SCENE V
Ah, mon Dieu ! voiià qui est encore pire; et je devine maintenant les recommandations de ma mère , la toilette qu'elle m'a préparée , la harpe qu'on a accordée ce matin: on va me faire chanter devant lui.
AïK (lu v.-.mipvillp (If Oui et Non.
Dieu! quelle gène, ([uel ennui!
C'est mou parrain ([ui le protège; Un ami : c'est bien mal à lui.
A ce jeune homme que dirai-je.^ Sans le voir je le hais déjà.
BAPTISTE
C'est par trop tôt. Un jour, jieul-ètre ,
De soi-même cela viendra ;
Mais faut au moins 1' temps d' se connaître.
CAMILLE
Quelle contenance aurai-je en présence de cet étranger?
BAPTISTE
Comme disait madame votre mère, il faut d'abord vous tenir droite, et puis lui faire des petits airs , des mines en dessous , comme font toutes les demoiselles qui veulent devenir des madames.
CAMILLE
Jamais! ça m'est impossible , j'aime mieux retourner à la ferme.
' BAPTISTE
Ne vous en avisez pas , mademoiselle , ça romprait le mariage, et ça ne ferait pas notre compte , à moi , surtout, qui ai depuis si long-temps un fameux projet.
Et quoi donc ?
BAPTISTE
Vous savez, mademoiselle, que je suis la sagesse et la sobriété en personne, et que je ne vais jamais au cabaret , pas même le dnnanche.
CAMILLE
Oui, après, je sais qu'on ne peut que te louer.
BAPTISTE
Eh bien ! au contraire ; les autres se moquent de moi , et parce que je ne vais pas boire avec eux , ils m'appellent cafard, ce qui est désagréable; aussi pour rétablir ma réputation , j'ai là une idée.
Air du vaudeville de l'Écu de six francs.
Je puis me vanter qu'elle est bonne ;
Le jour où Ton vous mariera
C'est décide, faut que j' m'en donne.
Oh! oui, mamzeir, j' vous dois bien oa.
Pour vos bontés j' vous dois bien ça.
Depuis long-temps... v'ià que j' m'apprête ,
Et c'est en fidèl' serviteur ,
L' jour où vous perdrez votre cœur ,
Que moi, je veux perdre la tê<e.
L' jour où vous perdrez votre cœur,
Oui , moi , je veux perdre la tète.
' On sonne au dehors.)
Oh , mon Dieu ! on sonne à la grille. Un jeune homme à cheval, c'est lui; c'est le prétendu.
CAMILLE
C'est fait de moi.
( On sonne dans l'intérieur. ) BAPTISTE.
Voilà monsieur qui sonne. ( On entend en dehors : Baplisl ;
Baptiste !) Voilà madame qui m'appelle,
( On sonne encore. )