ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
L'électricité industrielle ne constitue rien de pareil. Elle n'a pas apporté une source nouvelle d'énergie mécanique. Pour faire marcher une machine électrique qui donne du travail et de la chaleur, il faut dépenser de l'énergie prise à l'une des sources déjà connues : il faut produire du travail, ou bien brûler du charbon ou du zinc.
Seulement l'électricité nous offre une source d'énergie qui se prête avec une admirable souplesse au transport et à la transformation, et qui offre, par-dessus tout, le précieux avantage de fournir de l'énergie de forme supérieure, directement équivalente à de l'énergie mécanique.
Disposer entre deux, bornes d'une distribution électrique d'un voltage donné, et, entre ces points, d'un appareil électrique susceptible de supporter un courant donné, c'est disposer d'une puissance égale au produit du voltage par le courant. Avec une distribution à 110 volts et un appareil, machine ou lampes, prenant 5 ampères, on a 550 watts, utilisables immédiatement sous la forme d'énergie que l'on veut. La dynamo fonctionnant comme moteur convertit aisément, sans déchet notable, l'énergie électrique en énergie mécanique : la réversibilité de la dynamo, qui est une de ses propriétés les plus précieuses, — j'entends la réversibilité dans des conditions vraiment pratiques d'excellent rendement dans les deux sens, — résulte de l'équivalence de qualité des énergies mécanique et électrique.
De l'énergie électrique, comme de l'énergie méca-
nique, une petite fraction passe toujours à l'état de déchet, et ne se retrouve plus que sous forme de chaleur : c'est la chaleur dégagée dans la résistance des fils conducteurs qui transportent le courant. Par contre, l'électricité offre l'avantage de permettre la localisation précise de cette dégradation, et l'apport de chaleur au point voulu, d'où elle sera utilisée sur place ou rayonnée au loin.
On rappelle ici que l'unité d'énergie employée en électricité est le joule. C'est le travail qu'effectue un coulomb , tombant de un volt. Le joule vaut à peu près un dixième de kilogrammètre, exactement km ,102. L'unité de puissance est le watt qui vaut un joule par seconde et qui est la puissance dépensée dans un appareil parcouru par un courant d'un ampère, ayant entre ses bornes une tension d'un volt. Le watt a servi à son tour à former les noms des unités auxiliaires d'énergie : hectowattheure et kilowattheure.
Le coulomb lui-même est la quantité d'électricité qui, en traversant un bain d'argenture, dépose 1 milligramme,!^ d'argent; l'ampère, qui est l'unité de courant, est le courant qui, par seconde, transporte un coulomb, ou qui, passant dans un bain d'argenture, y dépose 1 milligramme, 118 d'argent en une seconde. Un coulomb est la même chose qu'un ampère-seconde ; et un ampère-heure vaut 3.600 coulombs.
Pour se faire une idée concrète du volt, il suffît de se rappeler que les distributions électriques des appartements ont en général une force électromotrice de 110 volts. Si le voltage tombe au-dessous, les lampes électriques usuelles cessent de briller et d'éclairer. Au-dessus, elles sont éblouissantes, mais éphémères.
Quand il a passé un coulomb dans le filament d'une lampe usuelle de 16 bougies et 110 volts, — ce qui demande environ deux secondes, — c'est qu'il a été dépensé 1x110 = 110 joules d'énergie électrique.
FORMES SUPÉRIEURES DE i/ÉNERGIE 47
Une pile d'un volt pourrait être définie : une pile qui, moyennant une dépense d'énergie d'un joule, donne un coulomb d'électricité. Un accumulateur a une force électromotrice toujours voisine de deux volts : c'est dire que pour lui donner une charge d'un coulomb, il faut dépenser deux joules ; et une charge de 3.600 coulombs ou d'un ampère-heure, il faut dépenser deux fois 3.600 joules, soit deux wattheures ou un cinquantième d'hectowattheure.