SCÈNE IL
Les mêmes ; DLCOUDRAL
DUCOUDRAI . eu bottes et la cravache i la main, Am : Vivent les Amours.
A travers les champs el les bois, De l'auiitié n'écoutanl que la voix , J'arrive en chevaliiir courtois F.l n'ai, je ci ois , Enibouihé qu'une l'ois.
36a LA DEMOISELLE A MARIER.
Le trajet devieai des plus beaux; On n'en a plus qu'au ventre des chevaux ,
Depuis que nos municipaux Font réparer les chemins vicinaux.
A travers les champs et les bois , etc.
M. DUMESNIL
En effet, te voilà en courrier.
DUCOUDRAI.
Je suis comme cela , moi , toujours en poste, quand il s'agit d'obliger mes amis , et j'apporte de bonnes nouvelles, des nouvelles de mariage.
MADAME DUMESNIL
Nous allions vous en parler.
DITCODDRAI.
C'est ça, vous parlez, et moi j'agis. Tu sais, mon vieil ami, que nous ne nous sommes jamais quittés; et que déjà , dès le collège de Montereau , nous faisions des châteaux en Espagne pour nous et pour les nôtres. Nous étions millionnaires, sénateurs , généraux d'armées , et nous épousions des duchesses. Il est arrivé de tout cela que tu as épousé une bonne bourgeoise , que je suis resté garçon, et quant à la fortune, que nous avons tous les deux une bonne place à l'enregistrement, et que nous n'en sommes pas plus malheureux. N'est-il pas vrai ?
M. DUMESNIL
Non, morbleu.
DUCOUDRAI.
Moi surtout , qui , comme garçon , dîne toujours en ville; qui vais à mon bureau dans la semaine; à la chasse le dimanche, et qui mène, quoique citadin, la
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vie d'un gentilhomme campagnartl. C'est là mon bonheur , et je n'en veux pas d'autre. Mais ces idées d'ambition , que je n'ai plus pour moi, je les ai conservées pour tes enfans, pour Camille surtout ,que je regarde comme ma fille , car je n'ai point ou!)lic que je suis son second père, son parrain ; et comme , grâce à mes habitudes un peu dépensières, il m'était plus facile de lui donner un mari que de lui donner une dot, depuis un an je me suis mis en campagne, et d'aujourd'hui seulement j'ai réussi.
MADAME DUMESNIL
Que dites-vous ?
DUCOUDKAI.
Que vous n'avez pas perdu pour attendre. Un parti superbe. Parce que moi , quand je me mêle de quelque chose... j'y ai mis un zèle, unje adresse, en un mot, c'est le fils de notre inspecteur général.
DUMESNIL
Ah, mon Dieu! monsieur de Géron ville!
DUCOUDRAI.
Il te demande ta fille en mariage, et voici la lettre que j'apporte. Tenez, tenez, mes amis. Eh bien' qu'est-ce que vous avez donc? moi qui croyais que vous alliez me sauter au cou, et qui craignais d'avance les effets de la suffocation.
DUMESNIL
Mon cher ami , mon bon Ducoudrai! nous sommes bien sensibles à ton amitié. Mais nous avons un autre parti en vue.