de 34 blessés, et 700 hommes tant tués que blessés. Parmi les blessés se trouvent les colonels Berger et Htigel , le lieutenant - colonel Linck, et le major Schceffer. »

Compotitioii de rartillerie de là 2« armée au batailles de la Marne.

Commandant de l'artillerio, général de division FREBAULT.

Chef d'état-major, colonel VILLIERS.

Sous-chef d'état-major, lieutenant-colonel DE COSSIGNT.

1er CORPS D'ARMÉE (Général BLANCHARD).

Commandant de rartillerie, général de brigade d'Uhezi. Chef d'état-major, lieutenant-colonel Lucas.

DEFENSE DE PAHIS.

fr* élYlal«a (Général DE MALROY).

Commandant ( *'* ba*^"'»« d'artill. mar. 4 capU. RévUlon. jj ^ î 2» id. id. 4 id. Beraard.

f 12« id. id. mitr. id. Chaule.

Commandant Magdelainb.

8< divtoiaa (Général FARON).

3« batterie du 9* régim* 4 capit. Lourdel-Hénaut.

4* id. 13* id. 4 id. Party.

3* id. 13* id. mitr. id. Ttritric de Sazilly.

RéMrrc ta t*' Corps (colonel HENNET).

Commandant

GUIZE.

Commandant Durât.

3« batterie du 6* régim* 12 capK. Paret.

4* id. 6« id. 12 id. Salle.

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