CONCLUSIONS
Malgré les dénégations de quelques auteurs pour lesquels les accidents de dentition sont des faits imaginaires, la dent de six ans, sorte de dent de sagesse de l’enfance, pas plus que la seconde grosse molaire où dent de douze ans, n’effectue pas toujours normale son éruption. Elle s’accompagne, assez souvent, d’aceidents, et en particulier d’une stomatite qu’on pourrait appeler une stomatite de dentition : la gingivo-stomatite ulcéro-membraneuse.
La cause vraie de ces manifestations pathologiques est d’autant plus difficile à rechercher et à établir, qu’elle demeure la plupart du temps ignorée, parce que les investigations du médecin, trompé par les apparences, s’égarent loin du point de départ.
Ces accidents, tout à fait comparables à ceux de la dent de sagesse (la première et la troisième grosse molaire, ayant la même position sur le maxillaire, à des âges différents, leur évolution, et surtout leur éruption présentant les plus grandes ressemblances), se divisent en accidents généraux et en accidents locaux. Les troubles locaux ont le plus d'importance ; ils sont muqueux, osseux ou nerveux, et ils peuvent être mécaniques, mécaniques et infectieux ou infectieux.
Deux processus en règlent la pathogénie et le mécanis-
REP CNE
me : l’apparition de la dent de six ans ef l'accroissement du maxillaire. Un troisième processus vient souvent les compliquer. |
Le tableau symptomatologique est changeant et contradictoire, à début insidieux, avec période d’invasion brusque. [l comprend les troubles prodromiques, généraux, locaux, de voisinage, sympathiques et fonctionnels.
Ces troubles se traduisent par de l’inappétence, du malaise, de la courbature, la céphalalgie, de la fièvre, une soif vive, un état saburral de la bouche, un peu d’hébétude, du changement de caractère, des névralgies, de l’insomnie, une toux spasmodique, de la difficulté de mastication et de déglutition. Sur le siège du travail éruptif, dans la bouche, c’est une sensation de gêne, de pesanteur, de brûlure, puis se produit du boursouflement de la muqueuse, auquel succèdent l’inflammation et l’ulcération de cétte membrane, le tout accompagné de douleurs quelquefois sourdes, parfois lancinantes. Enfin, dans le périmètre de voisinage, c’est l’ostéite, la périostite, la contracture, l’œdème, l’adénite, la glossite, l’amygdalite et même le spasme œsophasien, l’otite, ete., etc. s
Deux éléments préciseront le diagnostic : l’âge du sujet et l’éruption de la dent : quand, entre cinq et sept ans, la dent de six ans sera en imminence d’éruption et manifestera sa présence par Je relief de sa forme et le soulèvement du capuchon muqueux et que, par ailleurs, on trouvera réalisé l’ensemble de symptômes énumérés, qu’on aura reconnu, en outre, non une simple concomitance entre les divers phénomènes morbides mais un rapport causal, surtout quand à tout cela viendra s’ajouter l’unilatéralité des accidents et la toux spasmodique, on se tronvera en possession de caractères de grande valeur, pour étayer même un diagnostic différentiel. |
ARR LR
Quant au pronostic, à côté de formes bénignes, on en rencontrera de graves. L’ensemble de la marche est comme l’affection, irrégulier, et la durée en est variable d’une à dix semaines.
Le traitement résidera avant tout, dans une rigoureuse antisepsie de la bouche par des lavages copieux et fréquents. Les ulcérations et la gingivo-stomatite seront justiciables de l’acide chromique, de la-teinture d’iode, de la poudre d’iodoforme, du stérésol, ete. Quand le capuchon gingival fera obstacle à l’éruption, on l’incisera en bloc. La médication tonique sera un auxiliaire précieux., Les nervins trouveront leur indication. En cas de complications graves, de phlegmions, par exemple, la dent sera sa-
crifiée. Vu et permis d'imprimer Vu et approuvé Montpellier, le 17 juillet 1908. Montpellier, le 17 juillet 1908.
Le Recteur, Le Doyen, Anr. BENOIST. MAIRET