‹ La démenceChapitre 80 sur 92 · Psychoses avec symptômes somatiques cérébraux · texte numérisé non relu

Psychoses avec symptômes somatiques cérébraux

Mélancolie simple 35

Mélancolie agitée i8

Mélancolie stupide 3

Manie 9

' Folie commune ? 11

Folie à forme abortive 7

Demi-sénile 5

Démence avec lésions localisées.. . 9 P. G o

Total. . . 96 (67 -h 28).

M. le D** Magnan, médecin en chef du service de l'admission à l'asile clinique, parlant du mouvement des entrées en iSgS, disait:

« Les déments séniles et les malades atteints de démence organique s'élèvent à 698 et dépassent encore de beaucoup le sixième des entrées. Ce chiffre comprend Sog hommes (228 déments séniles et 76 déments de cause organique).

« La plupart de ces malheureux déments peuvent devenir souvent dangereux lorsqu'ils sont livrés à euxmêmes ou qu'ils ne sont pas entourés d'une surveillance suffisante ; ils peuvent par mégarde mettre le feu à leur logement, déposer sans s'en apercevoir une lumière sous un meuble, sous un rideau ; d'autres fois ils allument inconsciemment du papier, des chiffons au milieu de la chambre, ils jettent par la fenêtre encore d'une façon inconsciente, des objets qui leur tombent sous la main, ils sortent à moitié vêtus, se perdent dans les rues ou sont renversés par

des voitures ; ce sont là tout autant d'accidents qu'un entourage attentif préviendrait facilement et c'est pour cela que faute d'hospices assez vastes pour recueillir ces infortunés, l'Assistance familiale, telle qu'elle est pratiquée déjà à Dun-sur-Auron, est suffisante pour plusieurs de ces malades. »

Je ne retiendrai en terminant, au sujet des démences qu'un seul fait qui me paraît intéressant au point de vue psychologique en même temps qu'au sujet de l'action thérapeutique du régime familial. Bon nombre de malades, signalées depuis plusieurs années comme démentes incurables, après un internement prolongé, sont revenues, une fois rendues à un milieu familial, au bout de quelques semaines, à un état mental visiblement meilleur, s'intéressant peu à peu à l'intérieur, sortant du mutisme et de l'inertie pour s'occuper à l'incitation de leur entourage ; elles en arrivent à prendre part aux conversations et à acquérir à nouveau quelques notions élémentaires, leur permettant de s'adapter à une existence sociale normale. C'est comme un réveil des vieux souvenirs de l'existence antérieure à l'internement, souvenirs que la vie d'asile tend à éteindre. Sans que le fond démentiel en soit beaucoup modifié, ces malades, en famille, prennent des allures plus normales et contrastent par ce nouvel aspect avec leur attitude antérieure, inerte, atone, en quelque sorte végétative, que ,1e médecin d'asile connaît bien pour l'avoir observée chez ces vieilles démentes, piHers d'infirmeries, avec le mobilier desquelles elles semblent faire corps par leur immobilité. Les médecins écossais, qui ont observe ces faits dans leurs colonies familiales, ont décrit

Vasylùm dementia, autre pseudo-démence, résultat de l'internement prolongé dans un milieu anormal, qui vient compliquer l'affaiblissement sénile réel qui avait conduit les malades à l'asile.

Une amélioration de l'état mental, dit le D*" Fraser, se produit pour la plupart des cas envoyés de l'asile en famille. Ce changement peut être attribué à l'influence inhibitoire du milieu ambiant, une fois que le malade est soumis à des soins particuliers. La société de personnes saines, l'exemple des nourriciers: la présence des enfants et différentes autres choses, tout, de près ou de loin, influe sur son caractère. Il en résulte souvent que le malade paraît plus raisonnable qu'il n'était en réalité et quelquefois le devient réellement. Il comprend bien vite que les écarts de caractère ou de paroles choquent la famille où il est.

C'est ce que le D"" Turnbull appelle l'action tonique du Private dwelling System,

MoREAu (de Tours) disait de même, il y a trente ans * :

« L'isolement est, dit-on, la première condition du traitement d'un aliéné...

« Mais, dans un asile, le malade est bien plus séquestré qu'isolé. Autant l'air ambiant, je parle au moral comme au physique, est peu favorable dans nos grands asiles où se trouvent agglomérés par centaines des aliénés de toutes sortes, autant cet air pur et vivifiant au milieu d'un grand village, au sein d'une famille dont le malade partage les travaux et la vie tout entière, où il retrouve en quelque sorte les pa-

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