AVANT-PROPOS
On a réuni dans ce volume, destiné aux lecteurs peu familiarisés avec la langue du XVIe siècle, deux ouvrages qui ont entre eux plusieurs points de ressemblance. Leurs auteurs sont tous deux, comme Henri Estienne le dit de lui-même « vrais Français natifs du cœur de la France et jaloux de l'honneur de leur patrie ». Tous deux célèbrent la langue française et revendiquent pour elle, l'un la possibilité de devenir une langue littéraire et de rivaliser avec les chef s-d' œuvre des Grecs et des Latins, Vautre la gloire de V emporter sur toutes les autres langues parlées en ce temps-là et en particulier sur V italien.
Le premier en date de ces ouvrages, paru en 1549, sous les initiales de Joachim du Bellay Angevin, est comme le manifeste de la Pléiade; c'est une injonction faite à tous les écrivains qui s'obstinent encore en France à n'exprimer leurs pensées qu'en latin, d'avoir désormais à se servir de leur propre langue. L'auteur déclare que lorsque cette langue sera un peu améliorée, enrichie et « magnifiée » suivant des principes qu'il cherche à indiquer, elle aura toutes les qualités nécessaires pour devenir,