AU SEUIL D'UNE FAUTE
Le général Récamier et Bernard de Vesins. — Nationalisme et Catholicisme. — De l'Affaire Dreyfus aux Inventaires : la contiguïté des terrains nationaux. — Les diviseurs de formée et de la patrie : que ces diviseurs sont des traîtres. — Les inventaires vus de Rome et d'Algésiras. — Un ministre de la police qui serait patriote... — Préjugé nationaliste contre le pape. — La séparation d'avec Rome. — Chant hébreu de M. Anatole France.
Je voudrais avertir mes amis nationalistes qu'ils sont sur le seuil d'une faute. Faute qu'ils commettront sans doute : c'est une faute à la gauloise, — faute d'entente et de concert, comme nos pères aimaient déjà à en commettre aux temps de la guerre des Gaules, — fauted'union et de cohésion nationales. Mais faute qui, pour être dans le sang de la race ou dans la figure de notre territoire prodigieusement varié, n'a cependant rien de fatal et pourrait fort bien être épargnée à la France, si les chefs voulaient et savaient, si seulement ils consentaient à se donner la peine de réfléchir, si, au lieu de se résigner à se laisser conduire par l'humeur de leurs troupes, ils songeaient à leur imposer la direction utile, l'impulsion réfléchie.
Mes amis, nos amis les nationalistes français, prendront-ils nettement parti pour la défense religieuse ? Ou, sous prétexte que le salut de la patrie n'est pas clairement ni directement engagé dans l'affaire, s'abstiendront-ils? Ou la seconderont-ils avec mollesse? Ou même iront-ils jusqu'à désapprouver et blâmer? Je n'oublie pas que les journaux nationalistes ont donné, ces jours-ci, avec un ensemble parfait, en faveur de notre énergique ami le général Récamier et des braves jeunes