‹ La démocratie devant la science; études critiques sur l'hérédité, la concurrence et la différenciation. 3. éd. augm. d'une préf. sur la sociologie monarchiste 1923Chapitre 48 sur 161 · Ribot, op. cit., p. 417 sqq · texte numérisé non relu

Ribot, op. cit., p. 417 sqq

les siècles ; nous constaterons que leur moindre défaut est de ne pas durer. Au bout de peu de temps elles dégénèrent et progressivement s’éteignent.

Rien qu’à voir leurs représentants, on a parfois l’impression de cette dégénérescence. Pope faisait remarquer à Spencer que les nobles anglais n’avaient pas du tout le grand air qu’ils devraient avoir. Quand on annonce un grand d’Espagne, attendez, disait-on en Espagne, un avorton. Le marquis de Mirabeau, qui avait, lui, une belle santé, traitait les nobles de son temps de pygmées, « plantes sèches et mal nourries' ». Mais ce ne sont là que des impressions. Peuvent-elles être confirmées par des renseignements objectifs ?

Les Spartiates étaient g o00 au temps de Lycurgue ; en 48o on n’en trouve plus que 8000, 6000 en 420, 2 000 en 571, 1000 au temps d’Aristote, et 700 en 230 dont 100 seulement pouvaient prendre place aux tables communes. À Athènes, après Chéronée, on éleva au rang d’eupatrides, d’un seul coup, 20 000 metèques et esclaves. À Rome, pour ramener le Sénat au chiffre constitutionnel de 300 membres, il fallut y faire entrer 177 plébéiens. Les aristocraties de l’antiquité ont donc incontestablement souffert de loliganthropie * ; en est-il de même des nôtres ?

Benoîton de Châteauneuf, dans un mémoire fameux sur {4 durée des familles nobles en France, remarque que cette durée ne dépasse pas 300 ans en moyenne. En Angleterre, sur 900 famulles de la plus ancienne noblesse, il n’y en à que 5 aujourd’hui qui puissent remonter en ligne directe, par les hommes, jusqu’au xv° siècle‘. On a pu faire sur la noblesse municipale, sur les familles patriciennes des villes

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