L'UTILISATION DES CHUTES D'EAU
Mais l'idéal de l'industrie ne serait-il pas, au lieu de provoquer de nous-mêmes des transformations naturelles d'énergie comme la combustion du charbon, de nous opposer, au contraire, autant que possible, à ces transformations naturelles, et de recueillir directement l'énergie utilisable que là nature nous présente ? Il y a là double bénéfice : nous sommes dispensés de fabriquer nous-mêmes l'énergie utilisable qui nous est donnée; et nous arrêtons en partie la dégradation de cette énergie utilisable.
C'est ce double avantage que nous procurons en utilisant pour la production de l'énergie mécanique les chutes d'eau. Si nous n'exploitons pas la chute, elle pourra donner lieu à des effets pittoresques ; en pareil cas, il faut se garder d'attenter, par des considérations utilitaires, à la poésie de nos sites : l'œuvre à faire est assez vaste aux points où l'on ne nuit en rien à la beauté des paysages. Mais, — en dehors de ce cas, — nous savons que l'effet physique et mécanique de l'eau courante est une perte de force vive par frottements contre le lit, et contre les rives; et une transformation d'énergie cinétique en énergie calorifique par chocs et par tourbillons. C'est une dégradation d'énergie, qui ne profite à personne. Et il y a plus. Ces frottements et ces tourbillons creusent le lit du torrent, attaquent les rives, exigent des travaux de protection et de défense si l'on entend