‹ La demoiselle à marier, ou, La première entrevueChapitre 15 sur 53 · SCÈNE VÏI · texte numérisé non relu

SCÈNE VÏI

Dumesnil est sorti, mais madame est peut-être visible?

DUCOUDRAI.

Non, monsieur, ils sont tous deux ici à leur toilette.

ALPHONSE

A leur toilette! de la toilette pour moi, (à pan. ) des gens que l'on m'avait dit sans façon, (iiaut.) Je suis fâché qu'un pareil motif retarde le plaisir que j'aurais à tes voir, car on m'en a dit tant de bien dans le pays ; on m'a parlé surtout de M. Dumesnil comme d'un parfait honnête homme.

DUCOUDRAI.

Et l'on a eu raison. (Apan.) Il ne faut pas que ma mauvaise humeur m'empêche de servir mes amis, (Haut.) Voilà quarante ans que je le connais, et c'est un homme d'honneur; esclave de ses devoirs et de sa parole, à laquelle rien au monde ne le ferait manquer; du reste, bon époux, bon père, adorant ses enfans et surtout sa fille, qui a été élevée comme chez madame Campan : c'est moi qui suis son pai'rain , et vous pouvez m'en croire.

AiB ; L'amour qu'Edmond a su nie taire.

On lui donna, dès sa plus tendre enfance,

Des principes purs, excellens ; On lui donna la grâce, la décence, On lui donna l'esprit et les talens ; On lui donna l'horreur de la toilette...

ALPHONSE, à part, et iinpaticiilc.

Ma loi, puisqu'on était en Irain, On aurait dû, pour la rendre parlailo, Lui donner un autre parrain.

DllCOTJDRAI.

Et certainement celui qui l'aura pour femme ne sera pas à plaindre.

ALPHONSE, à part.

Comme c'est adroit de venir tout de suite me jeter cela à la tête! J'arrivais ici dans les meilleures dispositions, et depuis qu'il m'a fait l'éloge de la famille me voilà prévenu contre ell«e... Au reste, je vais en juger par moi-même. Les voici.

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