DE ROUES
Fig. ic-3.
Remplissage d'un rond avec deux rangs ' de petites roues.
Remplissage d'un rond avec trois rangs de points de tulle et un cercle festonné (fig. ioo et 101). — Dans la fig. ioo nous donnons l'explication de la manière dont on peut remplir une ouverture ronde au moyen de trois rangs de points de tulle simples. On remarquera que la boucle qui commence le rang est enlacée avec le fil de la boucle qui le termine et que ce fil passe ensuite à la seconde série de points.
On passe de la même manière au troisième tour, puis on relève toutes les boucles en y passant le fil; on rembourre un peu ce cercle intérieur en le couvrant de quelques couches de fil, et finalement on le festonne au moyen de points bien serrés.
Remplissage d'un rond avec deux rangs de petites roues (fig. 102 et io3). — La fig. 102 montre comment on exécute des roues à trois rayons reposant sur un tour de points de feston relevés. Dans le premier rang on fait une roue pardessus chaque point, dans le second tour les roues ne sont posées que sur chaque second point. Un troisième tour de points de feston, dont on relève finalement les bouclettes par un fil, achève l'intérieur du cercle.
Remplissage d'un rond au moyen de pyramides et d'une roue au point de reprise (fig. 104 et io5). — La fig. io5 montre un rond rempli au moyen d'une rosace
Fig. 104.
Manière de faire les points de feston
qui servent de bati
pour le point de reprise.
Fig. io5.
Remplissage d'un rond au moyen de
pyramides et d'une roue
au point de reprise.
composée de 1 1 petites dents au point de reprise, avec une roue comme centre.
Pour faire le bâti nécessaire pour les dents au point de reprise, on commence par faire 1 1 points de feston, dont les boucles sont ensuite relevées avec un fil qui forme cercle (voir fig. 104). Par-dessus ce bâti on exécute les dents au point de reprise, d'après les explications données pour la
La roue du centre est travaillée au point de reprise contrarié, fig. 23, les rayons sont formés au moyen de brides surjetées.
Fig. 106.
Remplissage d'un rond au moyen de
points de dentelles et d'une rosace de
dents au point de reprise.
Remplissage d'un rond au moyen de points de dentelles et d'une rosace de dents au point de reprise (fig. 106). — Après avoir exécuté à l'intérieur du lacet quatre rangs de points de dentelles, on place au centre une rosace composée de huit dents au point de reprise.
Le premier des quatre rangs de points de dentelles est formé par des points de feston assez lâches, dont on relèvera les boucles en y passant le fil. Dans le deuxième rang on pose quatre petits points de feston dans chaque boucle du rang précédent.
Le troisième rang de points est pareil au premier et le quatrième au deuxième.
L'exécution de la rosace a été expliquée par la fig. 104.
L'intérieur de notre rosace est garni de huit points de feston dont les boucles relevées sont serrées à l'intérieur.
Remplissage d'une figure ovale au moyen de points de dentelles et de brides surjetées (fig. 1 07). — On commence par un rang de points de feston assez serrés, dont on relève ensuite les boucles. Dans le second rang on ne pose qu'un point de feston dans chaque deuxième boucle du rang précédent; les boucles de ces points, qui seront relevées, devront également être un peu serrées.
Le troisième rang est pareil au premier ; deux points de feston sont posés dans chaque boucle du rang supérieur; en relevant les boucles du dernier tour on exécute
Fig. 107.
Remplissage d'une figure ovale au moyen de points
de dentelles et de brides surjetées.
DO
Fig. 108.
Remplissage d'une figure ovale au moyen de
faisceaux de brides surjetees.
en même temps les brides surjetées qui sont fixées dans les points du côté opposé.
Remplissage d'une figure ovale au moyen de faisceaux de brides surjetées (fig. 108). — On exécute un tour de brides
verticales le long de la lisière intérieure du lacet, puis, en relevant les boucles horizontales, on placeenmême temps les cinq faisceaux de brides surjetées qui garnissent l'intérieur du motif. Pour l'exécution des faisceaux à brides surjetées, voir la fig. 5 i .
Remplissage d'une figure ovale au moyen de roues (fig. 109). — .Ce remplissage est exécuté au moyen de roues de grandeurs proportionnées aux espaces à remplir.
Les explications concernant l'exécution de ces roues sont données à la fig. 56.
Remplissage d'une figure ovale au moyen de pyramides au point de reprise (fig. 1 10). — Notre figure représente un
Fig. 1 10. • ç 1 r 1
Remplissage d'une figure ovale au moyen de Olllie Ovale
pyramides au point de reprise. rempli au moyen de
Remplissage d'une figure ovale au moyen
de roues.
deux rangées opposées de neuf petites pyramides se touchant à la pointe.
Pour l'exécution des pyramides voir les fig. 41 et 58.
Remplissage des feuilles. — Le
remplissage des feuilles symétriques peut être exécuté de différentes manières : ou bien au moyen de points de dentelles en rangs horizontaux, tel qu'on le fait pour remplir des formes irrégulières, ou bien en suivant les contours des lacets. Dans ce dernier cas on travaille toujours en rond, en réduisant la grandeur et le nombre des points à mesure que l'on s'approche du centre.
Nous donnons ci-après quelques exemples de remplissage de feuilles; nos lectrices pourront facilement en composer d'autres en se servant des différents points décrits plus haut.
Remplissage d'une feuille au moyen de points de dentelles en rangs horizontaux (fig. 111). — Ce remplissage de feuille offre un exemple de l'emploi du point de dentelles
Les points de feston simples forment une bande de largeur uniforme, tandis que la longueur des brides festonnées varie suivant la forme de la feuille.
Remplissage d'une feuille au moyen de points de dentelles et du point russe (fig. 112). — On commence par un rang de points de feston simples posés dans la lisière du lacet, puis on exécute un tour de points
Fig. iii.
Remplissage d'une feuille
au moyen de
points de dentelles en
rangs horizontaux.
Fig. 1 12.
Remplissage d'une feuille
au moyen de
points de dentelles et
du point russe.
Fig. 1 13.
Remplissage d'une feuille
au moyen d'un point
de dentelles a œillets.
Fig. i 14.
Remplissage d'une feuille au moyen de points de dentelles
transparents et d'une
branche avec feuilles brodées
en relief
au point de reprise.
d'après la fig. 77, suivi d'un second rang de points de feston.
Dans ce dernier rang de points on relève toutes les boucles et finalement on garnit le centre d'un rang de points russes tournés, fig. 46.
Remplissage d'une feuille au moyen d'un point de dentelles à œillets (fig. 1 1 3). — Pour ce remplissage on a utilisé le point de la fig. 81, en changeant toutefois la dimension des œillets. Ainsi un grand œillet alterne avec deux petits œillets, ce qui donne plus de variété au dessin.
Remplissage d'une feuille au moyen de points de dentelles transparents et d'une branche avec feuilles brodées en relief au point de reprise (fig. 114). — Un genre de remplissage des plus riches est représenté par la fig. 114; il est composé d'un réseau de points de dentelles très transparent, encadrant une branche avec feuilles brodées en relief.
On commence par remplir l'intérieur de la feuille avec le point de dentelles fig. 79, pour lequel on prendra un fil assez fin; un fil plus gros servira pour l'exécution des feuilles au point de reprise.
Pour l'exécution de cette branche nous renvoyons à l'entre-deux fig. 54; nous ferons observer toutefois qu'ici la tige doit être cordonnée (fig. i5).
Feuilles triples avec remplissage au point de reprise et au point à côtes
(fig. ii5 et 116). — Le remplissage
Planche VII
des feuilles triples au point de reprise et au point à côtes, fig. 1 1 5 et ii 6, diffère complètement de celui des feuilles précédentes en ce qui concerne l'aspect et l'exécution.
Les deux genres de points sont travaillés pardessus des fils tendus en éventail ; ces fils restent simples pour le point à côtes et sont surjetés pour le point de reprise.
L'exécution du point de reprise et du point à côtes est la même que pour les points des fig.
23, 24 et 25, avec la différence toutefois que, dans les feuilles, les points en question sont exécutés en allers et retours et non en rond comme pour les roues.
Fonds. — Comme dernier genre de « points de remplissage » nous donnons ci-après une série de motifs appelés « fonds », lesquels pourront être aussi utilisés, en remplacement d'ouvrages au crochet ou en frivolité, pour la garniture d'objets divers, tels que pelotes, sachets, coussins, lingerie, etc.
Ces fonds sont composés de lacets unis ou à médaillons, assemblés
Fig. 1 i5.
Feuille triple avec remplissage au point
de reprise.
Fig. 1 16.
Feuille triple avec remplissage
au point a côtes.
de différentes manières et reliés entre eux au moyen de points et de motifs expliqués plus haut.
Premier fond (fig. 117). — Bâtir des lacets médaillons moyens en rangs horizontaux et verticaux se croisant à chaque
tige.
Les vides sont remplis par des roues à quatre rayons de brides surjetées ; le noyau est fait au point de reprise simple. Les rayons sont fixés dans les picots extérieurs des médaillons.
La manière de lancer et de surjeter les fils pour les branches et l'exécution de la roue au point de reprise simple a été expliquée par la fig. 19.
Deuxième fond (fig. 118). — Bâtir des lacets médaillons moyens en rangs horizontaux et verticaux, se croisant à chaque
tige.
Les vides sont remplis par des petites figures composées de huit brides surjetées. Les médaillons employés comptent de chaque côté sept picots, les brides sont posées dans le 3me et dans le 5me de ces picots, de sorte qu'il y aura deux picots libres au commencement et à la fin de chaque médaillon et un picot libre au milieu.
Finalement on relève les bouclettes de fil entre les brides et on les serre de manière à en former un petit œillet.
Fig. 117. Premier fond.
Fig. 118. Deuxième fond.
L'exécution des brides et la manière de relever les boucles est expliquée parles fig. 83 et 84.
Troisième fond (fi g. 119).
Bâtir les lacets à petits médaillons en rangs obliques se croisant à chaque deuxième tige.
Les vides octogones sont garnis de roues à huit rayons de fil simple et d'un noyau au point de reprise contrarié.
Les fils pour les branches Fig. 119. Troisième fond.
sont lancés dans les picots extérieurs des médaillons croisés.
Pour l'exécution de la roue au point de reprise contrarié, voir la fig. 24.
Quatrième fond (fig. 120).
Bâtir des lacets à petits médaillons en rangs obliques se croisant à chaque troisième tige.
Ce fond est un nouvel exemple de l'emploi des anneaux festonnés. Placés au milieu des vides, les anneaux sont^reliés aux lacets médaillons par quatre brides cordonnées et forment ainsi un réseau très solide.
L'exécution des anneaux à points de feston simples et des brides cordonnées est expliquée par les fig. i5 et 32.
Fig. 120. Quatrième fond.
Cinquième fond (fig. 121). — Bâtir des lacets à grands médaillons en rangs obliques se croisant à chaque tige.
Lancer dans le vide quatre fils simples et les réunir au milieu par un nœud, tel qu'on le fait pour les araignées à huit rayons, fig. 24.
Par-dessus ces fils tendus, et en partant du centre, on exécute quatre triangles au point de reprise se touchant par les sommets au centre du vide.
Pour l'exécution de ces triangles voir les dents au
Fig. 121. Cinquième fond.
Sixième fond (fig. 122).
point de reprise, fig. 41.
Bâtir des lacets à très grands
médaillons en rangs horizontaux et verticaux se croisant à
chaque tige.
Les vides sont remplis par une étoile composée de quatre dents au point de reprise et d'une roue avec rayons ramifiés.
On commence par faire un grand point d'esprit reliant les quatre médaillons. Ce point d'esprit servira de bâti aux dents au point de reprise, qui devront être commencées par la pointe et exécutées d'après la fig. 41 .
Les brides qui complètent l'étoile sont ramifiées à leurs
extrémités et reposent à droite et à gauche dans les médaillons.
Fig. 122. Sixième fond.
Au point de croisement on ajoute une petite roue au point de reprise contrarié (voir aussi la fig. 20).
Septième fond
(fig. 123). — Bâtir des lacets unis moyens en rangées diagonales croisées, distantes de i3 m/m. environ.
Des roues à quatre branches au point de reprise simple remplissent les losanges vides.
Pour l'exécution des roues voir la fig.
Huitième fond
(fig. 124).
Bâtir des lacets unis étroits en rangs obliquescroisés, distants de 27 m/m. environ.
Ce modèle montre denou-
Fig. 123. Septième fond.
veau l'em-
Fig. 124. Huitième fond. (Figure réduite).
ploi d'anneaux festonnés placés au centre des losanges. Six points russes posés autour des anneaux relient ces derniers avec les lacets et forment avec eux une petite rosace.
Voir l'exécution des anneaux avec points de feston simples aux fig. 32 et 33.
Neuvième fond (fig. 125). — Bâtir des lacets unis moyens en rangs obliques croisés, distants de 27 m/m. environ, et par-
Fig. 125. Neuvième fond. (Figure réduite).
dessus les points de croisement, bâtir des lacets en rangs horizontaux.
On obtient ainsi un fond composé de triangles réguliers. Pour remplir ces derniers on exécute sur la ligne formant la base des triangles des quarts de roues au point de reprise contrarié; dans ce but on lance un fil vertical par le milieu de
ces petites figures au sommet des triangles et deux fils obliques de chaque côté.
Le point de reprise contrarié est fait en allers et en retours.
Dixième fond (fig. 126). — Bâtir des lacets unis moyens ou étroits en rangs horizontaux et verticaux, distants de 3o m/m. environ, par-dessus ces derniers, bâtir les mêmes lacets en rangs obliques, distants également de 3o m/m. environ.
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Fig. 126. Dixième fond. (Figure réduite).
Par ce double quadrillage du fond on obtient de grands losanges et de petits triangles. Ces derniers sont remplis de brides ramifiées surjetées (voir la fig. 5), tandis que les losanges sont garnis de roues à huit rayons au point de reprise contrarié, fig. 23.
Onzième fond (fig. 127). — Bâtir des lacets unis moyens en rangs horizontaux et verticaux, distants de 2 1 m/m. et de 8 m/m.
Ce quadrillage du fond rappelle la disposition des jours sur toile; aussi ce fond peut-il être employé comme entre-deux en remplacement d'une rivière à jour.
bo
On commence par remplir les losanges avec le point russe simple (fig. 45), puis on ajoute des petites roues à quatre rayons dans les petits carrés et des grandes roues à huit rayons dans les grands vides.
Pour l'exécution des roues au point de reprise, voir les fig. 21 et 24.
Douzième fond (fig. 128). — Bâtir les lacets unis moyens en rangs diagonaux croisés, distants de 53 m/m. environ;
Fig. 127. Onzième fond. (Figure réduite
autour des points de croisement bâtir un rond de huit médaillons moyens.
Tendre et surjeter des fils en sens vertical et en sens horizontal à travers tous les points de croisement des lacets unis; puis, partant de nouveau des points de croisement, tendre et surjeter dans chaque triangle deux brides obliques fixées dans les lacets médaillons et exécuter par-dessus ces 3 brides un petit triangle au point de reprise contrarié.
Planche VIII
LA DENTELLE RENAISSANCE 6l
La petite rosace, qui relie extérieurement les ronds de médaillons, est commencée par un grand point d'esprit, enlacé par-dessus la tige entre deux médaillons; à l'intérieur on tend encore deux fils obliques se croisant aussi au point de rencontre des brides horizontales et verticales, et par-dessus ces fils on fait une roue au point de reprise contrarié (fig. 23).
Fig. 128. Douzième fond. (Figure réduite).
Finalement on joint les ronds de médaillons, aux endroits où ils passent sur le lacet, par quelques points de surjet imperceptibles.
Manière de terminer les dentelles par des picots.
Les contours extérieurs de certains ouvrages en dentelle Renaissance sont garnis de picots.
Le plus simple est de se servir de picots tissés, comme ceux représentés dans la fig. 1 . Cependant ces picots ne sont pas toujours très solides et, une fois lessivés, ils perdent
souvent leur forme et deviennent insignifiants. Nous engagerons donc nos lectrices à n'en faire usage que pour des ouvrages de fantaisie peu sujets à être lavés.
Pour des dentelles précieuses qu'on a eu la patience de confectionner soi-même avec beaucoup de peine et dont la solidité est très grande, nous conseillons à nos lectrices d'exécuter les picots elles-mêmes.
Ces picots cousus ne sont pas aussi fins que les picots tissés, mais par, contre ils sont beaucoup moins fragiles et
peuvent être lavés sans inconvénient, si l'on prend la précaution de les épingler ensuite pour leur redonner leur forme primitive.
Manière de coudre les lacets à picots (fîg. 129). — Les Fig. 129. picots tissés doivent
Manière de coudre les lacets a picots. ^ CQUSUS à ja den.
telle encore fixée sur le patron, lisière contre lisière, au moyen de points de surjet, traversant les jours des lacets. Lorsque le lacet à picots rencontre une bride, les points de surjet doivent pénétrer dans celle-ci et ne pas être fixés autour. Partout où le dessin est formé de lignes courbes on tirera un peu moins sur le lacet à picots, afin de ne pas froncer ou déformer l'ouvrage ; dans les coins on pliera le lacet et on arrêtera le pli par quelques points.
Picots cousus (fig. i3o, i3i, i32). — Les picots cousus devront toujours être fixés dans la lisière d'un lacet.
Dans la fig. i3o nous indiquons la manière d'exécuter des picots raccordés. On commence par faire, d'après la fig. 93, un nœud par-dessus lequel on enlace le fil en suivant les indications que l'on trouvera sur la gravure.
Il est très important que toutes les boucles soient liées à la même hauteur, qu'elles soient toutes de longueur pareille
Fig. i3o.
Picots cousus raccordés.
Fig. i 3 i .
Picots cousus isolés.
et espacées régulièrement. Pour y arriver on fixe dans le
calque des épingles pour chaque picot à exécuter.
Dans la fig. 1 3 1 on trouvera un genre de picots cousus
ayant beaucoup de ressemblance avec ceux qui sont faits à la
machine. Après avoir placé un point de feston dans la lisière
du lacet, on conduit le fil vers le bas, on y forme une boucle
retenue par une épingle et on la serre au moyen d'un second
point de feston. (Voir aussi
les brides avec picots épingles,
fig- 7-)
La fig. i32 montre la manière
de se servir de petits festons surmontés de picots à points de minute (voir les fig. io et n).
On peut en outre employer en guise de picots un ou même deux tours du point de dentelles fig. 78, ou bien le premier rang des fig. 91, 92 et 94, en travaillant toujours de gauche à droite.
Manière de détacher la dentelle terminée du calque.
Le travail terminé, on retourne l'ouvrage sur l'envers et l'on coupe chaque point de faufil qui
fixe les lacets sur le Calque, puis Picots festonnés avec petits picots
, A points de minute.
on retire soigneusement tous les
petits bouts de fil, après quoi la dentelle se détache naturellement du fond.
Dentelles à lacets avec fond de tulle. — La dentelle Renaissance, de même que tous les autres genres de dentelles à l'aiguille, était autrefois presqu'uniquement employée pour la garniture des vêtements et de la lingerie ; aujourd'hui on s'en sert couramment pour confectionner des objets de décoration intérieure, tel que stores, rideaux, couvertures, tapis de table, voilettes, etc. Etant donné le caractère et les dimensions de ces objets on a cherché à en simplifier l'exécution.
Dans ce but on a remplacé les différents genres de brides et points de dentelles, soit entièrement, soit en partie seulement, par un fond de tulle.
Dans les ouvrages où le fond tout entier est en tulle, l'intérieur des motifs de la dentelle est couvert de points d'ornement variés, exécutés par-dessus les mailles du tulle. Pour obtenir plus de variété on enlève quelquefois le tulle dans l'intérieur de certains petits motifs du dessin, dans les fleurs ou feuilles par exemple; il est alors remplacé par un fond à roues ou par un entre-deux quelconque (voir la fig. 1 37).
On peut aussi ne se servir du tulle que pour l'intérieur des figures du dessin, le fond proprement dit est alors composé de brides surjetées ou festonnées et le tulle surbrodé de points de remplissage. Les ouvrages faits ainsi se rapprochent beaucoup de la vraie dentelle Renaissance (voir la fig. 1 38). Le tulle employé est le tulle grec à grandes mailles.
Nous citerons encore les applications de lacets sur tulle fin de Bruxelles. Le dessin est, dans ce cas, formé par des lacets, qui sont raccordés par des lignes au point de reprise, sans addition de brides ou points de dentelles (voir la fig. 139). Ces ouvrages fins sont employés presqu'exclusivement comme garniture de robes et de manteaux.
Fournitures. — Avec le gros tulle grec nous recommandons l'emploi de fils brillants : le Mouliné spécial D.M.C et le Coton perlé D.M.C. Le Mouliné spécial est un fil floche et souple qui se vend dans deux numéros de grosseur Nos 14 et 25 ; il est formé de 6 brins très légèrement tordus ensemble, de sorte qu'on peut facilement le diviser pour obtenir la grosseur de fil convenable. Quant au Coton perlé, c'est, comme son nom l'indique, un fil plus tordu et très brillant qu'on peut se procurer dans les Nos 1, 3, 5, 8 et 12. Les numéros qui conviennent le mieux pour les points de broderie sur tulle sont les Nos 3, 5 et 8.
Pour broder sur du tulle à petites mailles et sur du tulle de Bruxelles on se sert du Lin floche D.M.C dans les Nos 40, 5o, 60, 70 et 100.
Le Lin pour dentelles D.M.C dans les Nos 16, 25, 35, 40, 45, 5o, 60 et 70 sera toujours avantageusement employé pour toutes les brides, roues et points de dentelles.
Fig. 1 33. Manière de coudre les lacets sur un fond de tulle.
Pour bâtir les lacets et pour les froncer on prend du Fil d'Alsace D.M.C.
Travail préparatoire. — Comme pour les dentelles Renaissance proprement dites, on se sert aussi pour les dentelles à lacets sur fond de tulle d'un calque sur lustrine ou sur papier-toile. Le tulle sera fixé à fils droits sur le calque au moyen de faufils, en lignes horizontales et verticales, écartées de 10 c/m. environ.
On commencera ensuite par bâtir les lacets. La manière de bâtir et de froncer les lacets est la même que pour la dentelle Renaissance. En fronçant il faudra cependant faire bien attention de ne pas saisir le fond de tulle.
Les lacets, bâtis et froncés sur toute la surface de l'ouvrage, sont fixés sur le tulle au moyen de petits points de surjet qui doivent être posés dans chaque jour de la lisière, comme l'indique la fig. 1 33, où l'on voit un lacet déjà froncé, bâti sur tulle et fixé en partie par des points surjetés.
Si l'on désire enlever le tulle dans certaines parties du dessin, il faut auparavant renforcer la couture extérieure par un rang de points de feston bien serrés. Ces points passeront
Fig. 134. Manière de festonner les contours extérieurs.
également dans chaque jour de la lisière du lacet (voir fig. i 34) et ce n'est qu'après avoir fait ce festonnage qu'on découpera le fond de tulle qui est à enlever.
Exécution du travail. — On exécutera d'abord les broderies sur fond de tulle; les points de remplissage seront faits à points comptés, tandis que les tiges, nervures, etc., seront
Fig. 1 35. Dentelle sur tulle avec contours a lacets unis et points de remplissage.
exécutés d'après tracé. Le remplissage avec points de dentelles des roues ou entre-deux, pour lequel le tulle aura été préalablement enlevé, sera fait en dernier lieu; de cette façon on ne risquera pas de déformer le fond de tulle dans l'intérieur des motifs.
Dentelle sur tulle avec contours à lacets unis et points de remplissage (fig. 1 35). — La fig. 1 35 représente un fragment d'ouvrage avec contours à lacets unis où le tulle seul forme le fond, tandis qu'il est couvert de différents points de remplissage dans l'intérieur des figures. Dans certaines parties des feuilles et au centre de la fleur le tulle a été enlevé et
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