‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 258 sur 327 · hommes · texte numérisé non relu

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Il est extrêmement pressant de compléter les régiments de ligne*et l’on propose à la Convention nationale,d’adopter le mode prescrit par les décrets des 17, 19, 20 juillet 1792,en y ajoutant néanmoins cette modification, que les municipalités certifieront sur l'engagement d’un citoyen, que ce citoyen est domicilié dans le territoire de la municipalité depuis un an au moins.

Infanterie volontaire de ligne. — Je comprends sous ce nom tous les bataillons de volontaires nationaux, formés dans les dépôts. Il en existe 480, en y comprenant les bataillons formés des hommes rassemblés au camp de Soissons et des fédérés, en portant au nombre des bataillons départementaux, ceux qui ont été seulement formés de volontaires d’un même département.

Il en reste environ 40, qui m’appartenant à aucun département en particulier, ne peuvent être recrutés comme les autres, à mesure qu’il vaque des places, et ne peuvent non plus l’être par engagement, puisqu ils sont volontaires et que l’engagement est contraire à l’essence de leur composition. Ils tendent donc continuellement à se fondre.

Pour profiter des soldats qui se sont formés dans ces batail-

lons pendant la précédente campagne, on propose de licencier ces bataillons et de reprendre les volontaires dans les troupes de ligne, en leur donnant une somme de 30 livres pour forme de dédommagement et d'engagement pour la campagne prochaine, conformément au décret du 12 septembre 1792 ; ou dans les bataillons de leurs départements respectifs, s’ils le préfèrent, mais sans engagement. Il restera après cette opération, 440 bataillons de l'infanterie volontaire de ligne.

La formation des bataillons n’est pas bonne, relativement au service, Le nombre des sous-officiers est fixé d’abord pour 574 hommes.

Le décret du 5 mai 1792 a élevé la force de chaque bataillon à 800 hommes, sans augmenter le nombre de sous-officiers, de sorte que la proportion des uns et des autres, n’est plus conforme au mode employé pour commander le service. Cet inconvénient s’est fait sentir pendant toute la campagne.

Le décret du 13 mars 1792, a permis de joindre une compagnie de canonniers de 54 hommes à chaque bataillon de garde nationale ; mais 54 canonniers peuvent aisément servir 4 pièces de canon de campagne. Les bataillons qui ont de pareilles compagnies, ont donc trop de canonniers, tandis que d’autres n’en ont point du tout..

Le grand nombre de corps séparés avec lesquels l’administration de la guerre est obligée de correspondre,entrave sa marche au moins autant que le grand nombre de formations différentes, qui existent dans l’armée. :

Pour apporter un remède à cette situation, on propose :

1° de donner aux bataillons de garde nationale la même organisation qu'aux bataillons de troupes de ligne ;

La proportion de la paye pourra rester la même, excepté qu’il conviendrait de donner un sol de haute paye aux appointés ; les appointés seraient pris à l'ancienneté dans chaque compagnie et non au choix, ce qui contribuerait à maintenir le respect. pour les vieux soldats ;

2° de réunir 2 bataillons d’un même département, pour former Je régiment commandé par un colonel à 7 payes, suivant le décret du 21 juin 1791 et 2 lieutenants colonels à 6 payes. La république ÿ gagnerait la paye d’un officier supérieur par régiment et la correspondance administrative de la guerre serait soulagée de moitié. On aurait attention de réunir 4 bataillon qui a des canonniers, avec un bataillon qui n’en à pas et le régi-

ment de volontaires serait organisé comme un régiment de ligne gne.

Comme cette opération pourrait souffrir quelques difficultés, relativement à quelques uns de ces bataillons et qu’il suffit de former ainsi 153 régiments de volontaires, pour avoir le nombre de régiments de ligne demandé pour les 9 armées et leurs garnisons, on propose donc de ne réunir ainsi deux à deux que 306 bataillons et de ne créer par exemple que 153 compagnies de canonniers de campagne.

On propose de destiner 9 autres bataillons, choisis dans les départements montueux, pour porter à 50 le nombre des bataillons d'infanterie légère, de sorte qu’il resterait 125 bataillons qu’on pourra se dispenser de porter pour le moment au complet.

Si la Convention nationale voulait faire l’économie de supprimer les états majors de ces 125 bataillons, il conviendrait d’ordonner en même temps de répandre les volontaires qui les composent dans les 306 bataillons conservés, ce qui aiderait à les porter promptement au grand complet de guerre.

Avant de déterminer les dispositions à prendre, relativement aux bataillons de volontaires nationaux, il est utile de faire quelques observations sur les modes prescrits par les lois concernant la nomination des officiers.

Les commissaires qui viennent des armées, conviennent tous, que le résultat général du mode de choix adopté est de donner des officiers peu propres à maintenir l’ordre dans les bataillons. Un subalterne qui confond aisément la liberté civile avec la liberté individuelle, donnera difficilement son suffrage à l’homme capable par son caractère, de gêner un peu cette dernière liberté. Il en résulte naturellement un choix d'hommes faibles.

L'assemblée nationale a voulu remédier à cet inconvénient, en décrétant que les officiers nommés le seraient pour toute la guerre ; mais il reste encore l’espoir de l’avancement, qui peut engager encore plus d’un officier, à retenir, l'énergie de son caractère. Or il faut de l’énergie prononcée, pour maintenir l’ordre dans les armées.

On propose de faire un léger changement au mode de nomination; c’est d’en remettre une partie à l’ancienneté, comme dans les troupes de ligne. Aussi, tant que la guerre durera, la moitié des places d’ofliciers et sous-officiers volontaires sera donnée à l’ancienneté, l’autre au choix, suivant la forme décrétée, excepté les places de capitaine, lieutenant, appointé qui seront toutes données à l’ancienneté dans les grades inférieurs.

Infanterie légère. — Ta composition de celle-ci est aussi bonne que celle de l’infanterie de ligne.

On ne propose pas d’y ajouter une compagnie de canonniers,

parce qu’une compagnie serait trop forte pour servir les pièces d'artillerie d’un bataillon et que d’ailleurs, l'infanterie légère est employée souvent dans des situations où son artillerie ne peut être conduite.

Il vaut mieux qu’on lui en fournisse du parc, quand les circonstances demandent qu’elle en amène avec elle. Le parc fournira en même temps les canonniers nécessaires.

Mais on propose de réunir toutes les compagnies franches, en bataillons de la même formation que ceux de l’infanterie légère. On produira par cette réunion,le grand bien de diminuer la nombreuse correspondance du ministre de la guerre; et ce qui est plus à considérer, de favoriser le maintien de la discipline, qui est toujours meilleure dans les gros corps que dans les petits.

On propose aussi de diviser les légions, en séparant les deux espèces d’armes qui les composent, La réunion de la cavalerie et de l'infanterie, peut se faire très bien, sans réunir pour cela Padministration des deux armes. Elle a lieu réellement aux avant-gardes, qui sont composées d'infanterie et de cavalerie, commandées par un général et son état major. Ces légions n’ont pas une organisation uniforme, leur mode de recrutement occasionne des plaintes d’un grand nombre de généraux et de chefs de corps. 4

Enfin, quelques-unes de ces légions ont le tort, qui en est un bien réel dans une république, d’être plus connues par le nom du général qui a sollicité leur formation, que par celui que le: décret leur donne.

La Convention fera disparaître tous ces inconvénients et réduira les difficultés de l'administration de la guerre, en autorisant le ministre à former des bataillons d'infanterie légère avec linfanterie des légions ; des régiments de hussards ou de chasseurs à cheval avec leur cavalerie; des compagnies de canonniers de régiments à cheval avec leurs compagnies d'artillerie, selon leur organisation.

Infanterie volontaire légère. — On propose pour cette espèce d’infanterie, la même désignation que pour l'infanterie légère engagée.

Le ministre aurait l'intention de réunir les compagnies de chasseurs à pied, formées dans le même département ou au moins dans les départements limitrophes.

Cavalerie de ligne. — Le ministre rappelle à la Convention le mémoire qu’il lui a adressé le 19 novembre dernier,sur la nécessité et les moyens de remonter notre cavalerie et de la mettre ‘en état d’être opposée avec succès à celle de nos ennemis.

11 est instant de prendre ce mémoire en considération. Les moments s’écoulent et il faut du temps pour acheter les chevaux et pour les former.

La Convention est priée de prendre aussi en considération le mémoire qui lui a été envoyé dernièrement, pour la formation de 2'‘régiments de dragons à Angers.

Cavalerie volontaire de ligne. — Il existe peu de corps volontaires à cheval, que l’on puisse assimiler à la cavalerie de ligne.

Cependant, on propose d’assimiler leur formation à celle de la cavalerie de ligne, afin de diminuer les entraves de l’administration de la guerre.

Cavalerie légère. — C’est principalement cette espèce de cavalerie, que la république doit se hâter d'augmenter. Nous sommes bien loin à cet égard d’être en mesure avec nos ennemis. Cependant, les comptes que le ministre reçoit, le mettent en état d’assurer la Convention que cette cavalerie légère sert avec tant de civisme, d’ordre et de courage, qu’elle rend moins sensible le

défaut du nombre vis-à-vis de nos ennemis.

Cavalerie volontaire légère.— C’est avec raison que la Convention organise en cavalerie légère, les citoyens qui se pressent de servir la République dans les troupes à cheval ; il est cependant une chose à remarquer, c’est que le trop grand nombre d’organisations nouvelles pourrait nuire à l'augmentation de lancienne.

Or, cette dernière mesure est préférable, parce que les nouveaux cavaliers sont bientôt instruits dans un ancien régiment, au lieu qu’il s'écoule toujours un’long intervalle de temps entre le décret de la création d’un nouveau régiment de cavalerie et le moment où les généraux de la république peuvent en faire usage.

On propose d'autoriser le ministre de la guerre à donner la formation de la cavalerie légère proprement dite, à ceux des nou-

veaux corps à cheval, nouvellement levés, qui ne l’ont pas déjà.

Arlillerie de Pare. — On ne saurait trop donner d’éloges à cette troupe. Son civisme, son courage, son adresse sont bien connus de nos ennemis.

Ce corps ne peut suffire au service de notre artillerie actuelle. Il convient d’ailleurs d’en réunir ses parties extrêmement disséminées dans ce moment. Ces considérations ont été présentées plus haut, pour engager la Convention à remettre aux régiments d'infanterie, le service de l’artillerie de campagne qu'ils mènent

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avec eux. Cette mesure portera sur le champ, notre artillerie au-dessus de tous les efforts que l’Europe réunie pourrait fare en ce genre.

Artillerie légère. — Cette troupe, à peine formée, s’est fait redouter de nos ennemis. On propose de la séparer de l'artillerie de parc, à laquelle elle ne peut tenir sans de grands inconvénients.

Une troupe à cheval demande une instruction et une administration toute particulières. Il est utile, d’ailleurs, de préparer d'avance le moyen d'augmenter facilement et promptement notre artillerie légère.

Ce moyen consiste à former d’abord 3 régiments de 3 compagnies chacun ; on les divisera ensuite en 4, formant 2 escadrons et on les portera au complet de 80 hommes par compagnie.

Dès que ces nouveaux artilleurs seront instruits, si la Convention le juge convenable, on doublera chaque escadron pour faire un escadron de chaque compagnie, qu’on portera ensuite au compte. Après ces différentes opérations, on aurait 3 régiments d'artillerie légère de 4 escadrons chacun, ce qui ferait 24 compagnies. Pour la campagne prochaine on devra s’en tenir à 3 régiments de 2 escadrons chacun.

Artillerie volontaire légère. — II n’en existe qu’une compagnie. Si la Convention le juge convenable et qu’elle accorde des fonds pour cet objet, on engagera la ville de Paris à compléter un régiment de 4 compagnies, compagnies de 80 hommes chacune, comme l'artillerie légère.

Gendarmerie nationale. — On n’a pas parlé dans ce mémoire de la gendarmerie nationale à cheval, employée dans les armées. Le nombre de corps militaires actuellement levés, étant plus considérable qu’il n’est nécessaire pour la campagne prochaine, la Convention pensera peut-être que le service de la gendarmerie sera plus utile dans les départements. Les directoires demandent. tous de la troupe de ligne à cheval, pour maintenir l’ordre et le respect aux lois; mais “dans une guerre aussi générale que celle dont la république est menacée, la place de toutes les troupes de ligne est à l’armée.

Quant à la gendarmerie à pied, il serait peut-être à désirer que sa fonction soit semblable à celle de l'infanterie volontaire de ligne ; mais comme c’est une troupe privilégiée et que sa force . ne fera que rendre plus certains les calculs présentés dans ce

mémoire, la Convention laissera sans doute à son égard les choses telles qu’elles sont.

A LA FIN DE 4792 339 Il convient maintenant de faire voir que si les propositions

du ministre de la guerre sont adoptées, l’armée française sera assez forte pour résister à tous les ennemis de la République.

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