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Custine à Biron, 14 novembre

4, Biron à Pache, 11 novembre.

Le 15 novembre, il se laisse aller à un mouvement d'humeur. «Je viens de recevoir une lettre du général Custine (1), qui me prévient qu’il me commande et que je suis maintenant à ses ordres. Je n’en suis ni choqué, ni affligé, et je m’y soumets de bon cœur et sans représentation; mais je dois vous observer, citoyen ministre, qu’il eut été autant du bien du service que digne de votre loyauté, de me prévenir de ce changement dans ma situation militaire. »

Pache se montre surpris de cet état d'esprit de Biron, si contraire à ses protestations antérieures. Il invite donc Carnot Feulins, dont la mission à l’armée de la Moselle est heureusement terminée (2),de le renseigner au plus tôt sur la mentalité véritable du général (3).

Il transmet toutefois la démission au comité de la guerre,dont le président Letourneur demande des explications (4). Pache les fournit le 20 novembre en des termes tels, que l’on décide d’un commun accord de la refuser (5).

Le ministre écrit aussitôt à Biron : «vous avez désiré (6) que votre lettre du 11 et les pièces qui l’accompagnaient fussent envoyées au comité extraordinaire; je l’ai fait sur le champ. Depuis, le comité de la guerre a désiré connaître les motifs qui vous avaient fait offrir votre démission ; je lui ai communiqué votre correspondance. Cette correspondance montre que la République peut compter sur les sentiments que vous avez toujours manifestés, auxquels la Convention a applaudi et vous ne serez pas remplacé.

Il résulte des notes que vous m'avez adressées sur les forces Autrichiennes dans le Brisgau, que ces forces sont insuflisantes pour faire aucune tentative sur notre territoire. que nos ennemis ne s'occupent que de mesures défensives, qui annoncent toute faiblesse et timidité... Il suffit donc de garnir nos places de ce que nous avons de moins bon, de plus mal armé ou habillé et de retirer pour cela de leurs cantonnements cette foule de volontaires de nouvelle levée qui ne peuvent prendre aucune notion du service et de la discipline; des piques, des fusils de rempart suffiront à leur armement; tous les jours de service, ces hommes doivent être exercés…

Trente mille hommes seront suffisants pour les garnisons

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