CHAPITRE IX
TRACE ET ORa^NISATION INTERIEURE DES FORTS. — DIVERSES
BSP^GES DE GAPONNIERES.
Pour completer nos remarques sur la constitution des camps retranchis, il nous reste kexposer les principes qui doivent etre observes dans le trace et Torganisation int^rieure des forts.
Le but principal des forts 6tant de battre efBcacement le terrain extfirieur, dans une 6tendue d'au moins 3,000 metres^ leur front le plus important, que nous appellerons front de Ute, doit etre autant que possible tangent k la circonference du camp ; ainsi trace, ce front bat directement la zone des attaques, et ses prolongements tombent si pres des forts voisins qu'il devient impossible de le ricocher. Quand ce dernier avantage ne pent etre obtenu (parce que le fort est en saillie sur les autres, voir fig. 6, fort P) on brise le front de tete en dehors jpour soustraire sa
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caponniere flanquante aux coups des batteries 6loignees de Tattaque.
Au front de t6te se ratlacbentdeux fronts lateraux, traces de maniere a battre les intervalles du camp el, dans certains cas ^ le terrain en avant des forts voisins. Ces fronts (voir fig. 9), ayant moins d'impor-
Fig. 9.
tance que le premier et pouvant fetre enfilis de loin, on leur donnera moins de longueur et on brisera leur parapet pour en soustraire une partie k I'enfilade. On ^vitera cependant de tomber dans le defaut contraire, en suivant les cons^ils des ingenieurs qui veulent que Ton donne aujourd'hui aux forts le moins de profondeur possible. Ces ingenieurs ne tiennent pas compte de Taction tres-importante que les batteries des fronts lateraux, k brisures multiples^ exercent non-seulement sur les intervalles des forts ^ mais encore sur le terrain situ6 en avant. II suffit de jeter les yeux sur nos types de forts (planche II), pour en etre convaincu.
Les batteries des fronts lateraux sont egalement tres-utiles pour defendre Tacces vers les caponniSres de ces fronts, et pour contrarier Tetablissemcnt des
1 . Lorsque les forts ne sont pas a plus de 3,000 m. Tun de i'autre.
DI VERSUS BSPfiCES DE CAPONNI^RES 157
derniers travaux d'approche. II n'y a done pas lieu de les r6duire outre mesure, surtout quand il s'agit de forts pouvant etre attaqu6s pied a pied.
Pour completer le fort, un quatrieme front est necessaire; ce front, appele front de gorge, sera autant que possible parallele au front de tete.
Le front de tSte sera flanque par une caponniere centrale ou, si Fouvrage a peu d'importance et si les fosses sont sees , par des coffres de eontresearpe (voir fig. 10).
Fig. 10.
Les fronts lateraux seront reelilignes et flanques par des demi-eaponnieres, Stabiles dans les prolongements du front de tete (fig. 9), ou par des eoffres de eontresearpe soustraits aux batteries ^loignees de Tattaque (fig. 10).
Le front de gorge sera reetiligne, brise en dehors ou en dedans, et flanque par une eaponniere eentrale, un redan y ou des eoffres de eontresearpe.
Dans certaines eonditions de terrain, il sera avantageux de remplaeer le front de gorge polygonal par un front bastionn^ ou tenaille.
II est indispensable qu'aueune batterie flanquante ne puisse Stre atteinte par les batteries 61oignees de Tattaque. C'est un principe si important, qu'il faudra y conformer la direetion des fronts toutes les fois que
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celle-ci ne sera pas rigoureusement d6terminee par la situation ou la nature du terrain k battre.
Lorsqu*il sera impossible d'y satisfaire au moyen du flanquement direct (par caponniires), on aura recours au flanquement indirect, par cofTres de contres* carpe. Ce dernier mode toutefois n'est applicable qu'aux forts i fosses sees, parce que la siireti du flanquement exige qu'on mette les coflres en communications avec rinterieur du fort par des galeries passant sous le foss6 K
Les flancs des caponnieres des grands forts seront armes de 3 ou 4 canons ; ceux des petits forts et des grands rMuits, de 2 canons seulement ou de 2 mitrailleuses.
Pour les reduits, les redoutes et les batteries intermediaires permanentes, un flanquement k revers de mousqueterie, par une galerie de contrescarpe, sera g^neralement suflisant. Quelquefois m£me on pourra se contenter des feux directs d'une galerie cr^nel^ d'escarpe, pourvue de machicoulis, ou mieux encore, de larges gaines par lesquelles on fera rouler dans le foss6, au moment de Tattaque, des obus sph^riques, des bombes ou des grenades (voir profll C D, pi. II).
La difficult^ de mettre Fescarpe rev^tue ou ditach^e a Tabri des coups plongeants, tir^s par la troupe du foss6 de la caponniere, est si grande que, pour la
1. Les communications par des galeries etanches, construites sous les fosses des forts en terrain aquatique, presentent des difficultes de construction et des dangers qui y font generalemeut renoncer.