Romanes, op. cit., p
3. Espinas, op. cit., p. 128. Of. Yrjô Hirn, The origin of Art, p. 188. K. Groos, Les Jeux des animaux, p. 2753. Weismann, Voriräge, fs paant,
k. Darwin, Descend., IF, p. 435.
choisir des mâles par ordre de beauté décroissante !. Sans un effort pour satisfaire ces goûts et décider ces préférences, les manifestations que.nous avons rappelées resteraient incompréhensibles. «Tout bien pesé on ne peut, conclut Romanes”, y. trouver. d’autres motifs. » On est bien forcé d'inférer, sans pouvoir en donner la preuve directe, . que. la femelle exerce un choix.
Imaginez, nous dit Darwin *, qu'un habitant de quelque autre planète aperçoive une troupe de jeunes campagnards, courtisant à une foire une jolie fille et se disputant autour. d'elle; ne conclurait-il pas, rien qu’en voyant l’ardeur des. concurrents à lui plaire et à se faire valoir à ses yeux, qu’elle a la faculté de choisir? La même induction analogique est permise à l'observateur des animaux. Il constate que dans nombre de cas les formes et les mouvements du: mâle se modifient de manière à frapper l'imagination de la femelle ; il conclut donc légitimement « à une correspondance entre les facultés de représentation de celle-ci et les facultés d’expression de celui-là” », à un effet produit sur les consciences, finalement à une prédilection. C’est ainsi que la théorie de la sélection sexuelle nous conduit à admettre, pour nous expliquer l’embellissement des races, l’action de quelque chose qui se rapproche réellement, et non plus-par une simple métaphore, de ce que nous appelons l'amour.
Comment cette théorie nous incline vers une conception moins brutale et moins mécaniste du progrès, on s’en rend aisément compte.
Nous avons remarqué que la sélection sexuelle est moins
rigoureuse, et, comme dit W eismann”, MOINS « catégorique »
. Morgan, citant Brewster, Habit, p. 221.
Op. ici. p.398.
Deend.,F1)pla8r:
Espinas, op. cit., p. 139, 161.
Vorträge, 1, p. 306.
que la sélection naturelle. Les nouvelles formes de compétition qu’elle met en jeu sont de moins en moins sanglantes. En général, le mâle vaincu est simplement privé de la femelle; ou 1l est réduit à se contenter d’une autre plus tardive et moins vigoureuse, ; ou.il en trouve moins s’il est polygame. Le moins apte, ici, est donc rarement condamné à mort ; 1l est seulement gêné ou retardé dans la satisfaction d’une .tendance moins impéralive que.le besoin d'aliments. |
Mais de plus et surtout la sélection sexuelle s'opère d’une manière, moins mécanique. Ce ne sont plus seulement des forces aveugles qu’elle meten œuvre. Dans une nuit de gelée, si l’on peut dire que la mort choisit entre les fleurs, c'est par manière d'image. Mais lorsque nous disons que l'amour choisit entre les passereaux et les faucons mâles, il ÿ a plus qu’une métaphore. Car l’amour ici est personnilié, incarné en des êtres concrets dont les affinités ou. les répugnances entrent en ligne de compte. Une sorte d’unisson des représentations. précède ici et prépare l’union des corps. Pour le « conquérir » il faut que l'être agisse sur la conscience d’un autre être. Et en ce sens c’est vraiment une nouvelle méthode qui entre en jeu dans l’évolution. De la méthode de la survivance on passe à la méthode de la préférence. D'automatique la sélection devient consciente”,
Sur. ce terrain nous voyons décroître la distance qui séparait l’opération de la nature de l’opération de l'homme. La sélection sexuelle est une espèce de sélection artificielle. C'est de « l’auto-réglementation », de « l’auto-perfectionnement” ». L'espèce elle-même dirige, dans une certaine mesure, sa propre destinée. La sélection des mâles par les femelles, déclare Darwin”, est analogue à celle que l’homme exerce