INTRODUCTION
Le département de la guerre sous la Révolution n’a fait Jusqu'ici, à notre connaissance, l’objet d'aucune étude particulière. Un grand nombre d’auteurs en parlent accessoirement dans ses rapports avec les pouvoirs établis, ou les autorités constituées. Comment ne pas citer à cet égard les noms de MM. Aulard et Sagnac, nos distingués maîtres, dont des livres comme : l’Histoire politique de la Révoluton française, le Recueil des actes du Comité de Salut public, la Société des Jacobins, les Grands orateurs de la Révolution ; ou la Révolution du 10 août 1792, le Rhin français pendant la Révolution et l’Empire ont fait époque dans l’étude de la période révolutionnaire.
D’autres se sont davantage attachés à la personne des différents ministres de la Guerre et parmi eux nous devons mentionner Mortimer et Ternaux avec leur /uistoire de la Terreur et surtout Chuquet. Son Histoire des guerres de la Révolution nous a servi plus particulièrement de guide. Après lui, nous avons feuilleté attentivement les archives de la guerre. Nous avons dû reconnaître et nous nous inclinons bien bas devant la probité de l'historien qui
nous a peut être frappé davantage que le talent de l’écrivain et nous avons constaté quel labeur considérable représentait un pareil ouvrage, étudiant dans le détail plusieurs années d’histoire.
Mais tous ces auteurs même Chuquet, n’ont parlé qu'accessoirement, nous le répétons, du département de la guerre. Aucun n’a traité l'institution en elle-même, en plaçant au premier plan la figure du ministre. Il nous à paru, et c’est l’avis de MM. Aulard et Sagnac qui ont bien voulu nous guider dans le choix du sujet, qu’il y avait là une lacune à combler.
Il fallait encore déterminer dans quelle période nous allions étudier le ministère. Nous ne pouvions songer entreprendre en effet une tâche aussi vaste que celle de nos devanciers : car elle réclame une compétence et une habitude des travaux historiques qui nous font encore défaut.
Nous nous sommes donc borné à une période très courte, mais présentant une unité suffisante pour pouvoir faire l’objet d’une thèse. Telle nous est apparue l’origine du gouvernement révolutionnaire. Le ministre de la Guerre à la fin de 1792, nous a intéressé à un double point de vue, et parce qu’à cette époque il jouit encore d’une autorité suffisante pour avoir un rôle de premier plan, et par suite de la personnalité même du titulaire du portefeuille : Pache.
La personnalité de Pache est une de celles qui intrigue, parce qu’elle a été très discutée. Peu d'hommes ont été diffamés à ce point. Il n’est pas d’accusations que ses adversaires politiques n’aient porté contre lui : ils ont été jusqu’à accoler à son nom l’épithète d’ignoble, « l’ignoble Pache » (1). Son rôle postérieur comme maire de Paris, n’a fait qu’accroître les haines du parti girondin qui ne lui avait jamais pardonné ce qu'il appelait sa défection.
Il nous à semblé intéressant de contrôler ce qu’il pouvait y avoir d’exact dans le réquisitoire des contemporains. En nous penchant sur les vieux papiers des archives de la guerre,