Une mère et sa fille font une fine bro
derie à l’aiguille. En travaillant sans relâche.
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE
elles gagnent respectivement 4 francs par semaine.
256. Une vieille femme faisant une petite broderie à l’aiguille et travaillant lentement gagne fr. 1 .25 par semaine. Cette femme habite un hospice réservé aux vieux ménages.
257. Une brodeuse avec paillettes, très active et travaillant 15 heures par jour, gagne 4 francs.
258. Une brodeuse sur métier mécanique gagne 5 francs par jour.
Kieldrecht.
259. Deux brodeuses sur tulle, travaillant dans la même maison, confectionnent des fleurs à l’aiguille destinées à garnir des bonnets de paysannes hollandaises. Elles reçoivent le tulle et paient le fd. Chaque fleur leur demande une heure de travail et est payée 10 centimes. L’une de ces ouvrières, mariée de la veille, est déjà toute à son ménage et ne fait que six fleurs par jour. La seconde, une jeune voisine, en fait douze; il en faut de 25 à 26 pour faire un fond de bonnet et l’on paie le fil à raison de 14 centimes pour 12 fleurs. Ces ouvrières m’assurent que toutes les factoresses du village, au nombre d’une dizaine, tiennent boutique.
260. Quatre jeunes filles, — des voisines qui travaillent habituellement ensemble. — brodent des fleurs pour fonds de bonnet. Elles travaillent de 11 à 12 heures par jour.
La première reçoit 4 francs pour 25 fleurs;
Journées
de
travail.
Heures.
Salaires
par
jour.
Fr.
en un jour elle fait cinq fleurs et consomme pour 7 centimes de fil.
La seconde reçoit 2 francs pour 25 fleurs; elle en fait de 8 à 9 par jour et gagne environ 65 centimes.
La troisième fait 12 fleurs par jour et ne reçoit, pour 25 fleurs, que fr. 1.70.
La quatrième enfin, qui paraît être la plus rapide, reçoit fr. 2.40 pour 25 fleurs; elle en confectionne neuf par jour et son fil lui coûte environ 13 centimes.
261. Une jeune brodeuse sur tulle reçoit fr. 2.75 pour 25 fleurs. Elle a calculé qu’en travaillant de 5 heures du matin à 7 heures du soir elle peut gagner jusque fr. 1.30. En réalité, elle ne travaille que 5 heures par jour.
Elle porte son ouvrage à Anvers ou bien le confie à une femme du village voisin, qui le porte pour elle à Anvers, sans frais. Ce système, me dit-elle, est bien plus avantageux que celui qu’imposent à leurs ouvrières les facteurs de Kieldrecht : sa broderie est mieux payée, le marchand d’Anvers donnant un peu plus de 10 cenlimes pour une fleur qui se fait en une heure : le fil, que les autres ouvrières paient 45 centimes l’écheveau, coûte à celle-ci 36 centimes; enfin, elle n’est pas obligée, comme la plupart des ouvrières de Kieldrecht, de se fournir dans les boutiques des facteurs.
Le mari de cette ouvrière est cordonnier ; il travaille à domicile et gagne 2 francs quand
Journées
Heures.
Salaires
par
jour.
Fr.
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE
le métier va bien. Il y a deux enfants en bas âge.
262. Dans une maison à l’écart, une vieille femme travaille à un beau volant en point de Lille.
A côté d’elle, deux fillettes lnodent des fonds de bonnet. L’aînée reçoit fr. 1.70 pour 25 fleurs, qu elle achève en deux jours; elle consomme pour 20 centimes de fil. La seconde, — une apprentie, — reçoit fr. 1.60 pour un ouvrage analogue, qu’elle termine en trois jours et qui consomme pour 20 centimes de fil. Toutes deux travaillent quotidiennement 12 heures.
263. Deux jeunes filles brodent des fonds de bonnet à grandes arabesques. La première reçoit par pièce fr. 2.25, dont il faut déduire 20 centimes pour le fil. En travaillant depuis 5 heures du matin jusqu’à midi et depuis une heure jusqu’à 7 h. 1/2 du soir, elle termine un fond de bonnet en deux jours.
La seconde reçoit fr. 2.50 pour un fond de bonnet un peu plus compliqué. Elle dépense 20 ccnlimes pour le fil et, en travaillant le même nombre d’heures que sa sœur, elle achève une pièce en deux jours et demi. Son travail est lent : c’est ce qui explique que son salaire est moins élevé que celui de sa sœur.
Ces deux jeunes filles portent leur broderie chez une factoresse habitant le village voisin: celle-ci paie un peu mieux que les koopvroinvcn de Kieldrecht et ne tient pas boutique.
La mère de ces jeunes filles tient le ménage; le père est colporteur de poisson.
Journées Salaires
de
travail.
par
jour.
Salaires payés dans les ateliers des farricants.
Les ouvrières employées dans les ateliers des fabricants sont mieux payées et travaillent moins longtemps que celles qui font la dentelle à domicile.
Dans les petits ateliers servant de réclame à certains fabricants de Bruxelles, les ouvrières sont, en général, payées à la journée : elles reçoivent de fr.l .§0 à 2 Iran es (4), un repas sommaire au milieu du jour et travaillent pendant dix ou douze heures.
Dans les grands ateliers, qui n’emploient que des ouvrières d’élite, les salaires sont souvent plus élevés ; dans certaines maisons, les ouvrières reçoivent, outre leur salaire, des gratifications en nature, telles que vêtements, bonnets, chaussures.
Mllü Minne-Dansaert, fabricante de dentelles à Hacltert, et M. Georges Martin (Compagnie des Indes), fabricant à Bruxelles et à Paris, ont bien voulu nous communiquer les renseignements suivants sur les salaires payés dans leurs ateliers.
Ateliers de la Compagnie des Indes, a Bruxelles.