C- id. 22* id
id.
Bajau.
?• îd. 22* id.
id.
Froment.
Commandant | Babinet. j
!!• batterie d'artill. mar.
8* id. du22«régim« 10* id. 22« id.
capît.
id.
id.
Geoffroy.
Delagrèver
Vabre.
Cm troU l»ttorl«t à |
rai Fat*, ûmum U prai- ] ^ulle de Salnt-Maur. 1
[ 15- batterie du ?• régîm»
i 16* id. 15- id.
10* id. ?• id.
capîL id.
id.
Brasîlier.
de Donato.
André.
ProtegUtion de M. Mavrioe JoUy.'
Dans son numéro du 2 février dernier, le Figaro a reproduit notre récit des événements du Si octobre 1870; à oatieoocasion, M. Maurice Jolly a protesté contre l'exaetitude de ceitains détails (i).
Cette protestation est fondée, nous le reconnaissons; nous en avons trouvé la preuve dans le procès-verbal de la séance du 31 octobre, rédigé sur place par M. Dréo, gendre de M. Gamier- Pagès. Dans l'intérêt de la vérité, nous croyons devoir reproduire textuellement cet important document historique.
Lundi 81 Octobre (3 h. 1/4 du soir).
M. le lieutenant-colonel Ghkvruu, commandant de l'Hétel-de- Ville^ est appelé pour donner des explications sur les dispositions de la foule qui a, dés le matin, coramenoé à s'introduire dans le rez-de-chaussée de Taile droite de THôtel-de- Ville (côté de la mairie).
M. Chbvruu annonce que malgré tous ses efforts, qu'il prie de reconnaître, la foule a déjà envahi la moitié de l'Hôtel-de-Ville et menace d'envahir également les appartements réservés au Gouvernement. Des bataillons de la garde nationale appelés sur la place ont mis la crosse en l'air en face du peuple. Il se déclare impuissant à protéger le Gouvernement.
M. Et. Arago, maire de Paris , lit une délibération prise par les vingt maires de Paris, de se prononcer pour des élections municipales immédiates ; il supplie, dans les circonstances actuelles, d'avoir égard à cette délibération et d'y donner satisfaction.
M. Picard fait une proposition qui se subdivise en trois parties: 1° Le Gouvernement se met aux voix ; 2*^ Les conseillers municipaux sont élus; 3^ Aucune décision sur l'armistice ou sur la paix ne sera prise sans que la population ait été consultée. M. Arago déclare qu'à aucun titre il n'accepterait la première
(1) Dôlails empruntés au rapport officiel de M, Chaper cl à la dépoeilion de M. le préfet de police Cresson.
DÉFENSE DE PARIS. i4l
proposition de M. Picard ; il n'accepterait en principe que les élections municipales.
M. TsuRT espère concilier les deux opinions en accordant les élections municipales, avec facilité pour les membres du Gouver-* nement de présenter leur oandidaturs.
M. le général Troghu fait observer que si Ton proeède à ees élections . avec tant de précipitation, on verra éclater les dé^ sordres qui ont gâté les élections des officiers de la garde na* tiOnAle.
M. Et. Araoo fait observer que c'est là une erreur; presque tous les maires actuels devant être, suivant lui, réélus.
M. Picard croit en effet que ces élections pourront bien être un peu désordonnées ; mais mieux vaut ce désordre partiel que le désordre général qui est menaçant.
M. Fehry propose que l'on déclare seulement qu'il y aura des élections municipales sans en fixer la date. Cette proposition, mise aux voix, est approuvée par 5 voix contre 3.
Ont voté pour : Arago, Picard, Favre, Ferry, Pelletan.
Ont voté contre : Trochu, Gamier-Pagès, J. Simon.
M. Et. Araqo, maire de Paris, quitte le Conseil pour aller annoncer cette résolution à la foule qui a déjà complètement envahi la grande salle de la République.
M. Picard renouvelant sa proposition, demande qu'on fasse voter sur chacun des membres du Gouvernement.
MM. J. Favrb et Ferry s'opposent à cette proposition, qui leur semble incompatible avec les élections municipales; d'ailleurs il est impossible d'exposer le Gouvernement actuel à des divisions funestes.
M. FsRRY persiste à croire que les membres du Gouvernement doivent prendre part comme candidats aux élections municipales. MM . Favrb et Arago repoussent cette idée comme impraticable.
M. Ferry déclare qu'il lui paraît certain que la municipalité élue voudra être Gouvernement; en conséquence, il croit que tous les membres devraient en ôtre élus, par scrutin de liste, pour tout Paris.
M. Picard insiste pour que le Gouvernement lui-même se soumette à l'élection.
A ce moment, le tumulte qui règne dans les salles voisines arrive jusqu'aux oreilles des membres du Conseil dont il trouble les délibérations. On entend la foule qui frappe aux portes.
MM, les chefs de bataillon, Charles-Louis Chassinj Cyrille, suivis de MM, Maurice JoUy, Le Français, et de quelques autres
44â DÉFENSE DE PARIS.
ciloyenSf ^introduisent violemment dans la salle. Ils afûrmest qu'ils sont poussés par la foule qui avance^ mais ils réclament énergiquement la Commune et la formation d'un nouveau cabinet par lés soins de M, Dorian.
M. J. Faviub leur fait observer que le Conseil ne peut délibérer ainsi sous le coup de la violence. Faites de nous, dit-il, ce que vous voudrez, mais ne croyes pas nous' arracher quoi que ce soit par la crainte.
MM. Chassin et Maurice Jolly protestent de nouveau de leurs bonnes intentions à l'endroit du Gouvernement, près duquel Us insistent, prétendent-ils, pour éviter une collision menaçante.
M. le général Tamisixr entre vivement à ce moment. Il déclare ne plus savoir à quoi s'en tenir ; il entend proclamer partout qu'il n'y a plus de Gouvernement. Presque au même moment, on entend la porte de la première salle céder bruyamment sous l'effort de la foule qui se précipite dans la salle des séances en poussant des cris de : « Vive la Commune ! ■ et en insultant les membres du Gouvernement.
MM. le général Troghu, J. Favrb, Garnier-PaoIes, J. Siiiox, Pbllbtan, Fbrrt, Arago restent à leur place autour de la table du Conseil (M. Picard s'est retiré). La foule les entoure et les serre de toutes parts sans même leur permettre de pouvoir se lever. M. Gamier-Pagès ne peut parvenir à se faire entendre. C'est à peine si M. J. Favre peut prononcer quelques mots. Des orateurs furieux se précipitent sur la table, du haut de laquelle ils essayent de haranguer la foule dont ils ne peuvent eux-mêmes dominer le tumulte. Le désordre esta son comble, e/ dure jusqu'à 5 heures ijS, entremêlé de menaces de mort à l'adresse des membres du Gouvernementy dont F arrestation est demandée par les plus modérés. A/. Flourens fait entrer, (Les mots en italique sont barrés sur l'original.) On demande simultanément la démission et l'arrestation des membres du Gouvernement qui se refusent à la concession.
M. Flourens fait entrer ses tirailleurs volontaii-es, auxquels il confie la garde des membres du Gouvernement, qui se trouvent être ainsi ses prisonniers.
Les motions violentes s'entre-croisent de plus en plus : ' le désordre allant toujours croissant, il devient impossible de reproduire les phases des diverses scènes qui se suivent.
XXXÏ* Extrait le Thittoriqne de i'artillerio da 3^ corpt do la 2« armée.
Le 3* corps se mit en mouvement avant le jour, pour venir se masser au rond-point de Plaisance.
A 8 heures du matin ^ la division de Bellemare se forme en bataille face au village de Neuilly» perpendiculairement à la route» la 10* batterie du â2«, qui avait été mise à sa disposition, à droite» la 16* batterie du 2« avec la l'* brigade, et à gauche, la 16* batterie du 10* avec la 1» brigade.
La batterie de mitrailleuses, 15* du 11*, était en réserve sur la route, un peu en arrière de la 10* batterie du 22*.
La division Mattat prenait position avec son artillerie à la droite de la 1** division, dans Tangle formé par les routes de Strasbourg et de Bry-sur-Marne.
L'artillerie de réserve était groupée près du rond-point de Plaisance ; l'équipage de pont arrivait près du fort de Nogent.
Ces dispositions prises, le général commandant Tartillerie fit rechercher remplacement le plus convenable pour l'établissement du pont ; il désigna un endroit d'un accès facile, situé un peu en deçà du canal d'assainissement qui longe l'usine à chaux ; il reconnut, en même temps, que le nombre des bateaux mis à la disposition du 3* corps , et qui n'avait pas été indiqué à l'avance , permettait d'établir deux ponts au lieu d'un, et il détermina l'emplacement du deuxième pont à 100 mètres en aval du premier ; enfin , il remarqua , chose importante , que l'écluse de Neuilly était fermée, et qu'il existait une différence de 3 mètres au moins entre les niveaux de l'eau dans le canal de Chelles et dans la Marne.
Dès que le mouvement de la division de Bellemare fut suffisamment prononcé, le général d'artillerie, pour protéger la construction des ponts, fit disposer, en amont et en aval des endroits choisis, 4 batteries de 12, qui reçurent l'ordre de fouiller Noisy-le-Grand, Neuilly et Bry, ainsi que les oseraies placées entre ces deux derniers villages, que Tennemi devait occuper, et d'où il pouvait inquiéter les travailleurs. En amont, s'établirent : la 8* batterie du 12* et la 11* batterie de marine ; en aval, la 6* batterie du 21*, et la 12* batterie du 3*.
Mais avant d'entreprendre l'établissement des ponts , il était nécessaire qu'on fût maître du village de Neuilly et de l'écluse, afin d'empêcher l'ennemi de déverser Teau du canal dans la Marne, et on dut attendre que la division de Bellemare eût oc-
eupé ces positions. Ce premier résultat fut facilement obtenu : la brigade Golonieu Ait bientôt solidement établie dons Neuilly avec la 16« batterie du iO«, qui prit position en avant de ce village, le long do la route qui conduit de Neuilly à Gagny. ' Commencés à 11 heures et quart, les deux ponts furent terminés à midi , grâce au zèle que déployèrent les 85 pontonniers de la ICh comjfagnie du capitaine Saînt-Remy, aidés par 80 zouaves donnés comme auxiliaires.
Pendant ce temps , deux nouvelles batteries de 19 , la 10* du 22* et la 3* du même régiment étaient établies dans des positions dominantes sur la rive droite de la Marne,* dans Vintérieur du village du Perreux , pour protéger le passage des troupes du S^ corps, et soutenir Taile gauche du S' corps de la 2« armée, déjà avancée sur les hauteurs entre Bry et Villiers, el qui commençait à plier : les deux dernières batteries de \î, ll*du21«, et 2« du 7«, et la batterie de 4, 20« du 11° de la réserve, étaient tenues prêtes à partir, dans une position centrale et bien déûlée des vues de Tennemi, au rond-point de Plaisance; les batteries de la division Mattat avaient aussi pris position sur les hauteurs du Perreux.
Vers une heure, le groupe Heille et une section de la 8« batterie du 22* vint remplacer à Neuilly la brigade Golonieu, ainsi que la lô^* batterie du 10«; et à 2 heures, la division de Bellemare franchit la Marne avec son artillerie, sur les ponts construits par le capitaine Saint-Reroy, pour attaquer le flanc droit de renneini, en gravissant les hauteurs occupées par lui ; la 16* batterie du S«, la 16* du 10« et la 15* du 11% traversèrent Bry-sur-Marne et prirent position au-dessus de ce village. Les deux batteries de 4, 3* et 4«du 10« de la division Mattat, qui avaient traversé la Marne au pont de Petit-Bry, vinrent aussi se joindre à elles (la raideur des pentes à franchir avait fait i^enoncer à envoyer des batteries du calibre de 12), accompagnant la portion de la brigade Daudel de la 2* division, envoyée pour appuyer la division Bellemare.
DEFENSE DE PARIS. iiô
Note complémtntaire donnée par le général Princeteau, le 15 mai 1872, inr l'étaliUsaement des ponU de NeniUj, le 30 novembre 1870.
Les seuls ordres émanés de M . le général Ducrot que j'aie re* çus sont les deux ordres généraux que le commandant en chef a fait paraître à Neuilly, les 25 et 26 novembre 1870, pour déterminer les mouvements préparatoires et les opérations contre les plateaux d'Avron et do Villiers.
Les opérations au delà do la Marne n'ayant pu commencer lo 29, ainsi qu'il avait été prescrit, par suite du retard survenu dans In construction des ponts, les dispositions d'abord adoptées ont dû être modifiées; mais je n'ai i^eçu à ce sujet que l'ordre précédent, dicté à 4 heures de l'après-midi par M. le général d'Exea, commandant le d« corps de la 2<» armée.
Quant aux dispositions prises pendant les opérations des 30 novembre, 1" et 2 décembre, il en est rendu compte dans l'historique ci-aprôs, dont copie a été adresséo au Ministre :