Une vieille fille reçoit 52 centimes
Fig. 37. — Torchon.
Prix payé à l’ouvrière : 52 centimes l’aune.
llou ruées de
travail.
Heures.
Salaires
par
jour.
Fr.
pour une aune de torchon (fig. 57). Elle travaille 12 heures par jour et fait une aune et demie par jour.
Meirelbcke.
146. Une jeune fille de 18 ans fait des fleurs en point à l’aiguille ; en travaillant 14 heures,
elle gagne 1 franc par jour. Elle a commencé à apprendre la dentelle il y a deux ans, au couvent de Bottelaere, distant de 20 minutes de son habitation; maintenant elle porte sa dentelle chez un facteur deScheldewindeke, à une lieue et demie de là. Je lui demande pourquoi elle ne travaille plus pour le couvent de Bottelaere, qui est tant plus rapproché. La réponse, — on me fait partout la même, — est que le couvent de Bottelaere n’accepte que la très belle dentelle et que celle-ci rapporte moins que la dentelle plus ordinaire commandée par les facteurs de Scheldewindeke. Cette ouvrière travaille lentement. Elle est incapable, comme aussi les autres dentellières de Meirelbeke, d’exécuter les fonds , qui demandent une grande habileté et se paient plus cher.
Les deux sœurs de cette ouvrière ne font de la dentelle que pendant l’hiver; en été, elles travaillent dans une briqueterie des environs de Bruxelles et gagnent 2 francs par jour. Le père, chef de table dans cette même briqueterie, gagne S francs par jour pendant la saison et se repose durant l’hiver.
147. Une jeune fdle, dont les parents tiennent un tout petit cabaret, fait du point à l’aiguille pour un facteur de Scheldewindeke. Elle travaille environ 13 heures par jour et gagne de 93 centimes à fr. 1.20, d’après l’ouvrage qu’on lui confie. Tel genre de fleurs, qui se fait plus rapidement qu’un autre, rapporte davantage. Elle travaille en ce moment à des papillons qu’on lui paiera
Journées
de
travail.
Heures
Salaires
par
jour.
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE
fr. 1.20, dont il faut déduire 5 centimes pour le fil. Il lui est impossible d’en faire un par jour.
En hiver, la dentelle rapporte moins qu’en été, parce que toutes les femmes en font, tandis qu’en été beaucoup d’entre elles vont travailler aux briqueteries. Les dentellières qui travaillent pour le couvent de Boltelaçre peuvent, me dit-on, gagner d’assez bonnes journées, mais il faut pour cela que leur ouvrage soit très beau. Les ouvrières de xYleirelbeke préfèrent l’ouvrage moins fin, parce qu’en général il rapporte plus et se fait plus facilement.
Cette ouvrière vit seule avec ses parents. La mère, qui ne fait plus la dentelle, s’occupe du ménage et des rares clients qui fréquentent le bierliuis ; le père est ouvrier agricole.
148. Deux jeunes filles travaillant dans des conditions analogues gagnent de 1 franc à fr. 1.25 par jour. Le père, qui cultive un petit champ, est chef de table dans une briqueterie aux environs de Bruxelles. 11 y travaille cinq mois par an, avec ses deux fils et deux de ses tilles. Celles-ci gagnent environ 8 francs par semaine.
149. Les deux tilles d’un petit fermier font du point à l’aiguille : l’une gagne fr. 1 .25 par jour, l’autre, qui tient le ménage, 50 centimes. Le père, veuf, s’occupe des travaux de la ferme et élèves deux génisses efflanquées ; deux tils travaillent dans une briqueterie, près de Bruxelles.