‹ La démocratie devant la science; études critiques sur l'hérédité, la concurrence et la différenciation. 3. éd. augm. d'une préf. sur la sociologie monarchiste 1923Chapitre 102 sur 161 · Origine, p · texte numérisé non relu

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ce pas une conséquence du darwinisme que: de nous représenter l’évolution des êtres comme indépendante de toute visée? Ne nous découvre-t-il pas, dans leur ascension, une œuvre toute mécanique, la résultante de frottements et de tassements dans lesquels l'esprit n’a pas:à intervenir?

Nous avons vu en effet qu’on ne pent plus:s’y tromper. En constatant que la sélection naturelle était conçue à l’image de la sélection artificielle. Darwin avait averti qu’on ne prît pas à la lettre les personnifications inévitables dont il: usait: Et le premier caractère de: sa théorie était précisément de rendre inutile ce finalisme auquel on le blâmaitide s’attarder: « Son mérite, dit M. Delage ', c’est d’avoir montré comment on peut exphiquer,, par: des forces aveugles, une harmonie finale qui, jusqu’à lui, semblait démontrer l'intervention d'une intelligence supérieure. » Il se produit bien suivant lui: des sélections, des tris, des choix dans la nature, mais spontanément ou-pour mieux dire automatiquement, par dés concours de forces non dirigées: Le but est touché, mais sans avoir été visé ?,

I! faut'aller plus loin: Si peu de gens partagent aujourd’hui l'erreur de’ Flourens, et accusent ou louent le darwinisme de prêter dés: vues à la nature, beaucoup semblent admettre qu'il suppose certaines tendances au sein des êtres individuels et’ enveloppe une sorte de: finalisme: interne, propice aux réintégrations idéalistes: L'évolution, si elle ne suppose plus un plan providentiel ou préconçu, impliquerait du moins; en chaque être qui lutte, une volonté d’être, une « pensée obscure », un «effort vers la vie* ». La théorie darwinienne n'a nullement besoin de ces hypothèses. La preuve en est

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