‹ La Démence PrécoceChapitre 11 sur 21 · ADO · texte numérisé non relu

ADO

OBSERVATION Î (résumée).

Due à l'obligeance de M. le docteur D1DE.

Démence précoce à forme simple. Effondrement de l'affectivité et de l'activité. Inertie. Indifférence. Sourires paradoxaux. Absence de

délire.

P... V..., 20 ans. Entrée : le 7 mai 1924.

Certificat médical. — Est atteint de troubles mentaux caractérisés par un fléchissement de l’activité, une indifférence affective extrême, des gestes et des actes paradoxaux (docteur Soula, agrégé de la Faculté de médecine de Toulouse).

Certificat de vingt-quatre heures. — Est atteint de fléchissement de l'élan psycho-biologique avec réactions paradoxalés, récriminations ayant des prétentions moralisatrices, accusations calomnieuses, menaces de violences. Malade dangereux malgré des allures souvent négatives. ;

Cerlificat de quinzaine. -- Même état (docteur Dide, médecin directeur de l’Asile de Braqueville).

Ant‘cédents héréditaires. — Grand-père maternel aurait fait quelques excès alcooliques. Père et mère bien portants, vivanl séparés.

Antécédents collatéraux. — Deux frères et deux sœurs en bonne santé.

Antécédents personnels. — Pas de maladies antérieures.

Interrogatoire. — D. Quelle était l'instruction religieuse de ton père ? |

R. Il était catholique pratiquant ; il allait à la messe et communiail presque tous les jours; c’est là quelque chose d’abrütissant qui le rendait mauvais.

Ma mère vient de revenir à Toulouse; mes parents ont vécu longtemps séparés. Ils étaient en désaccord à cause de questions de religion et peut-être à cause du cäractère violent de mon père.

Mon père a primitivement fait des études d'agriculture, il s'occupait d'élevage de moutons et de canards du côté d'Angers, il dressait aussi des chevaux.

A 39 ans, mon père a abandonné l’igriculture pour aller étudier la sculpture à Paris ; il vivait modérément, pas très à son aise. Pour améliorer sa situation, il faisait le porteur aux-halles.

Il est venu à Toulouse parce que c’est une viile d'artistes et pour suivre le mouvement artistique.

J'avais un oncle prêtre, il est mort; un autre, prêtre également, est vivant.

Le malade ajoute spontanément que du côlé maternel son grandpère aurait fait quelques excès alcooliques.

Propos textuels du malade. — Je n'ai pas été à la communale; mon père ne le voulait pas: il habitait à ce moment-là là campagne, il nous faisait la classe lui-même, matin et soir, deux heures chaque fois.

A 13 ans, j'ai élé dans un collège libre à Combray (Maine-et- Loire). J'y ai fait mes classes de 6, 5, et 4° B. J’y suis resté trois ans. J'ai quillé le collège parceque je n’avais pas de goût pour les éludes, je suivais péniblement, j'avais un rang moyen, j'étais fréquent aux maux de têle en sortant de la classe.

En sortant du collège, je suis allé en Normandie, dans un domaine agricole (École de Calmont). è

J'y suis resté irois mois, le chef stagiaire m’a renvoyé parce qu’il ne me trouvait pas assez robuste.

Je suis revenu à Nantes où pendant six mois j’ai suivi des écoles et fait des études secondaires. J'étais fatigué, j'avais des idées poires, j'étais dégoüûté, je ne réussissais pas à ce que je voulais, je souffrais de neurasthénie, je n’avais pas d'amis, je ne connaissais pas de femmes, je sens que cela m'aurait dégrossi.

Cette neurasthénie m'était donnée par des idées religieuses, j'élais tracassé pour savoir si la. moindre chose, les moindres actes étaient bien ou mal, j'avais des scrupules, j'étais tracassé, torturé.

Je suis revenu à Angers où j'ai travaillé dans une école d'agricullure (cours théorique et pratique). |

Je suis parti parce que le genre de travail qu'on faisait ne m'inté- ressait pas, et puis la marche de conduite de la maison génait mes idées.

Je suis veuu à Toulouse, en 1923, chez mon père qui est peintre,

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‘je l’aidais dans ses travaux, j'allais surtout faire les commissions en vi.le et je portais les commandes. Au bout de trois ou quatre mois, ce travail ne me plaisait plus et c’est alors que je suis allé dans ies Landes, dans un domaine agricole où je suis resté un an.

Examen actuel du malade. — Sentiment intérieur et affectif. Le malade déclare que sa sensibilité est altérée et éprouve l'impression que sa vie intérieure est apathique, alourdie, obscurcie. La sensibilité, dit-il, est comme éteinte, alténuée. Il n'arrive pas à éprouver clairement les sentiments de tristesse et de gaieté. |

Parfois (propres paroles du malade), j'ai des sursauts d'énergie, mais il faut que je sois entrainé par quelqu'un qui est plus clair que moi.

Étant dehors, je n'éprouvais pas pour mon père un entraînement de sympathie réelle, parce que je ne découvrais pas à son contact l’intuilion d’un: avenir brillant. Le malade cherche ses mots pour arriver à exprimer exactement ce passage du sentiment dans la conscience claire.

Réactions spontanées. Le malade exprimant sa pensée est quelquefois amené à répéter cinq ou six fois la même phrase ou le même mot, comme si sa pensée claire reslait par moment en stagnation.

Fréquemment, il entremêle ses discours de réactions affectives paradoxales ; il sourit sans motif apparent.

Ces sourires surviennent surtout après ou à l’occasion de phénomènes palilaliques. Parfois encore, il réalise des gestes tout à fait imprévus, comme par exemple de tracer dans l’espace plusieurs circumductions avec l'index, il cherche bien à fournir de ce geste une explication, prétendant que c'est pour marquer sa facilité à apprendre à écrire (question à ce moment posée), mais ce symbolisme est inadéquat. |

Pensée onirique et libération de l'activité.

Il m'arrive fréquemment de æêver, et le souvenir de mes songes reste présent à mon esprit. Dans ces conditions, je jouis d'une activité exactement opposée à mon inertie habituelle, j'agis facilement et brillamment. Je me trouve, par exemple, dans les Balkans, où je commande des armées el je triomphe le plus aisément de toutes les difficultés,

Il m'arrive fréquemment de rêver la nuit que je parle avec une femme. Je suis galant, entreprenant, j'arrive aisément à la convaincre et cela se lermine toujours par une élreinte. A l’élat de veille, au contraire, je ne puis jamais arriver à exprimer mon désir, bien que je l’éprouve, mais ce désir n'a jamais été un amour sentimental.

Je suis ici à Braqueville, j'y suis entré au mois de mai 1923.

Je ne m'entendais pas avec mon père qui me faisait toujours des reproches parce que je ne voulais pas travailler; j'avais quelques passages violents, j'étais excitable.

Je suis froid avec lui, il m'est indifférent.

J'ai acquis beaucoup de science depuis que je suis ici, mes idées sont devenues plus claires, plus lucides, ma tête est revenue d'aplomb.

Je voudrais sortir, je ne me sens pas capable en partant de me livrer à un travailrégulier; je voudrais m'engager parce que je crois qu'avec la discipline ça marcherait bien.

Ici, je ne fais pas grand’chose, je lis des journaux, mais pas bien longtemps parce que ça me fatigue le cerveau.

Mots inducteurs (Épreuve) :

Fenile 2-4. 0 Feuillage.

Éroldeie niree Froidement.

NT RE Re OA Fraternellement.

Gracher ere Crachement.

GarCome Here Garçonnière.

Ban per En . Blanchement... non blanchâtre.

MÉTONTERE ESSENCE Entêtement.

Soixante:. .: 2. ... Soixantaine.

COUSINE Cousine.

HOUSE Herr ne Rougeâtre.

CRASEIN eee ee Chagrine.

PASSE LA .. « Lassement.

Dhassér nm te Chassement (après réflexion).

CATAVTE MEET EE Cadavérique.

HAUTES rc matautement:

CURE - Curement (longue réflexion.

Un eee Unité.

Monet Voyant... Pour les infinitifs, on ne peut pas démem-

brer la phrase.

ChaMPre ARR E Chambrée.

ss...

Douloureusement .

Lentement........

Dégoubantre ere Désirer ner.

Conscience........

Larsementi "#7 Mortel nat Chatouillement....

Femelle......,. EF

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