Personnel: avancement, déserteurs
Avancement. — Le ministre estime qu'il y a lieu de donner le plus de publicité possible aux listes de propositions pour l’avancement, tant à l’ancienneté qu’au choix, pour faciliter les réclamations des tiers et éliminer les indignes. Il décide donc qu’à l'avenir, les états de proposition aux emplois, « qui doivent être donnés à l’ancienneté, seront dressés conformément aux dispositions des lois sur l'avancement, par les conseils d’administration des corps de troupes et envoyés ensuite au général de Parmée », Au contraire, ceux qui doivent être donnés au choix, seront dressés par le général d’armée.
Avant d’être envoyés au ministre, «les uns et les autres (4), seront inscrits sur le livre d'ordre de l’armée, lorsque les troupes seront campées ou cantonnées en corps d'armée et lus à l’ordre
1. Circulaire du ministre de la guerre aux généraux d’armées, 18 janvier.
de la place, lorsqu'elles seront en garnison et ne feront partie d'aucune armée. »
Déserteurs. — Nous avons déjà examiné les mesures prises dans le courant des mois de novembre et décembre, pour arrêter la désertion, véritable plaie qui ronge nos troupes en opérations.
51 le décret rendu à cet effet le 13 décembre 1792, promet d’avoir à’la longue une certaine eflicacité, il s’agit de remédier à un autre aspect du mal, signalé en particulier par les commissaires en Belgique (1) : des généraux, des commissaires des guerres, recrutent dans les bataillons d’ancienne formation pour les corps nouveaux. Les soldats s’empressent de répondre à leur appel, dans l'espoir de toucher une prime et d’être habillés de neuf. Cet abus ne tend à rien moins, qu’à désorganiser les bataillons de volontaires.
Pour mettre fin à semblables errements, le comité de la guerre rédige un projet de décret, que l’assemblée vote à la fin de décembre (2). Désormais, les soldats qui sy prêteront, « seront considérés comme déserteurs et punis comme tels. Ceux qui les auront embauchés, seront punis selon les lois ».
Le ministre envoié des circulaires d'application aux différents généraux. Les soldats qui ont quitté dit-il, «très fautivement leur régiment ou bataillon pour s'engager dans un autre, ont occasionné une suite de dilapidations, qui fait une véritable peine à ceux qui aiment la République. Employez, ajoute-t-il, tous vos moyens, pour réparer ces abus et faites la même recommandation aux commissaires des guerres » (3).
Par ailleurs, la désertion proprement dite continue. Des plaintes à ce sujet parviennent au ministre de toutes les armées. L’une des plus caractéristiques, émane du lieutenant général Moreton, commandant d'armes de Bruxelles (4), qui rend compte que certains bataillons, comme celui de Gravillers, n’ont plus que 80 hommes, officiers compris.
Comme l’on attribue cet état de choses au départ continuel de volontaires, qui estimant la campagne terminée, regagnent leur foyer sans congé, le comité de la guerre fait rendre deux décrets, déterminant quelles sortes de congés peuvent être seuls désor-
mais accordés régulièrement aux volontaires (5).
1. Les commissaires en Belgique à la Convention, 22 décembre, Aulard, 1,991.
19: Décret du 28 décembre 1792, Lois, XII, 66. Pache au général Ferrand, 5 janvier 1793. À. G. | Moreton, lieutenant général à Bruxells à Pache, 8 janvier. A. G. Décrets d2s 9 et 24 janvier 1793, Lois, XII, 72 et 81.
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