La dentelle et la broderie sur tulle
Autrefois, chaque région s’adonnait à la confection d'une espèce de dentelle; elle lui donnait son nom et n’en fabriquait point d’autre. Ce régime était avantageux à divers points de vue : les ouvrières, se spécialisant dans un seul genre, dont la tradition se transmettait de mère en fdle, connaissaient parfaitement leur métier et faisaient de beaux produits. Les fabricants de dentelle, qui ne s’occupaient, eux non plus, que d’un seul genre, avaient intérêt à résider dans les centres de production et ils entretenaient avec leurs ouvrières des relations plus directes qu’aujourd’hui.
La localisation de la fabrication, on l’a vu dans les pages qui précèdent, tend à disparaître et les entrepreneurs se centralisent de plus en plus à Bruxelles. Quant à la localisation du métier, elle existe encore, mais elle est beaucoup moins bien déterminée que par le passé et sujette à de fréquents changements. Un certain nombre de dentelles dont les pays étrangers avaient la spécialité se font maintenant en Belgique et, dans quelques endroits, elles ont pris la place de nos dentelles nationales. On fabrique dans la plupart des régions plusieurs espèces de dentelles qui n’ont souvent que peu de rapports
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE
entre elles. Des dentelles nouvelles s’introduisent, des points anciens se perdent. L’ouvrière n’a plus cette habileté particulière qui provenait autrefois de la spécialisation de son métier. Le grand fabricant à la recherche d’une main-d’œuvre soignée et nombreuse doit s’adresser dans des centres très différents ; il est tout naturellement amené à recourir aux services des intermédiaires et l’habitude qu’il a prise de résider à Bruxelles n’est pas pour spécialiser davantage la production des divers centres.
Localisation de la production des dentelles et broderies