‹ La défense de Paris, 1870-1871Chapitre 37 sur 52 · COMBAT DE VILLA-ÉVRARD · texte numérisé non relu

COMBAT DE VILLA-ÉVRARD

Troapes mises

à la

disposition

du

Pendant que ces événements se passaient dans la plaine de Saint-Denis, le général Vinoy s'engageait dans la vallée de la Marne pour appuyer la droite de la deuxième armée ; tout d'abord il avait été laissé libre d'opérer comme il l'entendrait.

Les forces mises à sa disposition étaient (1) :

1*" La division d'Hugues, établie sur le plateau d'Avron géaôrai Yinoy. jont elle avait la garde ;

2"" Quatre bataillons de la brigade Biaise (llS*" et !•' bataillon du Hl*), tirés du Moulin-Saquet ;

3« Trente huit bataillons de garde nationale cantonnés à Rosny, château de Montreau, Neuilly-sous-Bois, Fon tenay-sous-Bois, Nogent ;

4* La division de cavalerie de la troisième armée.

Le général Vinoy commandant les positions depuis la redoute de Montreuil jusqu'à Nogent, se relierait à droite à la brigade d'André, qui occupait la plaine de Poulangis, à gauche à la position de Noisy, commandée par le vice-amiral Saisset.

Le général Blanchard devait prendre le commandement des troupes restant sur la rive gauche de la Seine et garder une attitude purement défensive.

De nouvelles instructions en date du 20 décembre précisaient davantage le but de l'opération que devait soutenir à grande distance Tartillerie du plateau d'Avron ; le général Vinoy prendrait pour objectif Villa-Évrard et

Instructions

donnéos

au général

Vinoy.

(1) Voir aux pièces JuslîÛcatiyes n* XX rinstruction du Gouverneur du 18 dôcembre.

Maison-Blanche, d*où il menacerait directement le pont de Gournay.

Le 49, le général Vinoy transportait son quartier général au fort de Rosny. L'action principale ayant été fixée au 21, la journée du 20 fut employée à combiner les mouvements du lendemain et étudier les moyens de défense d'Avron.

Ce plateau, qui dans cette opération indépendante, Armement devait jouer un rôle des plus importants, avait été armé ^^^^^^ d'Atron. d'une artillerie formidable. Au saillant qui domine Chellcs, une batterie en forme de redan était armée de pièces de 12. En arrière et dirigée obliquement, était une batterie armée de canons de 30 de la marine et servie par ses artilleurs, elle pouvait tirer depuis Noisy-le-Grand jusqu'à Chelles. Plus en arrière se trouvait une batterie armée de canons de 12, portant jusqu'à Villa-Évrard. Enfin, tout à fait à l'extrémité du plateau , au-dessus de Neuilly-sur-Marne, des épaulements de campagne étaient ébauchés pour servir à placer des pièces de 7, les pièces elles-mêmes étaient habituellement dans une autre batterie établie vers les pentes nord du plateau.

Les défenses de la partie nord, au-dessus de Gagny, se composaient principalement d'une batterie de 12 et d'une autre de mitrailleuses. Ces dernières étaient disposées de manière à surveiller les flancs d'un ravin dont les pentes auraient pu permettre à l'infanterie ennemie de s'approcher à couvert. Après avoir passé un groupe de maisons crénelées, on arrivait à des batteries armées de canons de 24 court, défendant les abords du plateau contre une attaque possible par Villomonbie et le Raincy. Enfin , les flancs étaient protégés par une batterie armée de pièces de 7 et une autre de mitrailleuses; elles avaient vue sur la direction

Instructions

données

au colonel

SiofTel,

commandant

rartillerie

du

plateau d'Afron.

de Lîvry, et balayaient les pentes qui s'étendent depuis le village de Rosny-sous-Bois jusqu'au chemin de fer de Strasbourg.

L'ensemble des moyens d'artillerie mis en action sur le plateau d*Âvron était comme on le voit considérable. Il s'élevait au chiffre imposant de 43 pièces de position (1).

Une partie des pièces de 7 qui armaient le plateau, lors de la bataille du 2 décembre ^ venait d'en être retirée. A cette date il y avait trois batteries de canons de 7 déplus; mais le Gouverneur ayant pensé que cette artillerie pourrait être plus efficacement utilisée sur le point où devait s'engager le principal combat, avait décidé qu'elle suivrait le mouvement de la deuxième armée.

L'artillerie restée sur le plateau était placée sous les ordres du colonel Stoffel et devait concourir d'une manière toute particulière aux efforts du lendemain. Les ordres donnés à ce sujet par le Gouverneur et dont le chef de la troisième armée fut invité à prendre connaissance, étaient les suivants :

L'artillerie à longue portée du plateau précédera de son tir la marche des colonnes de la deuxième armée et flanquera leur droite. Dès que la vivacité du combat pourra faire supposer que des réserves considérables sont abritées dans la forêt de Bondy, un feu très-vif devra être dirigé contre elles et les suivre dans le val de Livry. Enfin, si des colonnes ennemies se présen-

^1) Canons de marine de 30 6 pièces.

Canons de 24 court ......... 6 —

2 baiteries do 7 12 —

2 balleries de 12 12 —

Mitrailleuses 6 —

i mitrailleuse à main •.•••... 1 —

Total 43 pièces.

taient pour déboucher de la forêt de Bondy dans la di^ rection d'Aulnai-lès-Bondy, le feu doit être dirigé sur elles et les arrêter.

Tel était le rôle réservé à Tartillerie d'Avron pendant le combat du lendemain. Elle devait presque tout entière appuyer le mouvement de la deuxième armée, de telle sorte qu'un petit nombre de pièces seulement aurait été employé du côté de la M^rne. Cependant trois batteries de campagne avaient été détachées de la réserve de Paris et données à la troisième armée. Elles se composaient de deux batteries de 4 et d'une batterie de mitrailleuses, et furent placées sous les ordres du général Favé(l).

Le pont de Gournay ayant été donné comme objectif^ Dispositions les dispositions suivantes furent arrêtées par le chef de p» le générai la troisième armée (2) :

. La division de Malroy s'avançant par la route de Strasbourg, traversera Neuilly-sur-Marne, s'emparera de Villa-Evrard, et cherchera ensuite à gagner assez de terrain pour battre le pont de Gournay ; la brigade Biaise, chargée de Tatlaque, sera suivie à peu de distance par la brigade Dargentolle.

Pendant ce temps, sur la gauche, la brigade Salmon de la division d'Hugues s'emparera de Maison-Blanche, mettra le parc en état de défense et enverra en avant deux ou trois bataillons, qui se rallieront aux troupes de la division de Malroy ; l'autre brigade de cette division s'établira à Neuilly-sous-Bois.

Le général Favé sera chargé de la direction des batteries attachées à la division de Malroy ; le colonel de Gha-

(1) Voir aux pièces jusliflcaltvos n« XXI.

(2) Voir croquis n* SI.

nal, son chef d'élat-major, de la direction des batteries de gauche attachées à la division d'Hugues.

Une partie des bataillons de garde nationale mobilisée remplacera les troupes de la division d'Hugues sur le plateau d'Avron; d'autres occuperont le rond-point de Plaisance, formant deuxième réserve ; les autres enfin nous relieront au fort de Nogent.

La division de cavalerie Bertin de Vaux, établie en réserve près du chemin de fer, appuiera au besoin la marche offensive.

Les troupes * * La brigade Biaise, 1*' bataillon du IH* en télé, s'em- ^^Sttfcïe.'^'' pare sans coup férir de Neuilly-sur-Marne, et continue prTse sa marche vers Villa-Évrard ; ce groupe de maisons, so- Marne. lidomeut défendu, arrête nos tirailleurs ; ils s abritent dans le petit vallon venant de Maison-Blanche en attendant que l'artillerie ait fait des brèches dans les murailles et jeté le désordre dans la défense.

Deux batteries de 4 et de 12 se portent en avant; le général Favé établit Tune sur la route à la sortie de Neuilly-sur-Marne, l'autre un peu à gauche, défilée par des maisons des vues de Noisy-le*Grand; et nos douze pièces ouvrent le feu à 800 mètres contre les murailles de Villa-Évrard.

L'artillerie ennemie établie de l'autre côté de la Marne sur la hauteur de Noisy-lo-Grand canonne vigoureusement nos deux batteries, bientôt soutenues par une troisième placée à droite de la roule. Sans s'inquiéter du feu nourri des Allemands démasquant de nouvelles batteries sur les pentes de Noisy, entre Noisy et Champs, nos artilleurs continuent à tirer sur Villa-Évrard, laissant à Âvron, Nogent et Rosny le soin de contre-baltre cette artillerie de la rive gauche.

La batterie de mitrailleuses de la division de Malroy ne tarde pas à entrer en action et unissant son feu &

DËFENSE DE PARIS. 171

celui des batteries de position, elle contrebat très-efûcacement rartillerie de Noisy en s'abritant derrière des murs au nord de Neuilly-sur-Marne.

Pendant ce temps , la brigade Salmon agissait sur la Atuqoe ei prh« gauche en deux colonnes : Tune formée de deux batail- Maison BUncho. Ions du 137* de ligne et du 1*' bataillon d*infanlerie de marine, avec une batterie d'artillerie çt deux sections de mitrailleuses, sous les ordres du colonel Deflis; l'autre composée des 2* et 3* bataillons d'infanterie de marine, sous le commandement direct du capitaine de vaisseau Salmon ; le 22* bataillon de chasseurs à pied et le 4* bataillon d'infanterie de marine formant réserve.

Malgré le feu de Tartillerie des hauteurs de la rive gauche, ces colonnes s'avancent dans la plaine où nombre de projectiles s*enfonçant dans la terre mouillée pénètrent sans éclater.

La colonne Deflis se porte vers la droite du parc de Maison-Blanche, la colonne Salmon vers la gauche.. . • Menacé de deux côtés, le poste saxon se replie, et nos deux colonnes font leur jonction dans le parc. Pendant que les tirailleurs continuent leur marche refoulant les grand'gardes ennemies, le parc est mis en état de défense, les murs Est et Sud sont crénelés, une large brèche est pratiquée dans la face Ouest du côté d'Avron. .

La batterie d'artillerie et les deux sections de mitrailleuses attachées à la colonne de droite prennent position au Sud du parc, à l'abri d'un petit bois, face à Noisy-le- Grand; les batteries de gauche s'établissent plus au Nord, entre le parc et les pentes d'Avron, observant les hauteurs de Gagny.

Sur la droite Villa-Evrard ayant été suffisamment vuuÎKwd. battue par notre artillerie, le général Biaise prononce son mouvement en avant avec ses quatre bataillons ;

nos soldats, entraînés par leur général, pénètrent au pas de charge dans les bâtiments , dans le parc , y faisant un certain nombre de prisonniers (107* saxon). On se met immédiatement en état de défense : les murs sont crénelés, des tirailleurs envoyés en avant se relient avec ceux de la brigade Salmon et forment une longue ligne depuis la Marne jusqu*au chemin de fer de Strasbourg (midi).

L'artillerie Cette première partie de l'opération ayant réussi, le '* ??Mt ^^ xçénéral de Malroy porte en avant trois batteries pour

de Villa-Evrard ^ ,,, , , ;^ t^. , i.t , , i

pour enfiler le pont de Gournay. Placées au Nord de la route,

ballre le pont ru »

de Gournay. le. long d'uu chomin conduisant au Chesnay, les 18 pièces ouvrent le feu contre le débouché du pont et les premières maisons du village.

Les batteries prussiennes abandonnant leurs épaulements de Noisy, prennent immédiatement des positions plus rapprochées de la Marne entre Noisy et Gournay.

Leur tir est bientôt si précis que le général Favé se voit oT)ligé de faire replier ses batteries le long du mur Nord du parc; deux pièces de 12 seules, plus abritées, restent en position ; elles sont bientôt appuyées par la batterie de mitrailleuses qui s^établit le long de la route, face aux hauteurs de Gournay,. sa pièce de droite à hauteur de Tangle du parc de Villa-Evrard. Là, quelque peu défilés par un- talus, ces canons à balles ouvrent le feu à bonne portée. Trois pièces, hors d*état de servir par suite d'encrassement, se retirent; les trois autres . continuent la lutte, malgré la pluie d'obus qui frappe la route et remplacement de la batterie. Nos canonniers, excités par la présence du général Favé, montrent le plus grand entrain ; cependant nos pertes augmentent d'instant en instant ; bientôt le général est lui-même blessé.

. , Il était déjà 4 heures, la nuit allait venir. Le général

Ordre de cesser #.

le feu. en chef, jugeant que le but de sa diversion était atteint,

qu'il avait suffisamment maintenu sur ce lorrain les troupes qui le gardaient, qu'il avait arrêté les renforts ennemis cherchant à passer de la rive gauche sur la rive droite de la Marne, prescrivit de cesser toute tentative contre Gournay, de se replier dans les deux parcs de Maison-Blanche et de Villa-Evrard , et d'y prendre ses dispositions de défense pour la nuit.

La brigade Salmon devait se retirer sur Avron, laissant seulement comme grand'garde dans le parc de Maison-Blanche, deux compagnies du 1" bataillon d'infanterie de marine.

A Villa-Evrard devaient rester les quatre bataillons de la brigade Biaise; le 112* de ligne, chargé de la défense, fut disposé le long des murs du parc : 3' bataillon face à Maison-Blani'.he, 2* bataillon face à la Marne, 1" bataillon au centre regardant Chelles avec un poste sur. la route de Strasbourg à 500 mètres en avant ; le bataillon du lH* formant réserve dans le parc. Une ligne de sentinelles nous reliait à gauche à Maison- Blanche ; malheureusement sur la droite nos postes s'arrêtaient au canal, laissant libre une grande plaine jusqu'à la Marne. Cette faute devait nous être funeste.

Une compagnie placée dans le cimetière de Neuillysur-Marne servait à la fois de soutien au centre de la ligne et de poste de liaison avec les troupes d' Avron.

Le reste de la division de Malroy, brigade Dargentolle, et bataillons de garde nationale, formait réserve à Neuilly-sur-Marne, où s'était également retirée l'artillerie.

Pendant ce temps le chef de la troisième armée rece- Télégramme du vait du Gouverneur un télégramme 1 informant que la prescriv^ni do

^ ^ s'arrôlor

deuxième armée n'avait pu prononcer son mouvement et de

*■ "" se maintenir

contre la ligne de la Morée, par suite de l'insuccès de ^^ ^Zi\om l'attaque sur le Bourget. Le Gouverneur terminait ainsi conquise», sa dépêche : c Vous ne continuerez pas l'occupation des

ISO

Attaque de Villa-Ëvrard

par les Aïlemands

(nuit du 91 décembre).

EchaufTourée

de Villa-Evrard.

c points dominés où sont vos avant-gardes ; demain ma* « tin vous ferez retraiter vos troupes et attendrez mes € ordres, »

La nuit devait donc se passer sur les positions conquises, mais l'ennemi avait résolu de reprendre Villa- Evrard le soir même. Dès 7 heures une colonne parvient à se glisser le long du canal, culbute un poste avancé et enlève deux compagnies du Hâ' de grand'garde à la sortie de Villa-Evrard Les Saxons arrivent jusqu'aux murs du parc, l'éveil est donné, et des créneaux part une fusillade qui arrête les assaillants.

Cependant une autre colonne passant entre Villa* Evrard et Maison-Blanche refoule également nos avant* postes et cherche à prendre le parc à revers pour noua couper de Neuilly- sur -Marne. Suivant de près nos soldats qui se replient, les Saxons arrivent bientôt aux nouvelles constructions à l'Ouest de la Villa ; ils pénètrent dans l'enclos, s'emparent de plusieurs maisons. . . . Profitant de la confusion occasionnée par cette double attaque, des Allemands cachés dans les caves se précipitent dans les cours, et engagent la fusillade; nos soldats surpris par ces coups de feu arrivant de toutes parts et dans toutes les directions, ne peuvent, au milieu d'une obscurité profonde, se rendre â la place d'alarme, ils courent dans tous les sens. . . • tirent devant eux, en l'air; le désordre, la confusion sont au comble-... Le général Biaise est tué en cherchant à rallier son monde, lo lieutenant-colonel Rogé du 112' < tente de se dégager « et de sortir de Villa-Evrard pour se replier vers c Neuilly sur- Marne. Il réussit à passer avec quelques- € uns de ses soldats, mais la plus grande partie de ses « troupes n'ayant pas reçu d'ordre demeura dans le vilc lage, en continuant à se défendre. Des actes de dé* k laillance se^ produisirent alors parmi ces troupes»

€ qu'une surprise aussi imprévue, survenant au milieu « d'une nuit profonde, dans un lieu inconnu et à la suite € d'une journée fatigante et pénible, avait profondément c impressionnées (1). »

Cependant on parvient à se reconnaître.... les soldats, à la voix de leurs officiers, se rassemblent et se rallient. ... les Allemands sont jetés dehors — à plusieurs reprises l'ennemi revient à la charge; il s'acharne surtout à franchir une brèche que le général Biaise avait fait pratiquer pour y placer une batterie de mitrailleuses ; le mur seul sépare les combattants, on se tue à bout portant, c'est à qui de l'assaillant, du défenseur placera le premier son fusil dans le créneau: la lutte se poursuit une partie de la nuit. . . . nos soldats repoussant à la baïonnette tous les assauts de l'ennemi, restent définitive-, ment maîtres de la position.

A l'Ouest de Villa-Evrard, les Saxons qui nous avaient tournés par la gauche, s'étaient emparés de plusieurs corps de bâtiments et engageaient une vive fusillade.

Mais n'entendant plus rien à l'Est, ils craignent, l'attaque de front ayant échoué, d'être tournés et battent promptement en retraite : obligés de passer sous le feu du mur Nord du parc ils laissent sur le terrain nombre de morts et de blessés.

Au bruit de la fusillade, la brigade Salmon avait doublé ses grand'gardes dans le parc de Maison- Blanche ; le général de Malroy mettait sur pied toutes les troupes de Neuilly- sur-Marne : envoyer des renforts eût été un sûr moyen d'accroître la confusion sur le point attaqué ; nos soldats se seraient infailliblement fusillés entre eux ; on attendit donc. . .Telles furent, du reste , les instructions données par le chef de la troisième

Les Saxon<i sont repoussés.

DispositioDfl

prises

par le général

Vinoy.

(1) Extrait du Siégfi de PariSf par le Général Vinoy.

48â DÉFENSE DE PARIS.

armée : les troupes devaient garder leurs positions respectives, se défendre, si elles étaient attaquées, mais attendre le jour pour se reconnaître , rétablir Tordre et agir.

Dès le matin un effort des plus sérieux devait être tenté pour dégager définitivement nos troupes de Villa- Evrard. € Le général de Malroy n'ayant pas trouvé sufc fisantes les forces qu'il avait sous là main, la brigade c Salmon devait descendre, comme la veille, du plateau € d'Avron et ferait une démonstration soit sur Villac Evrard, en tournant ce village par la gauche, de c manière à couper la retraite des troupes prussiennes € qui s'y trouveraient encore, soit sur la Maison-Blanche c si Villa-Evrard pouvait se défendre seul. Sous cette « protection le général de Malroy ferait sa retraite en c bon ordre dès qu'il aurait rallié tout son monde et « évacué Villa-Evrard selon les ordres donnés par le € Gouverneur. »

Fv«ruation Le22 décombro au matin, la brigade Salmon descendit (M décembre), daus la plaine pour couvrir le mouvement de retraite de nos troupes de Villa-Evrard.

Dès qu'elle parut en avant de Neuilly-sous-Bois ; elle fut tout d'abord accueillie par un feu très-vif des batteries de position de Noisy ; mais bientôt couverte d'obus par Avron, Nogent et Rosny, l'artillerie ennemie est réduite au silence. Le 137* de ligne et le 22* bataillon de chasseurs se dirigent vers le cimetière de Neuilly, suivis par l'infanterie de marine qui détache un bataillon sur la gauche du parc de Maison-Blanche pour arrêter tout mouvement de l'ennemi de ce côté.

L'évacuation de Villa-Evrard s'étant accomplie sans encombre, la brigade Salmon reçut vers 10 heures Tordre de se replier; le mouvement se fit sous le feu des batteries de Noisy-le-Grand et de Gournay.

FvaruBtion if Villa -Evra (99 décembre

Les Prussiens réoccupèrent Villa-Évrard dans Taprèsmidi, mais seulement avec un faible avant-poste.

« L'alerte de la nuit, dit le général Vinoy dans son c histoire sur le siège de Paris, avait jeté à une assez c grande distance du lieu où elle se passait, une pa- € nique véritable parmi les bataillons mobilisés de la € garde nationale qui se trouvaient en réserve dans les € villages de Fontenay-sous-Bois , Neuilly-sous-Bois , € Neuilly-Plaisance et Rosny.

« Bien qu'ils fussent séparés de Tennemi par le vil- < lage de Neuilly-sur-Marne, protégés par les bataillons € de gendarmerie et couverts par le plateau d'Avron, c un grand nombre de gardes nationaux prirent peur à c la seule appréhension du danger; la pensée d'une € attaque encore impossible, qui pourrait venir jusqu'à € lui , fît fuir d'abord au fort de Rosny, puis au glacis € de l'enceinte et enfin jusque dans Montmartre même, le c 200' bataillon de la garde nationale. D'autres batailc Ions montrèrent les mêmes symptômes de décourage- « ment et d'épouvante, et une partie des hommes qui c les composaient se dispersèrent de tous les côtés. Lo c général en chef dut même, dans l'intérêt de la disci- € pline, demander Tautorisalion de faire rentrer dans « Paris ceux des bataillons qui, par leur faiblesse, t avaient donné le plus déplorable exemple. »

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