BLONDES, FANTAISIES
La production des dentelles d’or et d’argent a été, à diverses époques, d’une importance considérable. Les édits somptuaires de la première moitié du xvu° siècle qui règlent ou interdisent l’usage des diverses espèces de dentelles mentionnent les passements d’or et d'argent; ce qui est une preuve d’un usage alors assez répandu de cette dentelle.
L'auteur de la Révolte des passements passe en revue l’armée réunie de toutes les dentelles insurgées contre l’édit de 1660 et assemblées en différents corps à la foire de Saint-Germain, parmi lesquelles :
« Cinq à six cents caisses, toutes l'épée au côté, de dentelles d’or et commandées par le capitaine Brocart d’or, et portoient pour enseigne un Amour habillé en broderie,
avec de grands canons aux jambes, des rubans jusqu’au bout des souliers *. »
Cette citation est une preuve évidente du grand développement de cette industrie au
milieu du xvn° siècle.
On manque de renseignements sur ce qu’elle a été dans les pays étrangers, ma il est à présumer qu’aux époques où les dentelles d’or et d’argent étaient à la mode, il a
dû s’en faire en Espagne, en Allemagne et en Italie surtout; on en portait dans ces
différents pays, si l’on s’en rapporte au témoignage de quelques portraits anciens qui en montrent sur le costume.
On connaît une certaine passementerie appelée point d'Espagne, qui'se fait au fuseau
comme la dentelle; l’origine en est probablement due au pays dont elle a gardé le nom. Cette passementerie se fabrique au moyen de trois cordonnets de guipure*, un gros et
deux qui sont fins. Ces deux derniers étant placés l’un à droite, l’autre à gauche du gros
1. La Révolte des passemens, dédiée à Mile de la Trousse. Paris, 1661; déjà cité
est un cordonnet composé de plusieurs brins d’un fil quelconque recouverts