‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 65 sur 327 · MER — SERVAN AU MINISTÈRE : L'HOMME ET SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

MER — SERVAN AU MINISTÈRE : L'HOMME ET SON ŒUVRE

Le Conseil exécutif provisoire du 10 août. Servan, ses antécédents son caractère. Entrée en fonction de Servan ; le commandement et l’organisation générale de l’armée. Ses rapports avec le Comité Militaire.

Le Conseil exécutif provisoire du 10 août. — Le 10 août, aussitôt l’insurrection victorieuse, l'assemblée constate l'effondrement de l’exécutif qui vient de succomber en la personne du monarque et remplace ce pouvoir défaillant par un Conseil Exécutif Provisoire composé de six ministres.

Elle acclame les noms de trois girondins démissionnaires le 12 juin, qui ont alors emporté avec eux « les regrets de la Nation». Roland, Clavière, Servan (2), sont chargés respectivement des départements de l’intérieur, des finances, de la guerre.

L’assemblée leur adjoint Danton, Monge et Lebrun (3), à la justice, à la marine, aux affaires étrangèrés.

Servan, ses antécédents, son caractère. — Servan que la confiance de l’assemblée vient de placer à la tête de l’administration de la guerre, n’est pas un homme nouveau. Il a déjà fait ses preuves.

Joseph Servan était né à Romans le 12 février 1741 (4). Il s’en-

1. Nous avons en outre une quinzaine de mille hommes sur la frontière

des Pyrénées.

© 2. Le décret de nomination est du 10 août 1792, promulgué le 11 sous la signature de Danton, À. G.

3. Lebrun que nous allons voir exercer par la suite l'intérim de la guerre est un ancien abbé devenu soldat, puis ouvrier imprimeur, enfin rédacteur du Journal Général de l'Europe, publié à Liège. Girondin ardent, il partage la fortune de ce parti. Brissot se l’attache en 1791. Dumouriez le nomme premier commis du ministère des relations extérieures. I passait pour avoir la plume assez facile, mais manquait souvent d'adresse.

I1 convient de noter que le départ de tous les ambassadeurs après le 10 août, réduisit à peu de chose le rôle diplomatique de Lebrun, Dumouriez, Mémoires, II, 49; Desmoulins, Histoire des Brissotins, 43; Chuquet, Guerres de la “révolution, 2;

- 4, Etat des services de Servan Joseph, fils de Joseph et d'Anne Héray, né le 12 février 1741 à Romans (Drôme).

NÉS OMANSE(DrOME) IC MT ee MRePeieieie e clefs che s eleete 12 février 1741. Attestation de sa qualité de gentilhomme........ 3 novembre 1760. Volontaire au régiment de Guyenne Infanterie ... 25 décembre 1760. IDE Ou ne TARCS ESS RES RS RER RRR ORE 30 mars 1762. Sous-lieutenant à Dauphin Infanterie ............ 16 février 1763. SOIR AIONe nes eue eus eer cie e ce Li20 Novembre 217065. ASC E TAN OPA EME ne ee alone nee tesste eue ele die oleioie ce ete 11 avril 1770. LEMURE Moto te do OT AE TOP NO UE 24 mars 1772.

Démissionnaire, lors ‘de la nouvelle formation des

H. Libermann 6

gage au régiment de Guyenne Infanterie en 1760, et comme il est gentilhomme, il est nommé enseigne deux ans plus tard ; puis capitaine en 1776 après la campagne de la Corse.

Démissionnaire en 1779, il profite de ses loisirs pour écrire un ouvrage plein d'originalité « le Saldat Citoyen » (1), où il préconise d’assurer le recrutement de l’armée par une sorte de conscription, voire même par le service universel obligatoire (2). Il attire ainsi l’attention et se procure de puissants appuis comme celui du

régiments de grenadiers de l'Ile de France ..... 8 avril 1779. Major du fort Saint-Jean à Marseille et adjoint au

lieutenant du roi en cette place .............. 22 octobre 1790. ER CFOTIMRE RES Se ce data recleiee Cl TT CRE 1 août 1791. Lieutenant colonel au 61° régiment ............. 6 novembre 1791. Colonel aus 1lOdSEréSNMeNnt Aer EC RE Er ee 7 mars 1792. Mau échall de Camp ee RE S mai 1792.

MINISTRE SURESNES 9 mai 1792.

AuCeSSÉ se SON CUONSIEREE PCR EER EE R 12 juin 1792. Émplosé ra T'uameée ESS INDIER ER rene rec 13 juin 1792. Employé -aurcampede SOISSONS ER Me 2 août 1792. Ministre: deep uen Dee due Re ce 10 août 1792. Lrmutenant-LéRéTal RER SERRES SET 25 septembie 1792. Général en chef de l’armée des Pyrénées ........ 30 septembre 1792. Ourttédlemimstère ART COTE ET CREER 6 octobre 1792. Général en chef de l’armée des Pyrénées-Orien-

CAES RE DE RE Te PR RAR SR SAR 1 mai 1793.

Non compris dans l’organisation d2s états-majors

LOS 2 TR A LOS 2 Re RO RAT RSS 15 mai 1793.

CESSE SES ATONCTIANS LE LR PR RS CR NE R Te R 4 juillet 1793.

Arrêté chez lui à Condrieux, traduit à Lyon devant . une commission militaire, conduit à Paris, détenu à l'Abbaye, libéré après thermidor, inspecteur général d:s armées des Pyrénées-Orientales et

Oeciden tisse RD ETS MREENTSE SEM 13 juillet 1795. Ministré plénipotentiaire en Espagne ..:........ 15 juillet 1:95. Réformé pai suite dissolution armée des Pviénées. 12 octobre 1795. Admis ‘au traitement. de réformes. 12 août 1797. Chargé d2 l'organisation des b taillons auxiliaires

dela 952 AIVISTONTTNILITAR ETES TRS TERRE 3 juillet 1799. Commandant la 208 division militaire............ 15 décembre 1799. Chargé de pouvoirs extraordinaires pour la répres-

Sion des = DriIANTAGeSE AT TN NAN PISTE 17 mars 1800. Commandant la 10 division militaire ........... 11 mai 1800. PNÉMASSION TAN PARIS M ENS RENAN 31 juillet 1800. Non compris dans l'organisation des états-majors . 6 août 1800. Admis en traitément de réformes... "rer men 21 mai 1801. Inspécteuriensohef des armées nr TR ee 10 mars 1803. Retraité par idécret lee re ER MONA ARENS DRE 3 mai 1807. Décédé à Paris; les: EE MEN ER RE 10 mai 1808. -

Campagnes : 1761 sur les Côtes, 1769 Corse, 1792, 1793, 1795 armées de

la Savoie, des Pyrénées Orientales et Occidentales. A. G. j

1. « Le soldat citoyen, ou vues patriotiques sur la manière la plus avan tageuse de pourvoir à la défense du royaume », 1780, -

2. Les 30 provinces ou généralités fourniraient chacune 9,400 hommes ; l: service serait obligaloie pour tous de 18 à 40 ans en cas d’invasion:

en temps de paix, chaque citoyen servirait 8 ans personnellement ou par remplaçant,

LOL dE Se. 0 de ee di.

prince de Eambesch et du baron de Bézenval qui le fait décorer de la croix de Saint-Louis (1) et nommer sous-gouverneur des pages.

En 1790, il rentre au service comme major du fort Saint-Jean à Marseille ; mais il est mis à la réforme le 1er août 1791 par suite de lhostilité que lui témoigne M. de Saint-Priest, ministre de la Maison du Roi.

Toutefois, il compte déjà assez d’amis parmi les députés de la gauche, pour se remettre rapidement en place. Moins d’un mois après, il est nommé lieutenant-colonel au 61€ régiment, puis colonel au 1042. Enfin, ses opinions girondines bien connues, lui font obtenir coup sur coup le grade de maréchal de camp et le poste de ministre de la guerre le 9 mai 1792.

Succédant à de Grave, au lendemain de l'entrée en campagne, il se trouve en présence de réelles difficultés. Rien ou presque rien n'a été préparé. [1 faut faire face à la situation en improvisant à la hâte des mesures insuffisamment müûries. Tel apparaît son fameux projet de formation d’un camp de 20.000 fédérés sous Paris, l’une des causes du renvoi du ministère girondin et de la journée du 20 juin.

Au lendemain de sa chute, Servan se voit sévèrement critiqué par son successeur Dumouriez, dont il s’est fait un ennemi personnel (2) : « cependant le dernier ministre, déclare celui-ci à l’assemblée, qui s’en est rapporté à ses agents malgré leur infidélité et leur incapacité reconnues, puisque ce sont les mêmes agents qui sous les trois précédents ministres ont aidé à tromper la nation et à réduire sa force armée à un point effrayant malgré une dépense énorme, est démeuré reprochable tant de la comptabilité que des suites funestes que peut entrainer cette désorganisation ». Et plus loin, il ajoute non sans ironie : « Il a montré des vues très patriotiques et beaucoup de zèle pour remonter l’état militaire ; mais je lui demanderai si les moyens qu’il a employés Jui paraissent suffisants. »

Cependant, le nouveau maréchal de camp se voit employé d’abord à l’armée du Midi, puis au camp de Soissons.C'est là qu'il apprend la journée du 10 août et son retour au pouvoir.

Son caractère. — Quelques reproches qu’on lui ait adressé (3), 1l n’en résulte pas moins, d’après les témoignages des contemporains, que Servan est un honnête homme, très froid, austère même, obstinément fidèle aux principes de la révolution, animé d’un patriotisme ardent. Mais sa mauvaise santé, l'influence de ses amis

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