‹ La défense de Paris, 1870-1871Chapitre 32 sur 52 · ATTAQUE DU BOURGET · texte numérisé non relu

ATTAQUE DU BOURGET

DispMiUoni d'il L*amiral de La Roncière organise ses troupes en trois sur le Icôrget. colounes : la première, aux ordres du général Lavoignet, 134* de ligne, 6* régiment de mobiles et bataillon des francs-tireurs de la Presse, est établie aux abords de la roule de Lille, entre la Groix-de-Flandre et la Suiferie (3). La deuxième, commandée par le capitaine de frégate Lamothe-Tenet, deux bataillons du 138* de ligne, 3* ba-

il) Quelques Jours après, le 5 décembre, arrivent deux pigeons reconnus pour être partis avec le ballon 7e Daguerre, que l'on savait tombé à Ferrières aux mains de Tennemi;... on remarque que les dépêches ne sont pas attachées suivant le mode employé jusque-là par l'administratioD française. On les ouvre et on lit :

« A Gouverneur de Paris, « Rouen occupé par les Prussiens qui marchent sur Cherbourg, popu- « lalion rurale les acclame. — Orléans repris par ces soldats. — Bourges < et Tours menacés. — Armée de la Loire complètement défaite.— Résis- % tance n'offre plus aucune chance de salut.

c Signé : A. Lavbutujon. »

Or, M. A. Lavertujon, qui nous envoyait cette dépêche de Rouen, était à Paris et faisait fonction do secrétaire du Gouvernement. (2) Voir croquis n<* 19.

(8) Voir aux pièces justificatives, n^ XVUI.»

XVII l

taillon de fusiliers marins, 11* bataillon de mobiles de la Seine, deux compagnies de fusiliers marins et une batterie de 4 servie par l'artillerie de marine, est massée en avant de la Courneuve.

La troisième, formant réserve à la Courneuve, sous les ordres du général Hanrion, comprend le 135* do ligne, un bataillon du 138* de ligne et un bataillon de marche de la garde nationale de Saint-Denis.

A la Croix-de-Flandre, une batterie de 12 et deux canons de 24 sont prêts à se porter sur le Bourget.

Le signal de Touverture du feu doit être donné par les VrÂgons blindés qui s'avanceront sur la ligne de Soissons au delà de la Courneuve.

Pendant que les forts de l'Est tireront sur le Bourget, la partie droite de Dugny et Pont-Iblon, la batterie de canons et les mortiers de la Courneuve, le fort d'Aubervilliers couvriront d'obus le village du Bourget ; sur la droite, l'artillerie de la division Berlhaut battra la partie Est de ce village jusqu'au moment où les troupes y entreront, puis la route de Lille entre le Bourget et le Pont-Iblon, pour empêcher l'arrivée des renforts.

La brume s'étant un peu dissipée à 7 heures trois ^ Attaqua quarts, le signal du feu est donné par les wagons blindés. Une canonnade des plus violentes éclate sur le Bourget. Au bout d'un quart d'heure, bas le feu sur toute la ligne... les troupes de l'amiral s'élancent en avant. La colonne du capitaine de frégate Lamothe- Tenet doit aborder le village par l'Ouest et le Nord pendant que la colonne Lavoignet cherchera à l'enlever par le Sud.

Les marins, malgré le feu violent du cimetière, passent la Mollette en amont du pont de Dugny et se dirigent droit vers le Nord, puis, tournant brusquement à droite, ils s'élancent en colonne sur la partie Nord-Oues(

du Bourget

Ï5t DÉFENSE DE PARIS.

•du village ; de tous les murs, des enclos, part une fusfllade terrible qui fait de cruels ravages dans les rangs do nos fusiliers marins; c'est à ce moment que tombe frappé à mort le brave lieutenant de vaisseau Boisset... Enlevant énergiquement ses soldats, le commandant Lamothe-Tenet surmonte tout... Les premières barricades, un ouvrage, sorte de blockaus (1), sont pris d'assaut.

Maîtres du carrefour, de l'église, nous enlevons une à une les maisons du côté Ouest de la grande rue, malgré la mousqueterie de l'ennemi tirant par les créneaux, les fenêtres, les soupiraux de cave et un feu d'enfilade du bas du village... La lutte fut longue et acharnée... lés Allemands ne quittaient leurs créneaux qu'à la dernière extrémité ; il fallait pour ainsi dire venir les y saisir, alors ils so sauvaient en jetant leur fusil entre les jambes de nos hommes.

Pendant ce temps, le 138* de ligne, suivant à peu de distance, pénètre par une brèche dans le cimetière, abandonné grâce au mouvement tournant des marins, de là il se rend maîlre des maisons voisines de la Mollette.

à9h'^VÏ£nie ^ ^ houros ot dcmîo nous occupons toute la partie Nord-Ouest du Bourget (2), depuis l'église jusqu'à la mairie : les marins aux abords de la rue de l'Église, les 1" et 2* bataillons du 138* entre la rue de Dugny et la mairie ; deux compagnies repassant la Mollette non loin du lavoir occupent le parc et le château. Le 3* bataillon du 138* reste en réserve près du cimetière.

Attaque Pendant que la cOlonne Lamothe-Tenet prend posses-

voigneu siou de la partie Ouest du village, la colonne de droite,

(1) Ce blockaus élaîl siluô à droite de la roule do Dugny, à loO mètres environ du Bourgol.

(2) Voir croquis n»- iiO.

DÉFENSE DE PARIS. iSS

aux ordres du général Làvoignet, dirigée sur là partie Sud du Bourget, rencontre une vive résistance. Les 1^' et 3* bataillons du 134% les franc-tireurs de la Presse, formant première ligne, mcu^chent des deux côtés de la roule de Lille» soutenus en arrière par le 2* bataillon du 134*. La maison du garde-barrière, la gare du chemin de fer, sont facilement enlevées ; mais au delà de la chaussée, nos hommes accueillis par un feu des plus intenses sont arrêtés court.

La l'* compagnie du 3* bataillon et les franc-tireurs de la Presse parviennent cependant à enlever quelques maisons, quelques jardins, mais les Prussiens embusqués le long des murs les criblent de balles, et bien^ tôt nos tirailleurs sont forcés de s'abriter derrière une ligne de fossés, de débris de murs, parallèle au chemin de fer, entre la route de Drancy et la maison du garde.

Les autres compagnies du 134* de ligne ayant abordé le chemin de fer à gauche de la route de Lille, se trouvent rompues, désorganisées par les haies, les fossés qui bordent la voie ; mélangés, pêle-mêle, nos hommes débouchent dans une plaine absolument découverte, limitée à 400 mètres par un long mur blanc d'où part une fusillade terrible. En un instant les morts, les blessés s'entassent, quelques braves vont de l'avant, mais ils se brisent contre cette muraille où aucune brèche n'a été faite.

Ainsi , pendant que la colonne Lamothe-Tenet enlevait si brillamment la partie Nord-Ouest du Bourget, la colonne Làvoignet était arrêtée presque dès les premiers

Entre ces deux colonnes se trouvait un grand intervalle. Un effort dirigé de ce côté aurait eu très-probablement raison des défenseurs du mur blanc^ presque

entièrement isolés entre les troupes du commandant Lamothe-Tenet et celles du générai Lavoignet. Malheureusement les réserves restèrent immobiles.

Les réserve! Vers 10 houros, vovaut l'action s'arrêter, le Gouver-

•e portent eo ' d '

•^»^'' neur qui se trouvait sur la route de Lille fit avancer une batterie à hauteur de la Suiferie, afin de faire brèche dans le mur blanc. En même temps l'amiral de La Roncière porte en avant la colonne Hanrion pour soutenir la brigade Lamothe-Tenet.

De son côté l'ennemi fait avancer de nombreux renforts ; ses colonnes, accourant dans la partie Nord du village, rendent très-critique la situation de la colonne Lamothe-Tenet, qui ne cessait de faire les plus vigoureux efforts pour avancer et se relier à Taltaque du Sud.

Sans renforts depuis le matin, l'énergique commandant se trouvait aux prises avec les plus grandes difficultés. L'ennemi, solidement établi dans la partie Est de la grande rue, opposait à nos attaques une inébranlable résistance. Fusillés à bout portant par une terrible mousqueterie de toute la ligne des ma sons de l'autre côté de la rue, assaillis par une pluie^ d'obus, obus prussiens, obus français, tombant dans tous les sens, venant de toutes les directions, soldats et marins ne peuvent pousser plus avant. Une seule compagnie, commandée par le lieutenant Peltereau s'était, dès la prise du village, portée sur la lisière Sud pour prendre à revers les défenseurs de la barricade de la grande rue et faciliter le mouvement du général Lavoignet. « Bientôt, séparé de tous, ce brave officier succombe avec sa compagnie ; l'ennemi seul est témoin de son héroïsme. »

A ce moment, une vigoureuse attaque sur la droite, du côté de Drancy, aurait certainement amené la chute du Bourget. Celle action eût été facilo, car les franctireurs de la division Berlhaut, ayant à leur droite ceux

de la division Courty, occupaient toute la ligne du chemin de fer en avant de Drancy. Mais le général Berthaut, contraint de se conformer aux ordres du viceamiral, assistait passivement à cette lutte ; son artillerie seule battait l'entrée nord du Bourget. Il prit néanmoins ses dispositions pour se porter immédiatement sur le village si Tordre lui arrivait. La brigade de Miribel s'avança jusqu'à la route de Drancy au Bourget, formant deux colonnes : le régiment du Loiret à droite, le régiment de Seine-Inférieure à gauche.

Le 125* de ligne de la division Courly est en même temps envoyé à la Suiferie pour soutenir l'attaque du Bourget.

Cependant notre artillerie continuait à canonner énergiquement Tusine du mur blanc, les wagons blindés étaient venus même joindre leur feu à celui des canons de 12; mais, sauf quelques obus ébréchant le mur, la plupart des projectiles tombaient dans le Bourget et faisaient autant de mal aux marins du commandant Lamothe-Tenet qu'aux Prussiens ; le fort d'Aubervilliers, qui tirait sur les réserves ennemies, envoyait également ses coups trop courts au milieu du village.

Vers H heures, le commandant Lamolhe-Tenet, dé- Le eommandam

, . , ,, , Lamotbe-Tenei

cime par notre canon autant que par celui de 1 ennemi, , «vacud

*^ ^ ^ . ,, le Bourget

ne se sentant pas soutenu, se voyant menace d être entouré par les masses allemandes, se décide à ordonner la retraite. Elle se fit rapidement mais sans désordre : il tf y avait pas de temps à perdre, l'ennemi occupant aussitôt les abris que nous abandonnions, nous couvrait de balles. Nous perdîmes surtout beaucoup de monde en gravissant les pentes rive gauche de la Mollette pour atteindre le point 41, derrière lequel on se mit à l'abri, pendant que la batterie de 4 de la brigade placée un peu en avant ouvrait le feu. • . Arrivé de l'autre côté de la

La f> armée

se

porte en avant

(0 beures).

Mollette, le commandant Lamothe-Tenet s'étant aperçu qu'une demi-compagnie de marins était restée dans le blockhaus tout au haut du village. . . envoie son oflîcicr d'ordonnance, M. J. Collard, la chercher... Ayant eu son cheval tué, cet officier retraverse à pied tout ce terrain sillonné de balles et parvient à accomplir complètement sa mission... Malheureusement, sur d'autres points, un certain nombre de marins et de soldats furent laissés dans les maisons. . . Une compagnie environ du 128*, commandée par le capitaine de Montforand, est entourée avant qu'on ait pu la prévenir du mouvement de retraite... après avoir résisté énergiquement^ elle est obligée de mettre bas les armes...

' Le général Hanrion venant de La Courneuve arrivait sur la Mollette avec sa colonne au moment môme où le commandant Lamothe-Tenet finissait de se retirer ; il ne put que protéger et couvrir la retraite (1).

Le général Ducrot, dont les troupes étaient massées, depuis le matin , entre Drancy et Bondy, suivait avec atixiété le combat engagé sur sa gauche ; à la fusillade

(1) Le village da Uourgot avait été déclaré par les Allemands le liea . 7e plus sanglant des environs de Paris^ à la suite du combat du 90 octobre. Dans lo 2< volume, nous avons raconté l'héroïque résistance opposée à la garde prussienne par sept compagnies du 138* de ligne et des fractions des 12* ot 14* bataillons de mobiles de la Seine, aiasi que par les franc-tireurs de la Presse. Cernées dons le village, toutes ces troupes luttèrent pondant plusieurs beures avec une indomptable énergie; chaque maison coûtait à l'onnomi do nombreuses victimes, et ce n'est qu'à midi et deiui qu'il était déflnitivement maître do la position* mais à quel prix ! 33 officiers (dont 16 lu 6s) et 444 hommes étaient hors de combat. Nous sommes heureux do pouvoir donner, aux pièces justificatives n» XIX, des récits allemands qui témoignent hautement en faveur de la bravoure déployée par nos soldats et nos officiers.

Les commandants Baroche, du 12* mobiles, et Brasseur, du 138*, avaient fait l'admiration des Allemands. Le lendemain de Taffaire, ils renvoyaient par un parlementaire, à nos avant-postes, Fépée, la croix et l0 chronomètre de M. Baroche. Quantàl'épée du commandant Brasseur, eUa lui fut renvoyée directement par le prince de Wurtemberg , alors qu'il était encore en captivité.

vive et prolongée du Bourget, il distinguait sans peine que l'amiral de La Roncière rencontrait plus de résistance qu'il ne Tarait prévu.

D'après les instructions , la deuxième armée ne devait se porter en avant qu'après la prise du Bourget, au signal d'un drapeau français hissé sur le clocher de l'église. Elle devait alors marcher sur le chemin de fer de Soissons, puis sur Blancmesnil^ Aulnai, Sevran.

Comprenant l'embarras où l'on était dans le Bourgel, . voyant les renforts ennemis déboucher par toutes les routes et chemins, entre la Mollette et la Morée, pour converger sur le Bourget, le général commandant la deuxième armée pensa qu'un plus long [retard pouvait être funeste.

En entrant en ligne, la deuxième armée arrêtait ces renforts qui menaçaient d'écraser les troupes de l'amiral ; de plus, c'était peut-être le moment favorable pour enlever rapidement les positions adverses , naturellement dégarnies par les secours envoyés au Bourget. Le général Ducrot, n'hésitant pas à prendre sur lui d'agir immédiatement, lance en avant la division Bellemare y et prescrit à l'artillerie de prendre position en avant de Drancy (9 heures).

Après une courte fusillade, le bataillon des franctireurs de la division de Bellemare enlève la ferme de Groslay (1), chasse les tirailleurs ennemis embusqués dans le ravin du Moleret, et arrive bientôt au chemin de fer de Soissons. La brigade Colonieu suit à petite distance, et vient garnir toute la rive gauche du Moleret, les 2* et 3* bataillons du 136*, avec le colonel AUard, occupent l'intervalle entre Groslay et le petit

Prisa de la fenno de

Gruslay et do la ligDe

du

chemin de fer

de SoîBsous.

(1) La ferme de Groslay fUt immédiatement mise en étal de défense par les sapeurs du capitaine Lenclos ; on établit des passages sur les fossés voisins, des tranchées furent commencées. «

lÔO DÉPENSE DE PARIS.

bois, détachant en avant deux compagnies, pour observer la ferme de Nonneville; le 1*' bataillon du 136* et le régiment du Morbihan , sous la conduite du colonel Colonieu, prennent position derrière le remblai du chemin de fer, depuis le passage de Bïancmesnil, se prolongeant, à droite, le long du Moleret, jusqu'à la ferme de Groslay.

La' brigade Fournès s'établit en deuxième ligne, entre Groslay et la ferme des Alouettes.

' En même temps, la division Mattat et la brigade Reille, traversant le canal de TOurcq, viennent se placer en réserve, en arrière de la route de Bondy à Draticy.

Les franc-tireurs de la division Mattat et la compagnie des tirailleurs parisiens couvrent les abords de Bondy , se reliant , d'un côté , au 136* dans le bois de Groslay, de l'autre, aux troupes du vice-amiral Saisset. pojiition de la A 10 houros, pendant que la lutte se poursuivait avec àiohoures. achamemont dans le Bourget, nous étions maîtres de toute la ligne du chemin de fer de Soissons, jusqu'au passage du Moleret ; notre front se courbait ensuite à droite, en suivant ce ravin et passant par Groslay, le petit bois, jusqu*à Bondy.

Notre première ligne, assez forte (franc-tireurs des divisions Berthaut, Courty et Bellemare, brigade Colonieu), était soutenue par les divisions Berthaut, Courty, Mattat, les brigades Fournès et Reille , qui formaient une deuxième ligne depuis Drancy jusqu'à Bondy.

En arrière, la division Faron se tenait en réserve entre Bobigny et la route des Petits-Ponts , ayant à sa gauche la division de Susbielle ; la cavalerie , plus en arrière encore.

Enfin, comme dernière réserve, la garde nationale occupant une li^ne suivant Pantin, Noisy-le-Sec , Mer-

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lan, Rosny, Neuilly-sous-Bois, reliant ainsi la deuxième et la troisième armée.

Pour appuyer son mouvement sur Aulnai-les-Bondy, ^^'^Sf/^^'i^**'*'" le général en chef prescrit un grand dispositif d'artille- ■"ie^noîre'*' rie suivant le front de notre première ligne (1). première ligne»

En avant de Drancy et le long du chemin de fer, prennent position les batteries des divisions Berthaut et Courly, pour coritre-battre l'artillerie de Blaiîcmesnil, et tirer sur les colonnes ennemies qui se dirigent sur le Bourget.

Deux batteries de 4, de la division de Bellemare, s'établissent également derrière le remblai de la voie ferrée, non loin du Moleret, ayant les mêmes objectifs.

Sur la droite, les quatre autres batteries, aux ordres du général de Bellemare, prennent position le long du Moleret, depuis le chemin de fer jusqu'au petit bois, pour battre le village d'Âulnai et les batteries fixes en avant ; la batterie de Textréme droite surveillant spécialement la ferme de Nonneville, et croisant ses feux avec l'artillerie de Bondy.

Toutes ces batteries se couvrent rapidement par de petits épaulements.

En deuxième ligne, en arrière de l'intervalle laissé libre entre les batteries , les divisions de Bellemare et Courty, deux batteries de 7 de la réserve générale s'établissent sur une éminence, à droite de Drancy.

AU heures, le feu commence sur toute la ligne; les Allemands nous répondent vigoureusement, et font avancer batteries sur batteries ; dix ou douze, prenant

(1) Dans chaque batterie les six pièces marchaient en tête, afin de rendre les mises en batterie aussi rapides que possible et de permettre de tenir les caissons à l'abri du feu de l'ennemi. Venaient ensuite les six caissons de l'« ligne, le l«r caisson portant un pont volant destiné à franchir les fossés ; les caissons de 2* ligne et les autres voiturei restaient provisoirement en arrière avec les réserves,

ni. n

en avant.

position sur le plateau entre la Morée et la Mollette, luttent avec notre artillerie du chemin de fer, pendant que les batteries de position d'Aulnai, de Sevran, canonnent notre flanc droit.

A midi, la 1" brigade de la division de Susbielle remplace la brigade Bocher, à Drancy; le H5* fait des tranchées en avant de ce village.

Le Gouverneur Le général en chef s'apprêtait à continuer son moule mouvement voment en avant, sous la protection de cette formidable artillerie , lorsqu'il reçut du Gouverneur le télégramme suivant :

« L'attaque du Bourget parait avoir échoué, nous € n'avons plus de point d'appui à gauche ; votre mou- € vement sur Aulnai et Blancmesnil ne peut continuer; « arrêtez-vous. » Il fallut s'arrêter.

Dès lors le combat ne consiste plus qu'en une violente canonnade de part et d'autre. Le Bourget, évacué par nos troupes, l'artillerie de la division Berthaut y concentre aussitôt son feu

L'artillerie de la division Courty, fortement éprouvée, se retire. La lutte, au centre, se continue par les 2 batteries de 7 à l'est de Drancy, et par des pièces de gros calibre (4 pièces de 24 court), établies à Drancy, dans le parc Ladoucette (1). .

Sur la droite, les deux batteries du général de Bellemare, établies derrière le chemin de fer, ayant également beaucoup à souffrir, la batterie de mitrailleuses Malaval, qui faisait face à Sevran, exécute un changement de front sur sa gauche, et se porte vers le chemin de fer; elle traverse le Moleret à l'aide de son pont

(1) La demi-balterie mobile Lavison (8 pièces de 16) ayant tiré jusqu'à 11 heures sur Blancmesnil, reçoit Tordre de quitter la tannerie de Bondy et se porte à Drancy, où, à midi et demi, elle commence le feu sur Ponl- Ib!on, se mêlant au combat d'artillerie déjà engagé sur ce point.

volant, et prend position à droite de la maison du garde. Les trois batteries réunies tirent par salves.

L'ennemi, chassé par cette pluie de projectiles, rétrograde hors de la portée de nos canons à balles.

Dans cette lutte, nos batteries sont vigoureusement soutenues par les gros calibres de position et des forts. L'artillerie de Bondy, sur Tordre du général Ducrot, bat Aulnai et ses abords.

Le feu du fort de Noisy est des plus efficaces : tirant t

sur rentrée de la forêt de Bondy, il couvre notre flanc droit, et empêche les Saxons de déboucher dans la plaine.

La vivacité de l'attaque ne le cède en rien à celle de la défense ; une masse de projectiles s'abat sur Drancy... nos fantassins, abrités dans les caves, derrière les murs, en souffrent peu ; également protégés par un épaulement, les artilleurs du parc Ladoucette continuent leur tir ; mais les deux batteries *de 7, établies à découvert, à droite de Drancy , sont cruellement éprouvées ; le feu des Allemands, parfaitement réglé, est des plus meurtriers, les obus tombent groupés au milieu des pièces... Nos artilleurs n'en font pas moins bonne contenance... ; cependant, a moitié désemparée, une de nos batteries se retire par ordre, l'autre continue à combattre, en prenant en avant une nouvelle position avec de grands intervalles.

Vers les 3 heures et demie ordre est donné aux batte- L'artnierie

cesse son ton,

ries avancées de se retirer. ^^ **• */*)•

Prolitant de ce mouvement, l'ennemi tente une attaque sur notre droite; ses tirailleurs arrivent non loin du chemin de fer ; bien que reçus par une vive fusillade des mobiles du Morbihan embusqués derrière le remblai de la voip, les Allemands poursuivent leur offensive et cherchent à nous déborder par la route des Petits- Ponts.. , I

Le commandant Buriel (1), à la tête de quelques compagnies du Morbihan marche résolument au-devant de Tennemi, le refoule, et dégage notre droite ; en même temps le colonel Golonieu repoussait, avec le 136*, une attaque en avant de Groslay... Dès lors, les Allemands ne cherchent plus à inquiéter notre retraite qui s'effectue avec le plus grand ordre.

Positions Le 21 au soir, toute la deuxième armée était bivoua-

do I«t 9r arméû , i , . t^ i ai .i«.

le sj au soir, queo daus la plame entre Bondy et Aubervilhers, avec une ligne d*avant-postes occupant les tranchées par Groslay, Drancy, la Suiferie, la Courneuve.

2* Corps. — Se reliant aux troupes du vice-amiral Saisset à Bondy, la division Mattat du 2* corps avait sa 1" brigade en arrière de la route de, Bondy à Drancy, avec un avant-poste à la ferme de Groslay, sa 2* brigade entre la route des Petits-Ponts et la route de Metz ; en arrière la division de Bellemare occupait la Folie-Bobigny.

Corps de réserve. — Drancy était occupé par les francs-tireurs de la division Foron et par le 122* de ligne ; le reste du corps de réserve se tenait en arriére du Petit-Drancy.

f •' Corps. — Les tranchées entre Drancy et la Courneuve étaient gardées par des troupes du 1*' corps : 4* bataillon de la Seine-Inférieure entre Drancy et la Suiferie ; 125* de ligne au nord de la route de Lille.

Les trois divisions de ce corps étaient bivouaquées : la division Courty, à Bobigny; la division Berthaut, près de la Croix de Flandre ; la division de Susbielle, en avant du fort d'Aubervilliers.

(i) Le lîeutonant-colonel Tiilet, commandant le régiment, venait d*étre blessé.

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