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tltude 8ur la fortification des capitales

FORME DBS CA.MPS RBTRANCH^S 211

'is camps seraient 6tablis a peu pres sym^

k une distance telle, qu'entre les forts in-

ville, il y eflt une zone de 8 4 9 mille

''ur, port^e extreme des canons de

Supposons les troupes mobiles divis6es en trois armies de deux ou trois corps chacune. On cantonuerait ou camperait ces troupes dans la zone en arriSre des camps, de pr^f^rence dans les intervalles de ceuxci, en a, b et c. Une triple voie feir^e et deux ou trois larges routes pavtes relieraient entre eux les differents corps.

Grflce & ces dispositions, une des trois fractions de Yanake defensive pourrait, dans I'espace d'une nuit, fitre rejointe par les deux autres, alors mfime qu'on n'emploierait pas le chemin de fer de ceinture.

212 LES CAMPS RETRANCH^S

La forme des camps retranchis, le nombre, Templacement et la nature des forts, seraient r^glds d'apres les indications suivantes :

A. Les camps auraient A cot^s. Le plus important, dirig6 vers Tennemi, s'appellerait cole exterieur, le cdt6 oppos^, dirige vers la ville, porterait le nom de gorgCf et les deux autres, dirig^s vers les intervalles des camps, seraient d6sign£s sous le nom de cdt^ lateraux.

B. Le cdt^ exterieur aurait plus de longueur que les autres, et les forts qui Toccuperaient seraient plus importants. On espacerait ces forts d'environ 5000 metres. Si des raisons locales obligeaient k les ^carter davantage, on ^tablirait dans leurs intervalles une ou deux batteries permanentes, k Tabri de I'attaque de vive force.

C. Ind^pendamment de ces batteries intermediaires il y aurait, dans tons les intervalles menaces, des ^paulements pour pieces de position etpour pieces legeres, que Ton construirait au moment de la mise en 6tat de defense. Nous recommandons aussi Temploi de batteries anneooesy Stabiles k droite et k gauche des forts, k Textremit^ du glacis des fronts lat6raux, et dans le prolongement des fronts de gorge i.

D. Les forts de la gorge seraient organises de maniere k servir de d6pdts de vivres, d'armes, de muni-

1. Nous avons propose pour la premiere fois Temploi de ces batteries^ dans nos Studes aur la defence des Etats, etc., en 1863 (Voir plapches X, XI et XXXV).

FORME DBS CAMPS RETRANCH^S 213

tions, d'objets d'habillement et d'equipement. A qause de cette destination^ et pour qu'il y ehi dans chaque camp une zone soustraite, par son eloignement, aux feux de Tattaque, les forts dont il s'agitse trouveraient k plus d'une port6e de canon des forts exterieurs.

Les forts de gorge n'auraient que le degr6 de resistance n^cessaire pour Stre k I'abri d'un coup de main. On pourrait les itablir i 7 ou 8 kilometres Tun de I'autre.

Supposons que la capitale ait 5 kilometres de rayon et la que zone centrale ait 9 kilometres de profondeur. La circonference k laquelle s'appuieront les gorges des camps aura, dans ce cas, une 6tendue de 88 kilometres. En donnant k ces gorges une longueur de 14 kilometres, occupee par 3 forts , et aux cotes exterieurs une longueur de 20 kilometres, occupee par 5 forts, et en supposant que la distance moyenne enlre les deux cdt6s soit de 9 kilometres, on obtiendra le dispositif reprdsente par la fig. 28.

Les cotes lateraux ont et6 brises en dehors, pour que les forts ^, ^, avancent dans les intervalles, et soutiennent mieux les forts voisins y^y.

Les troupes de la defense seraient divisees en trois armees de deux ou trois corps chacune.

L'un des corps de chaque armee formerait a tour de role le cordon de surveillance de la position. Le restant serait etabli dans des cantonnements serr6s, ou dans des baraques, occupant les intervalles des camps (Voir a, b et c, fig. 28).

214 LES CAMPS RBTRANCHfiS

E. Si la zone d'investissement a 7,000 metres de profondeur, et si sa premiere ligne est trac^e k 2,500 metres des forts, I'axe de cette zone aura environ 36 lieues de d^veloppement. II serait done impossible k la plus grande armSe da monde, et m^me k plusieurs armies coalis^es, de bloquer une place de ritendue de Paris, de Londres, de Berlin ou de Vienne, k laquelle on appliquerait le plan type dont il s'agit.

Nous entendons parler ici du bloais hermilique^ qui empSche tout ravitaillement, toute arriv6e de secours. Mais ce blocus n'est pas le seul qui soit a craindre pour les grands pivdts stratSgiques. Quelque vaste que soit le p^rim^tre d'un camp retranch6, Tennemi pourra toujours, en langant de grandes masses de cavalerie dans le pays, intercepter la plupart des convois que formeront les habitants et les gamisons des places non investies. Or^ pour amener la reddition par la famine^ il suflfit que I'assiegeant parvienne k restreindre les arrivages au point que la moyenne des vivres introduits chaque jour dans le camp, soit inf^rieure k la consommation quotidienne de la garnison et des habitants. C'est pourquoi nous assignons une si grande importance aux camps retranch^s qui peuvent conserver des communications libres avec la mer, apres que Tennemi s'est 6tabli devant leurs murs. Anvers, Genes et Portsmouth se trouvent dans ces conditions. II en serait de mSme de Lisbonne et de Copenhague, si ces capitales etaient entour^es d'une ligne de forts. Pour bloquer des positions de

FORME DBS CAMPS RETRANCHlSS 215

Tespece, il ne suffit pas que I'assi^geant ait une grande superiorite sur I'assi^g^, ii faut encore qu'il soit maitre de la mer, et en 6tat de maintenir le blocus de ce c6t6, ce qui n'est pas une condition facile a remplir.

Notre plan type exigeant un plus grand nombre d'ouvrages qu'un camp retranche unique compos6 d'une ceinture de forts, les frais de construction, Tarmement et I'effectif des troupes de garnison seraient plus considerables; mais il offrirait aussi plus de garanties k la defense.

En effet I'assiegeant, apres avoir emport6 d'assaut 2 ou 3 forts du camp unique, pourrait ecraser Tarmee dans ce camp, cherainer vers Tenceinte de siiret^, ou, si elle n'existait pas, se jeter dans la ville. Ges operations seraient au contraire impossibles dans Thypo* these d'un triple camp retranche, car si Tennemi, apres avoir pris 2 ou 3 forts ext^rieurs, cherchait k p6n^trer dans I'un des camps, il serait menac6 en flanc par les forts des cotes lateraux de ce camp, et arrSt^ de front par les forts de la gorge. L'arm^e defensive pourrait refuser le combat en se retirant dans les autres camps, et rien des lors ne serait compromis. L'assi^geant devrait s'emparer des forts lateraux et des forts de gorge , pour Stre maitre du camp 6vacue, puis recommencer les m^mes operations centre les deux autres camps ; or, cette succession d' efforts et de sacrifices ^puiserait indubitablement Tarm^e la plus resolue et la plus nombreuse.

316 LBS CAMPS RBTRANCH^S

Pour obtenir le mdme r^sultat avec un camp re* tranche form^ d'une ceinture d'ouvrages, il faudrait : 1^ donner k la capitale une enceinte de sCiiret^; ^'^ construire entre cette enceinte et les forts, plasieurs lignes rayonnanteSj permettant k Tarm^e defensive de continuer la lutte en se retirant lat^ralement. Or ces lignes , divisant le camp unique en plusieurs camps accolis, r^aliseraient Tid^e mere de notre plan type, mais incompl^tement et dans des conditions peu favorables. Notre plan, en effet, a I'avantage de ne pas exiger une enceinte de s&rete, difficile k rendre inattaquable de vive force, lorsqu'on la construit au moment de la guerre, et nuisible au developpement des capitales lorsqu'on I'^tablit d'avance, en fortification permanente. Pour quelques capitales ce developpement est si rapide, qu'il n'estpas possible d'en tenir compte, dans le trace de Tenceinte et dans I'emplacement des forts, sans aboutir i des d^penses inacceptables. Ainsi Londres qui, en 1801, n'avait que 864,000 habitants, en avait en 1821, 1 ,225,000; en 1851 , 2,362,000, et en 1 871 , 3,883,000.

Si done Ton avait construit au commencement du siecle un camp retranche ordinaire autour de cette place, on eut iik oblige de le d^molir 30 ou 40 ans aprSs.

La meme remarque s'applique k Paris, dont la population etait, sous Louis XIV, de 492,000 &mes, en 1771, de 610,000, en 1827, de 890,000 et eu 1872, de 1,852,000; i Vienne, dont la population a

FORME DES CAMPS RETRANCHfiS 217

plus que double depuis 50 ans (elle est aujourd'hui de 674,000 ames), et i Berlin qui avait en 1818, 192,000' habitants^ et en compte actuellement 909,000.

Un autre avantage du dispositif h camps separ6s est de soustraire I'armSe defensive aux pernicieuses influences de la population, et de rendre son sort ind^pendant des seditions qui pourraient ^clater dans la ville, avant ou pendant le si^ge. En effet, lorsqu'il y a trois camps retranch^s, la capitale ne se trouve dansaucun de ces camps, et lorsqu'il n'y en a qu'un seul, elle en occupe necessairement le centre.

Dans le dispositif compose d'une ceinture de forts,, sans enceinte de surete, les grands depdts d'armes, de munitions, de vivres, d'objets d'6quipement et d'habillement, sont exposes aux coups de main de Ten-nerai, des que la ligne est percee par la prise de deux ou trois forts, et aux entreprises de la population, d£& que celle-ci est r6solue k hater la reddition en entravant la defense. Ge dernier danger n'est pas 6vit6 par la construction d'une enceinte, lorsque les magasins^ et les grands depots se trouvent i Tint^rieur.

Dans le dispositif compost de trois camps s^pares,. rien de pareil n'est i craindre, parce que les depots, occupant les forts de gorge de ces camps, sont k Yahri de tout coup de main, tente soit par Tennemi soit par la population.

Aussi longtemps que les arm6es tiendront la campagne, la garnison du pivot central se composera des troupes necessaires k la garde des ouvrages, et d*une

218 LKS .CAMPS RETRANCH^S

reserve forte de trois divisions. Ces divisions s'6tabliront dans les intervalles des camps retranch^s, en a be (Voir fig. 28), de maniere k pouvoir se r6unir promptement et repousser un corps ennemi qui tenterait de p6n6trer dans la capitale, pour y lever des impots ou frapper les esprits par un coup d'audace. La possibility d'envahir la ville, lorsque la reserve centrale est battue, semble un argument sans r^plique, en faveur de I'^tablissement d'une enceinte de surete; mais, d'une part, cette entreprise offre tantde chances d^favorables, et, d'autre part, son influence, encas de succes, est si pen decisive, qu'il n'y a pas lieu de s'en prfioccuper beaucoup. On pourra, du reste, cr^er au moment de la guerre, sur les points les plus ei^pos^s du periraetre de la capitale, des relranchements provisoires, qui tiendront lieu de I'enceinte de surete, sans en offrir les inconvenients.

APPENDICE

Description de la planolie II.

Gette planche repr^sente deux types de forts pour camps retranchSs.

Le premier (voir la partie gauche du plan) pourra Stre appliquS dans la plupart des cas; le second (voir la partie droite) sera pr6£§rable pour les forts qui, par isuite de leur isolement ou d'autres circonstances locales, sont exposes a une attaque pied a pied, continu6eju8qu'aucouronnement du chemin couvert.

Premier Type.

Nos deux types de forts ont le mSme profil.

Nous avons donnS la preference a Tescarpe d^tach^e :

\^ Parce qu*elle coi!lte moins qu'une escarpe terrassee ou une escarpe en d^charge, et qu^a hauteur 6gale, elle oppose plus de difficult^ a Tescalade, Tennemi devaut non seulement atteindre le haut du mur, mais encore descendre de Tautre cdtS, dans un couloir battu par Tartillerie flanquante;

2o Parce qu^elle permet d'elargir le fossS, sans augmenter les difficult^s du defilement de I'escarpe, celle^ci pouvant etre avanc6e autant qu'on le desire vers la contrescarpe. Gette propriety a une grande importance, Tennemi ayant interSt a combler les fosses etroits par la mine ou par d^autres moyens (sacs k terre, amas de fascines et de gabions, bottes de fumier et de foin mouill6, etc.) ;

3* Parce que Tescarpe detach^e se pr^te mieux a une execution rapide, cette escarpe ne devant pas etre terminSe, comme Tescarpe terrass6e ou en decharge, avant de mettre

230 APPBNDICE

le rempart sous profll, et pouvant, en cas de n6ces8il6, 6tre remplac^e par une palissade ou une grille en fer.

40 Farce que le couloir en arri^re de Tescarpe d6tach6e^ permet d'attaquer en flanc les colonnes d'assaut^ et fournit k la garde du fort le moyen de surveiller de pr5s le foss^ capital pendant la nuiL II suffit pour cela de pratiquer dans i'escarpe des ouvertures par lesquelles les sentinelles et les hommes de ronde puissent passer la tdte. Nous ne sommes pas d^avis de crSneler le mur d6tach6 : non-seulement les fusiliers places derri^re ce mur, recevraient dans le dos les 6clats des projectiles et les terres en levies par les obus au talus ext^rieur du rempart, ce quirendrait leur position fort critique, mais ils empScheraient encore Tartillerie flanquante d'agir dans le couloir, au moment opportun, c*est-a-dire quand lea defenseurs du mur crenele seraient obliges de battre en retraite devant Tagresseur franchissant le mur directement ou par une br^cbe.

Le talus ext^rieur du rempart est interrompu par une berme de 1 a 2"^ de largeur, nScessaire pour faciliter la rSpa* ration des dSg&ts que les projectiles de I'assi^geant produisent dans ce talus.

Les caponni&res sent semblables a celles que repr^sente la fig. 13 (p. 162).

La partie droite de cette figure (qui donne le plan durezde-chauss6e), montre de quelle mani^re est assur^e la communication du fort avec le couloir en arri&re de Tescarpe d^tach^e. Pour flanquer la porte donnant acces sur ce couloir, il serait peut-Stre utile de cr^neler le local contigu au corps de garde, local que nous avons rempli de terre, afin d*empScher que Tennemi, trouant le mur de masque de ce local, par le tir indirect, ne pSn^tre par la dans le corps de garde et dans la poterne qui conduit a la caponni^re. ^ La grille en fer qui contourne la caponni^re, n*est utile que lorsque celle-ci, ayant seulement un 4tage et pouvant 6tre escaiad^e facilement, 11 importe d'en rendre i'acc6s aussi difficile que possible.

Les traverses-abris du front de tSte seront conformes a la fig. 23 (p. 197) si ce front pent 6tre ricocb6 (auquel cas ces traverses doivent s'^lever au-dessus de la ligne de feu). Dans le cas contraire, on appliquera les types fig. 24 et 25 qui jrepr^sentent des traverses-abris, n^ayant que la bauteur du parapet.

Dans Tun et Tautre cas — mais plus facilement dans le dernier — on construira, entre les pifeces, de petites banquettes pour la mousqueterie (voir fig. 26) et, sous le para-

APPENDIGE 221

pet, une gaierie pour les servants et ies tirailleurs au repos.

IndSpendamment de ces banquettes, on construira des tranch^es pour fusiliers, autour des traverses, dans le parapet, ou sur les traverses mSmes, dans le prolongement de la ligne de feu. On etablira en outre, au centre da front, une barbette pour pieces mobiles, organis^e de mani&re k pouvoir Stre occupi§e au besoin par Finfanterie.

Enfln, lorsque le fort sera pourvu de grandes caponni^res (voir la moitiS droite du plan) on creusera dans le prolongement du front de tSte« au-dessus des demi-caponni^res, des trancb^es g /», pouvant servir d*abri k 25 ou 30 fusiliers.

Les traverses casematdes v, v, qui se trouvent a Textr^mitS ant^rieure des fronts lat^raux sont pourvues d'un ascenseur pour canons et d'un escalicr communiquant avec la gaierie de. circulation qui longe le talus int^rieur du fort.

Bien que nos dessins representent des traverses k vives arStes de terrassements, on doit avoir soin, dans la pratique, d'arrondir ces arStes, pour que I'ennemi n*en puisse prendre les prolongements. II sera plus utile encore de cacher enti^<rement les traverses, surtout celles qui doivent s'elever au dessus da parapet, en plantant des genets ou des broussaiiles sur la plong^e, moyen tr^s-simple et tr^s-efficace, que nous avons recommand^ aux ingSnieurs d^s 1863.

Les rampes du front de tdte sont trac^es et disposees de maniere que Tinfanterie puisse se porter en ordre de combat, gur le terre-plein de ce front, au moment ou Tennemi debou* chera par la br^che et se r^pandra dans Hnt^rieur de Touvrage.

Le fossd du front de gorge est flanquS par Tartillerie a ciel ouvert de la queue du r^duit (voir le profil n® 2).

Pour faciliter les retours offensif s on a mSnag^ dans ce front de larges passages z,

Sur le c6t6 ext^rieur de ces passages, se trouve une rampe, soumise aux feux du r^duit, et permettant a la reserve d'infanterie du fort ou a des troupes fraiches, tiroes au dernier moment da camp retranch^, de deboucber dans le foss§, pour attaquer en flanc les assaillants, soit quHls tentent Fescalade, soit qu'ils montent k Tassaut par la br^cbe.

Les voitures entrent dans le fort par une poterne dont le d^boucbd intdrieur est prot^gS contre les feux plongeants de Tattaque^ par une baute traverse, renfermant des logements pour otficiers.

Un escalier conduit de cette poterne au terre-plein da retranchement; la partie sup^rieure en est battue par la conpole du r^duit.

222 APPENDICE

Dans le glacis de la gorge, en capitale du fort, se trouve une tranchSe & ciel ouvert, en forme de demi*hexagone, conduisant k la poterne da r^duit. Les details de cette entree Bont indiqu6s sur la planche XV de Patlas de notre Fortification A fosses sees.

La porte du r6dait (voir le plan de cet ouvrage, k T^chelle de 1/1000) est prot^^e par an tamboar extSriear, compost de deux batardeaux pleins. Ges batardeaax sent pr^cSd^s d'un foss^ diamant, que Ton traverse sur an pont^levis (voir la partie droite da plan du rSduit). On peut aussi disputer Tentr^e du r6duit au moyen de deux batardeaux creux (esp^ce de caponni^res pour mousqueterie), communiquant avec des corps-de-garde int^rieurs 6. Ges batardeaux (voir la partie gauche du mdme plan) forment un tambour exterieur, d*o£ Ton dSboucbe dans le fossS par deux passages, longeant la contrescarpe et qui sont fermSs au moyen de fortes grilles a.

Pour augmenter les garanties centre une attaque de la queue du rSduit, tent6e, soit par des troupes qui d^boucheraient de la poterne du glacis de la gorge, soit par des troupes qui s'introduiraient dans le foss6 du rSduit,on fermera Tentr^e de celui-ci par une grille en fer a, on pratiquera des cr^ neaux dans les pieds-droits des corps de garde h, de maniere a cr^er un tambour int^rieur c, et Ton ^tablira a Textr^mit^ d de ce tambour, une porte en t6le, avec embrasure pour canon. Une pi^ce 16g5re, plac6e derri^re cette porte, et tirant ^ mitraille dans I'axe du passage, empSchera vraisemblablement Tennemi de p^netrer par cette voie dans le r^duit. On ne saurait prendre trop de precautions pour d^jouer une pareille attaque, dont le succ^s entrainerait la perte dufort.

Le tambour ext^rieur de la queue du reduit donne acc^s, par les portes des batardeaux pleins ou par les grilles a plae^es aux extrSmit^s des batardeaux creux (voir le plan a 4/1000), k de petites poternes a (voir le plan d'ensemble) d6bouchant derri^re le mur d^tach^ de la gorge. Ges poternes sont enfil^es par une pi^ce ISg^re, ou par une mitrailleuse etablie au rez-de-chauss6e du reduit; leur communication avec le fort est interrompue par des coupures que Ton franchit sur des ponts roulants. Entre ces coupures et le fossS du reduit se trouvent les portes d'entr^e de la galerie de contrescarpe de la tdte du reduit. Ges entries sont suffisamment sures ; cependant les d^fenseurs de la galerie se trouveraient dans de meilleures conditions morales, s'ils pouvaient communiquer directement avec le reduit par une poterne passant sous le plafond du foss6.

APPEND (CE 223

La galerie de contrescarpe de la queue du r^duit est s6par ree de celle de la tdte, pour que rennemi, maitre de celle-ci\ ne poisse pas s'Stendre jusqu*^ la gorge et intercepter les communications du rdduit avec FintSrieur du camp retranch^. A cause de cette grande importance de la galerie de contrescarpe de la queue, ilfaut qu'on puisse ladMendre pied a pied. Sa security serait plus complete encore (en cas d'attaque par la gorge surtout), si elle ne communiquait pas avec la poterne d^entrle, et si ses d^fenseurs pouvaient se retirer dans le rSdait par une galerie passant sous le fossS. Le plan k T^chelle de 1/1000 fait connaitre les principales dispositions du r^duit. Une porte, soustraite aux vues et aux coups de Tennemi, d^bouche sur la plate forme de la queue^ dans Taxe de I'ouvrage ; une autre, situ^e k Tune des extremit^s du chemin de ronde de la titey donne acces sur ce chemin aux hommes charges de r^parer le talus exterieur, ou de d^fendre le haut de Tescarpe. (Ges porter sont indiquees sur le plan d'ensemble du fort, au moyen de filches.)

Deuxi^me Type.

Les caponnieres de ce type sont tracSes et combinSes de mani^re que leur foss§ soit battu par Tartillerie du corps de place*

Pour obtenir ce r^suitat, il ^tait n^cessaire de fermer les trou6es du fossS au moyen de masques terminus en glacis^ Or ces masques ont le grave inconvenient de faciliter I'escalade de la caponni^re, en r^duisant la hauteur de son escarpe vers les ^'paules. Nous avons fait disparaftre cet inconvenient en brisant les faces de la caponniere, de fa^on a cr^er, entre ces faces et le glacis du masque, une coupure Y, formant le prolongement du foss6 diamant de la caponniere. Gette coupure, que nous appellerons cour extSneure, est battue par les creneaux de la caponniere, surveiliee par la garnison de cet ouvrage, et placSe sous I'action directe des d^fenseurs du corps de place, lesquels peuvent s'y rendre facilement et promptementy par les portes des batardeaux qui relient les masques k la caponniere (voir pi. II, coupes E F et Gr H).

Ges batardeaux sont necessaires pour qu*il n'y ait pas d'interruption dans la masse couvrante servant a defiler Uescarpe du front de tete. lis empechent que Tennemi tirant k feux plongeants dans la direction des fosses diamants de la caponniere, ne detruise la partie de Tescarpe qui se trouve au droit de ce fosse (voir la coupe E F).

La caponniere du front de tete est separee du corps de

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APPENDICE

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Dans le but d'augtnenter TefQcacite du flanquemeat, nous avons donn6 k la caponni^re de tSte une plate-forme pour fusiliers, sur laquelle on pourrait 6galement installer quelques pieces 16g6re8.

lies demi-caponni^res sont organisSes comme la caponni^re principale, avec cette difference qu*elles n^ont pas de plate-forme pour mousqueterie, ni de galerie crenelle de contrescarpe, et qu^elles ne sont pas protegees exterieurement par une place d'armes rentrante avec blockhaus casemate, pour les sorties.

A rextr6mit6 de chaque demi-caponni^re se trouve une porte donnant sur le couloir eu arriere de Tescarpe d^tach6e du front qu^elle flanque.

Dans la plupart des cas, il sera inutile de protSger les batteries flanquantes des demi-caponnieres au moyen d'embrasures-tunnels, Tennemi pouvant difficilement 6tablir une contre-batterie au droit du fosse des fronts lateraux et, plus difficilement encore, Clever dans Tin terieurdu camp des batteries a tir indirect pour 6teindre le feu des demi-caponnieres. Le foss6 de la gorge du fort est flanquS par Tartilierie casematee de la queue du r^duit, tirant a travers des masques k la Ghasseloup, dont le proHl n» 2 fait connattre les principales dimensions*

Les traverses-abris sont disposees et organisSes comme celles du i^^ type de fort.

II en est de memo de la galerie, longeant le talus int^rieur, et servant k assurer les communications, lorsque la cour du fort est rendue inhabitable par le feu des batteries de Tattaque.

L'une des extr^mites de cette galerie se trouve au debouche de la poterne d'entr6e du fort (voir le l«'type) et I'autre, dans la traverse casematee w du retranchement (on pourrait, k la rigueur, supprimer la partie comprise entre cette traverse et la poterne conduisant a la demi-caponni^re). L'entree pour voitures est semblable k celle du !«' type. Le demi-front contigu k celui oil se trouve cette entree, a les ^ISments necessaires pour qu'on y etablisso rapidement sous la protection des feux du reduit, un large pont provisoire, permettant de lancer de fortes colonnes dans le fort, au moment oil I'ennemi y pSn^trera. Les culees, les piles et les rampes d^acces de ce pont seront seules construites d'avance. Les longerons et les madriers, prepares et tenus en magasin, seront pos^s en quelques minutes, pendant que Tartillerie du rSduit tiendra Tennemi ^loign6 du front de gorge, d*ou il pourrait contrarier le travail.

BRIALMONT.

226 IPPENDICE

iDdSpendamment de ces deux ponts, U existe d^autres voies pour p6o6trer dans le fort, quand ie moment sera tbdu de tenter un vigoureux coup de main contre rassaillant, roaitre de Tenveloppe.

En effet, une rampe, en capitale du redan de la gorge, conduit au tambour qui couvre Tentr^e de la poterne par laqaelle on arrive au fo8s6 du rSduit. Dans cette poterne d^bouchent deux escaliers, conduisant sur le terre-plein du redan, d'oil I'on peut gagner ensuite rintSrieur du fort, en passant au-dessus des masques a la Gbasseloup. (Voir les filches.)

On peut encore p^nStrer dans le fort d*une autre manidre, en dSboucbant du tambour qui protege la porte d^entr^e da r^duit, et en se rendant de la dans le couloir du front de gorge, par deux poternes traversant le masque a la Gbasseloup.

Ges poternes, battues par rartillerle du rez-de-chauss^e da r^duit, sont interrompues par des coupures analogues a celles qui interrompent les poternes a du i^^ type. Entre ces coupures et le fossS du r6duit, se trouvent les portes d^entr^e de la galerie de contrescarpe de la tdle du rSduit.

La galerie de contrescarpe de la queue du reduit est analogue a celie du l®' type.

Pour rendre plus difficile une attaque faite dans le but d'envahir le fosse du rSduit, par la poterne en capitale du redan, il y a lieu de construire dans cette poterne une coupure avec pont-roulant, defendue par un tambour int^rieur, analogue a celui de la fig. 18 (representant une interception de poterne dans un fort k fosses pieins d'eau).

Remarque.

Le front de tete du 2« type de fort, decrit plus haut, remplit toutes les conditions voulues pour resistor A une attaque pied-a-pied. On pourrait done Tappliquer utilement a la defense des acc^s principaux d'une place ordinaire.

Le front de tfite du l*"^ type conviendrait pour les accSs les moins exposes.

L'un et Tautre sont plus simples, occupent moins de terrain, exigent moins de dSpense et ofTrent plus de garanties que n'en pourraient offrir des fronts bastionn6s, pourvus des mSmes 6l6ments de defense (fiancs casemates, traverses- b^ abris, galeries de circulation, etc., etc.).

ni

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