IV
4o2 T.A DEMOISELLE A MARIER.
ALPHONSE
C'est-à-dire pas du tout.
CAMILLE , liaissar.t les yeux.
C'est vrai. (En souriam.) Vous voyez qu'il y avait de la sympathie.
ALPHONSE
Je vois du moins que vous avez de la francliise ; el en quoi vous ai-je déplu ? Ce que je vous demande, c'est pour en profiter, c'est pour me corriger si c'est possible, et cela doit vous prouver...
CAMILLE
Que vous avez un bon caractère, car la vérité ne vous fâche pas,.. Eh bien ! monsieur , vous aviez avec moi un ton de protection , un air de supériorité , bien légitime sans doute, mais qui m'humiliait infiniment. C'était presque me dire : « Voyez comme je suis grand « et généreux; je' suis plus riche que vous, plus in- « struit, plus spirituel, et cependant je vous fais la « grâce de vous épouser. )j
ALPHONSE , s'approchaiil.
Quoi! mademoiselle, vous aviez dépareilles idées?
CAMILLE
Eî comment ne pas les avoir ? Vous ne savez pas ce que c est que la situation d'une pauvre jeune personne à qui ses parens ont dit: « Soyez aimable... (' soyez jolie... tenez-vous droite... c'est un prétendu, '< donc vous devez l'aimer... donc il doit vous plaire, « car il est bien riche. « Ils n'ont jamais oue cela à dire , et c'est là le terrible.