FN
1. — Origine du neurocrâäne : Chez tous les Vertébrés, la région céphalique est formée d’une partie antérieure qui montre une segmentation somitique mais pas de métamérisation secondaire de Remak, et d’une partie postérieure moins étendue, qui se développe comme le mésenchyme troncal, avec les deux métamérisations.
La partie antérieure du crâne est ontogénétiquement et phylogénétiquement aspondyle : c’est le crâne primitif ou paléocräne ; tandis que la partie postérieure est ontogénétiquement et phylogénétiquement spondyle, vertébrale et due à une absorption de somites rachidiens par le crâne : c’est un crâne phylogénétiquement nouveau, un néocrâne.
L’extrémité postérieure de la crête ganglionnaire du nerf vague est, chez l’embryon, le repère qui détermine le niveau de séparation du paléo- et du néocrâne. Sur le crâne humain adulte le néocrâne ccrrespond grosso modo à la portion de l’occipital située en arriere d’une ligne virtuelle unissant les deux trous déchirés postérieurs et englobant par conséquent les trous condyliens antérieurs qui sont les orifices hypoglossiques (Fig. 9 - À et Bj).
Chez les Mammifères, quand on suit le développement du mésoblaste céphalique, on observe trois somites occipitaux (les trois derniers, sur le schéma 9 B); de tous les somites du corps ce sont les premiers à apparaître. Il y à une myotomisation et une scléromérisation occipitales, de caractère normalement vestigial, et tout le mésoblaste occipital se fond en une plaque homogène.
Au niveau du paléocrâne, le mésoblaste ne se métamérise pas. C’est dans une eouche mésoblastique, puis mésenchymateuse homogène que va se différencier le neurocrâne.
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2. — Origine du splanchnocrâne-: Le splanchnocrâne est le résultat de la métamérisation de la lame latérale imésoblastique céphalique ; il est représenté par les arcs viscéraurx.
La portion pharyngienne du tube intestinal se métamérise en émettant une série d’évaginations latérales ou yoches viscérales
+ crane Re rachis
Fa L'Hae Schoma de La metamérisstion 4mutique cphalque chan Les Mammifères. (In Prner -4131)
SPM. some émandibubaine SM " mano Bal aire AM: du vVacrsl mandifulane
SHY mie hypidin
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A:.A : anca vocraux.
AOL SO mules occpulaux SR nn. Aadlidien
qui existent en nombre variable chez tous les embryons de Vertébrés, le mésoderme qui recouvre la paroi intestinale va subir de ce fait une métamérisation parallèle et sera découpé en un nombre égal d’ares viscéraux dorientation semblable, mais qui alternent avec les poches viscérales.
Chez les embryons de Mammifères, on observe quatre à cinq arcs viscéraux. Ainsi une coupe frontale de l'intestin pharyngien humain se lit craniocaudalement de la façon suivante (Fig. 8) :
SO
1 arc viscéral ou are mandibulaire,
1 poche viscérale ou poche hyomandibulaire,
2° arc ou arc hyoïdien,
2* poche viscérale (1° fente branchiale des Vertébrés inférieurs aquatiques),
3° arc,
3° poche,
LL ORELTC
5° poche.
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Ontogénétiquement et phylogénétiquement arcs et poches se développent craniocaudalement : le 1% arc est le mieux développé, le dernier le plus fruste.
Chez les Vertébrés inférieurs (Cyclostomes, Sélaciens), le mésoblaste dorsal se somitise et on constate une correspondance entre les somites et les ares (du moins pour les plus antérieurs) ; seul le somite prémandibulaire n’a jamais de rapports avec les arcs viscéraux et le premier are (are mandibulaïre) correspond au second somite appelé somite mandibulaire.
Chez les Mammifères, le mésoblaste dorsal demeure insegmenté et il y a continuité entre ie mésoblaste et sa lame latérale.
Chez les Vertébrés inférieurs à respiration aquatique, le fond des poches endodermiques arrive au contact du revêtement épidermique, se résorbe À ce niveau et s'ouvre à l’extérieur : 11 y a formation d’une fente viscérale; après différenciation de leur épithélium, ces fentes deviennent fentes branchiales; arcs et fentes sont définitifs.
St
Chez les Vertébrés à respiration aérienne, les poches viscérales, très nettes chez l’embryon, sont destinées à s’atrophier; la métamérisation disparaît; cependant, chez l’adulte, il en persiste quelaues traces : chez l’ Homme, par exemple, la trompe d’Eustache et la caisse du tympan représentent la première poche viscérale où hyomandibulaire ; la fossette amygdalienné correspond à un reste de la seconde poche viscérale.
3. ——- Développement du splanchnocräne : L'embranchement des Vertébrés est divisé en deux grands phylums
les Agnathostornes, privés de mâchoires, et les Gnathostomes, à mâchoires.
Les Agnathostomes représentés par les + Ostracodermes et les C'yciostomes (type : Lamproie) ont toutes les pièces du système viscéral transformées en arcs branchaur.
Chez les Gnathcstomes, qui comprennent tous les autres Vertébrés, la première paire d’arcs viscéraux est devenue l’arce mandibulaire, la seconde l’arc hyoïdien.
Dans l’embryon des Mammifères et de l’ Homme, l’arc mandibulaire où maxillaire se présente sous la forme d’un are cartilagineux (arc primaire) formé de deux moitiés qui se mettent en rapport l’une avec l’autre
l'arc palato-carré où maxillaire supérieur, le cartilage de Meckel où marillaire inférieur.
Cet are primaire, primitivement cartilagineux, s’ossifiera en certains points. À lui vont s’adjoindre des arcs secondaires constitués par des os de membrane. Le nombre d’os de membrane des arcs secondaires va en diminuant dans la série des Vertébrés au fur et à mesure que l’on s'élève vers les groupes supérieurs. Si l’on suit la genèse des formes à travers les diiférents groupes, on assiste à une évoiution essentiellement simplificatrice. C’est chez les Mammifères et chez l’ Homme, en particulier, que la constitution des deux mâcnoires sera le plus simple.
Nous allons brièvement étudier l’os maxillaire supérieur et l’os maxillaire inférieur ou mandibule de l’ Homme.
a) los maxillaire supérieur. Rappel embryvlogique.
Le D' E. CapENaT a fait une mise au point complète de cette question.
En même temps que l’orifice buccal se constitue, dans ses parois une délamination circulaire se crée, séparant la lèvre de la mâchoire, ébauche du vestibule dentaire et des dents.
Un mur épithélial, parallèle à la surface eutanée s'enfonce dans la profondeur des bourgeons. Puis une cavité se creuse entre les cellules : c’est le vestibule buccal.
De la face interne de ce mur, un autre mur perpendiculaire se détache, pénétrant dans l’épaisseur de la mâchoire : c’est la lame dentaire qui va se diviser en tronçons constituant les bourgeons dentaires.
La croissance de la face est surtout marquée ‘ans le sens vertical et antéro-postérieur. Cette anisomérie se retrouve partout
dans le développement phylogénique de la face aussi bien que dans son développement ontogénique. En effet, c’est ainsi que se constitue l’aplatissement progressif du museau pour donner la face et la croissance du bcrd inférieur du maxillaire inférieur pour donner le menton.
Développement du squelette de la face :
Localement le mésoderme se condense pour donner le squelette primitif cartilagineux.
Ce squelette est composé, pour le inassif facial supérieur, de la capsule nasale se rattachant à la capsule crânienne. La capsule nasale comorend deux ailes latérales enveloppant les deux canaux olfactifs ct se reliant avec le cartilage de la cloison.
Mais bientôt va apparaître le squelette définitif sous forme de centres conjonctifs qui s’ossifient sur place, indépendamment du cartilage, enveloppant celui-ci, le rempiaçant et le faisant disparaître au moins dans sa plus grande partie. (‘ertains restes remaniés constituent les cartilages de l’aile du nez et de la cloison, qui subsistent chez l’adulte; d’autres s’ossifient et donnent naissance à l’ethmoïde et à ses cornets, ainsi qu’à l’os du cornet inférieur. La plus grande partie disparaît et les os de membrane constituant les deux maxillaires la remplacent.
L’os maxillaire supérieur apparaît de chaque côté dans les tissus fusionnes, par deux centres d’ossification : l’un au-dessous de l’oritice nasal externe, l’autre au-dessous de l’orbite.
Ces deux centres fusionnent presque immédiatement après leur apparition et se réunissent en une lame continue, externe par rapport au mur dentaire (Fig. 10).
2er bassl
Fig 10 . (ES exteime du maxi Üane Auporenr gauche um Embragon du Anoisiënme mot. ( D'ah (A Cademat ).
Chacun des centres se développe individuellement en donnant, d’une part le prémaxillaire, d'autre part le postmazillaire.
Rd
Chacun de ces centres pousse un prolongement supérieur qui, montant entre l’œil et le nez, constitue l’apophyse montante du prémaxillaire et celle du postmaxillaire.
Vers le palais, des travées osseuses viennent entourer les germes dentaires pour leur constituer des alvéoles et ossifier le palais. Les travées issues du centre prémaxillaire donnent leurs alvéoles aux deux #ncisiwws; celles issues du “entre postmarillaire donnent les alvéoles de la canine et des molaires; de la région où se développe la canine partent des radiations osseuses qui soudent entre elles les deux formations plus intimément.
Si l’on examine ces différentes formations chez un embryon du troisième mois par la face palatine, on les voit présenter les dispositions suivantes (Fig. 11) : de part et d’autre de la ligne
1. Cul-de-sac gingivo-labial (vestibule). — 2. Travées du processus palatin latéral. — 3. Travées du processus palatin médian. — 4. Travées du postmaxillaire, — 5, Canal incisif contenant un nerf.
— 6. Fosse incisive.
FiG. 11. — Embryon de 0,049 (3° mois). Coupe horizontale au niveau du palais antérieur. Les follicules des incisives sont complètement entourés par le prémaxillaire (D’après E. CADENAT).
médiane, dans l’épaisseur du palais sont développées les lames palatines du maxillaire supérieur qui viennent, en arrière, se raccorder avec l’apophyse palatine du palatin; en avant, elles sont séparées des lames palatines du prémaxillaire par une large suture : la suture incisive. Les canaux palatins permettent de distinguer sur celles-ei un processus palatin externe et un processus palatin médian, situés de part et d'autre, ce dernier entre les canaux de la ligne médiane.
Ces processus, chez les animaux, sont nettement visibles à la surface palatine, mais chez l’Homme, les processus palatins internes sont repoussés vers le haut et viennent former une gouttière sur laquelle repose le bord inférieur du vomer (CADENAT). Le vomer se développe autour de la cloison cartilagineuse dans sa partie arrière et a, sur coupe, l’aspect d’un papillon aux ailes relevées.
Il y a endépendance totale des centres d’ossification et des bourgeons. Les centres d’ossification apparaissent dans des tissus indifférenciés et continus où toute trace de subdivision en bourgeons s’est effacée et leur développement dans la profondeur s'étend sans avoir à tenir compte des ondulations de la surface déja disparues. Tout rapprochement à faire entre les sutures osseuses et les limites des bourgeons est donc vain ‘CADENAT).
Paquet
fncisif
Proc. pal. méd.
\ Sinus intertne - secondsire
F1G. 12. — Face palatine du prémaxilluire gauche d’un fœtus de 0,180 - 0,270 (Schématique) (D’après E. CADENAT).
b) Los maxillaire inférieur où mandibule :
La mandibule où mâchoire inférieure (mandibula), impaire, médiane et symétrique, est placée à la partie inférieure du squelette facial et constitue, avec le maxillaire supérieur, le palatin sus-jacent et l’hyoïde sous- jacent, le squelette de la cavité initiale du tube digestif. Elle est garnie de dents correspondant en nombre, forme, situation, aux dents du maxillaire supérieur et partageant avec elles les mêmes fonctions de mastication, préhension, attaque et défense (chez les Quadrupèdes) ou de mastication seule (chez l'Homme). Elle est mobile (articulation temporo-mandibulaire) et sur elle s’attachent de nombreux muscles dont les releveurs et les dépresseurs de la mandibule, en nn mot les masticateurs sont les plus importants; dents et muscles gouvernent presque entièrement sa morphologie et en font un des 08 les plus importants et intéressants du squelette céphalique.
De la communauté de fonction des deux mâchoires résulte qu’elles se développent et s’accroissent synchroniquement ; ce sont, après la clavicule, les os les plus précoces à apparaître chez l'embryon humain. La mandibule est ontogénétiquement et phylogénétiquement précédée par une autre pièce squelettique, le cartilage de Meckel (droit et gauche) . C’est contre ce cartilage que se développent bilatéralement une (Mammifère) ou plusieurs (Reptiles) pièces osseuses d’origine dermique, en rapport direct ou indirect avec les dents. Chez les Mammifères, ce cartilage persiste durant une longue période de la vie fœtale, servant peut-être de soutien à la pièce ostéodentaire qui sont sur
son côté externe; lorsque celle-ci à atteint un assez grand développement, il se résorbe. Les deux mandibules primitives s’unissent après la naissance.
La mandibule humaine est donc formée de deux moitiés symétriques fœtalement indépendantes mais parfaitement soudées chez l'adulte. Dans son ensemble on lui distingue : une partie horizontale, le corps (corpus mandibulæ), en forme de fer à cheval; deux branches montantes (rami mandibulæ) s'élevant presque perpendiculairement et prolongeant les extrémités postérieures du corps. Les branches possèdent l’apophyse articulaire ou condyle et reçoivent l’insertion des muscles élévateurs de la mandibule. Le corps comprend une moitié supérieure, arcade alvéolaire ou pars alveolaris, qui supporte les dents (1), et une moitié inférieure, base de la mandibule ou basis mandibulæ, qui reçoit l’insertion des muscles abarsseurs de la mandibule.
Pour la morphologie externe de l’os nous renvoyons aux traités d'anatomie classique et en particulier au traité d’Anatomie humaine de P. PoIRIER et A. CHaARPy, tome 1°, 1931 (Squeleite céphalique par M. Aucrer) (Fig. 13). x
Fig 12- Mandiqt, face eue. (Past)
(1) Récemment, Francis BELTRAMI, dans sa thèse et dans un mémoire qu’il publiait dans la Revue de Stomatologie (Tome 47, n° 1-2, janv. fév. 1946; a insisté sur le fait que la mandibule est un os sans équivalent dans le reste du squelette. « C’est, avant tout, un os dentaire ». Il résulterait « de la fusion de deux systèmes osseux superposés :
1. — Jos dentaire proprement dit, formé par les dents et leurs procès alvéolaires (le procès alvéolaire étant l’os qui délimite l’alvéole).
2. — l'os basal, substratum osseux de l’os dentaire, sur lequel viennent s’insérer les muscles de la mastication, de la respiration et de la phonation ».
Ainsi la dent n'a plus d’individualité; ce que nous avions pris l'habitude de concevoir comme un organe isolé, devient, suivant la conception actuelle, un fragment de mandibule.
Sur le corps, à mi-distance des bords inférieur et supérieur, à 3 centimètres environ de la ligne médiane, au-dessous de la cloison interprémolaire, on trouve le #rou mentonnier (foramen mentale), orifice de 1 à 2 mm, ouvert en haut et en arrière et par lequel sortent les branches mentonnières des nerfs et vaisseaux mandibulaires. Sur la surface intérieure de la branche montante, on trouve, à sa partie moyenne, l’orifice postérieur du canal inandibulaire (foramvwn. mandibulare), évasé et prolongé en haut et en arrière par une large gouttière, empreinte des nerfs et vaisseaux qui y pénètrent, repéré sur le vivant par la saillie de l’épine de Syix.
Structure : Elle est celle des os plats, d’autant plus spongieuse qu’ils sont épais, d'autant plus compacte qu’ils sont minces. Les parties les plus épaisses sont au-dessous des molaires (2° - 3) et au menton; les plus minces sont à la région d’insertions musculaires, c’est-à-dire à la branche montante et en particulier à l’apophyse coronoïde (engainée par le tendon du muscle temporal) et à la partie inférieure de la branche montante (déprimée sur ses deux faces par les muscles masséter et ptérygoïdien interne). La base de la mandibule est épaisse, dense et particulièremet résistante ainsi que la symphyse.
La pars alveolaris est bilatéralement creusée de huit alvéoles dentaires.
À la limite de la bas et de la pars alveolaris, le corps et une partie de la branche sont traversés par un canal intra-osseux fort important : le canal mandibulaire où dentaire nnférieur (canalis mandibulæ) ; il commence sur la face interne de la branche montante par l’orifice évasé déjà décrit (foramen mandibulare). De la, le canal s’enfonce cbliquement en bas et en avant, puis, s'incurvant, chemine à 1 centimètre environ au-dessus du bord inférieur de l’os jusqu’au niveau du trou mentionnier (foramen mentale); il à 0,002 ou 0,003 de diamètre et est limité par une croûte de tissu compact entouré par le diploé; il passe très près des racines des seconde et troisième molaires; sur son parcours il émet de très courts canalicules alvéolaires ascendants, parfois réduits à un simple orifice, qui se rendent chacun à la pointe d’une logette alvéclaire (d’une racine dentaire). Au niveau de la seconde prémolaire le canal mandibulaire se bifurque en canal mentionnier et canalicule incisif, Le
La notion de dent est remplacée actuellement par celle de système dentaire ou odonton, système formé par :
1° La dent proprement dite avec pulpe, ivoire, émail;
2° Le parodontium comprenant le cément, le périodonte, l’alvéole, la gencive.
Précisons que l’alvéole est une cavité, et l’os qui la circonserit constitue le procès alvéolaire.
D’où, l’ensemble des procès alvéolaires forme l'os alvéolaire des classiques, ou os dentaire.
C’est la dent proprement dite ou organiim dentule qui conditionne les parodontia et cette conception est fondée sur l’évolution phylogénétique et le développement ontogénétique.