LE DÉVELOPPEMENT DE L'ACTIVITÉ DES COMITÉS D’ENTRE- PRISE
A) Nombre de comités.
Au 31 décembre 1949, il y avait en Suède, d’après les rensei-
gnements fournis par L. O., 2.650 entreprises ayant des comités, et 403 ayant des délégués d'entreprise. Au total, les fédérations acceptantes groupaient plus de 700.000 ouvriers, — soit
60 % de L. O. — et les ouvriers effectivement intéressés par -
les comités d'entreprise (par suite de l’introduction d’un comité dans leur propre entreprise), étaient au nombre de 599.500 (soit 50 % de L. O.). Cela n’est pas encore considérable, c’est . cependant un progrès très sensible, si l’on se réfère aux chif-
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fres antérieurs (voir p. 162). Par ailleurs, il faut tenir compte de ce que L. O. englobe des secteurs d'activité où les comités Sont plus difficiles à introduire par suite de la structure des entreprises; — c’est le cas pour les entreprises forestières, les restaurants, etc. Malgré cela, et en négociant dans certains cas des conventions spéciales, les leaders de L. ©. estiment que l’on peut doubler le nombre actuel des comités d'entreprise, et arriver ainsi au chiffre de 4.000 comités. |
Il est intéressant de noter en passant, que les aciéries de Sandviken, que nous avons spécialement étudiées, ont désormais une organisation conforme à la convention de 1946.
B) La prise en charge des comités par les syndicats.
Les organisations centrales n’ont pas seulement travaillé à accroître le nombre des comités; elles ont surtout travaillé en profondeur, cherchant à rendre le travail plus efficace et plus fécond. Dans cet ordre d'idée, L. O. s’est plus spécialement préoccupé d’éduquer les délégués ouvriers et de leur inculquer une méthode de travail. 6
La centrale ouvrière édite un périodique intitulé « les comités d'entreprise ». Ce périodique destiné aux délégués des comités, poursuit un double but : — il donne des consignes, suggère des problèmes à examiner, enseigne comment on lit un bilan, comment on rédige un procès-verbal; — par ailleurs c’est un organe de liaison qui permet aux comités d'entreprise d'échanger leurs expériences, et de faire des suggestions.
Des conférences ont lieu à L. O., au cours desquelles les dirigeants confédéraux définissent avec les dirigeants fédéraux la ligne de conduite à adopter en matière de comité d’entreprise, en fonction des données de l’économie d'entreprise et des expériences faites.
Enfin, des cours sont périodiquement organisés dans le cadre de l’école syndicale de L. O. à Brunnsvik. On y enseigne aux délégués ouvriers des comités, comment on gère une entreprise, comment on établit un bilan; on leur donne des notions assez étendues d'Economie et de Statistiques, et en même temps, on leur apprend comment doit s'effectuer le travail pratique au sein du comité d'entreprise. Ces cours ont une durée
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de 5 à 6 jours et groupent parfois jusqu’ à 4.000 ou 5 000 parti- F
cipants.
De son côté, S. À. F. a édité une brochure sur le ES et
la façon pratique dont il doit être présenté aux employés. Dans le même ordre d'idées, il convient de signaler un gros effort
en faveur de la constitution de bibliothèques de comités d’en-
-treprise; — une série de cours organisés à l'échelon fédéral en commun par les patrons et les ouvriers; — enfin la préparation d’un film sur les comités d’entreprise.
C) Les divers domaines activité.
D'une manière générale, les résultats ar assez inégaux.
Les expériences sont brillantes là où existaient des organismes
de contact avant les comités d’entreprise, mais on signale par endroit un manque de confiance qui paralysé un peu l’activité du comité. Les dirigeants syndicaux ont d’ailleurs parfaitement senti que bien souvent les entreprises n'étaient pas mûres pour les comités, et ils ont préféré, au lieu de pousser à la formation de nombreux comités, bien DR le ae techniquement et psychologiquement. 2
Du côté ouvrier, on s'intéresse au premier chef à l’amélioration des conditions de travail (trivsel). Il est assez difficile de traduire le mot suédois trivsel; ce qu’il exprime se situe
entre la commodité de travail et le confort. Cependant, les ;
fédérations ouvrières insistent beaucoup pour que l’activité des comités ne se borne pas à la recherche de ces avantages, et pour qu’en particulier, les comités se préoccupent avant tout
des questions d’information sur la marche économique et tech-
nique de l’entreprise.
Du côté patronal, on cherche principalement à orienter le comité d'entreprise vers l'étude des mesures de rationalisation et de planing. Les comités s’y prêtent d’ailleurs de bon cœur, et dans bien des cas, ce sont les questions qui sont le plus
débattues en comité. S. A. F. attache égalemènt une grosse.
importance à l'information qu'elle envisage surtout comme un
moyen de formation. Sur ce dernier point, les deux centrales
syndicales se trouvent donc d'accord : un des premiers rôles des comités d'entreprise est l'information éducative. D’une
manière générale, on peut dire que les renseignements prévus par la convention de 1946 ont été régulièrement communiqués aux comités, souvent, il est vrai, dans une forme peu assimilable pour les ouvriers, mais nous avons vu qu’un gros effort était poursuivi dans le sens d’une documentation plus explicite. Quant aux propositions des ouvriers en matière d’amélioration de la production, elles ont été nombreuses. Toutes ne sont pas intéressantes, mais on peut admettre, sans qu’il soit d’ailleurs possible de donner un chiffre même approximatif, qu’elles ont permis à l’ensemble des entreprises suédoises de faire des économies qui ne sont pas négligeables. Les brefs comptes rendus reproduits ci-déssous donneront une idée plus exacte de l’activité des comités.
Chemins de fer (section matériel) Questions
ta Rapport 1948-1949 examinées Pourcentag
Hygiène. Commodités de travail 15 Locaux. Habitations du personnel (*) 15 Statut du personnel 16 Enseignement. Apprentissage 9 Rationalisation 68 Divers ne | y
(*) Pourcentage pour les questions de commodités et de confort : 22,8 %.
Défense’ Nationale Questions Rapport 1947-1948 examinées
Pourcentage s
Planing. Organisation .
Rationalisation technique
Epargne
Questions sociales
Etudes et information
Orientation de l’activité des comités .
Stockholm, le 28 février 1950.
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