CONCLUSION
Cette étude a démontré que rien n'expliquait la décroissance de la natalité française ; ce ne sont pas la richesse, les ressources publiques et privées qui manquent pour élever des enfants. Ce n'est pas la dégénérescence de la race, qui s'épanouit et s'accroit dès qu'elle n'est plus dans les limites des frontières françaises ; ce n'est ni l'épidémie ni la guerre.
Le seul motif de la diminution de la nataliré est l'âme française et la formation de la mentalité française depuis bien des années.
Il faudrait que les nombreuses familles soient honorées. Elles ne le sont pas. Il est fait aux enfants, dans les écoles de l'Etat, des cours de civisme, de morale. Il leur est appris ce que nous devons à nos parents, à nos proches, à notre cité, à notre patrie. Pourquoi ne leur serait-il pas dit que les familles doivent être nombreuses ? C'est là un des nombreux devoirs envers notre patrie, envers l'Etat, à qui nous savons bien de plus en plus réclamer des droits. Dans la substitution d'une morale tirée de la raison pure, aux diverses morales confessionnelles qui disaient : « Croissez et mullipliez » on a oublié ce devoir. On a omis de représenter aux jeunes, à tous, la beauté des renoncements à certaines facilités de l’existence, la noblesse de l'effort de tous les instants pour créer des générations à venir, la grandeur de certains sacrifices en vue de l'évolution française, de l'humanité.
On parle de solidarité entre tous, de soutien les uns par les autres ; mais ne peut-on concevoir une solidarité entre les diverses générations d'un peuple ? Nous avons reçu des générations antérieures, des biens moraux et des richesses immenses, nous devons aux générations qui nous suivront de les mettre à même de ne pas être accablées, dépouillées, par ceux qui sont le nombre.
Les écoles publiques de jeunes enfants contiennent sur leurs murs de nombreux tableaux d'enseignement ; on démontre par des images sans cesse sous les yeux, les ravages produits par certains vices, par l'alcoolisme. Ces tableaux sont terrifiants : ils gravent dans l'esprit des jeunes générations une idée que l'on n'a pu
‘répandre encore suffisamment. D'autres tableaux préconisent
l'épargne, la mutualité, recommandant de s'assurer contre l’incendie ; vous voyez d’un côté une famille prospère, parce qu'elle a épargné, qu'elle a su se prémunir contre la grèle, l'incendie, d'autres accidents. De l'autre côté, la famille qui n’a pas eu cette prévoyance est plongée dans l’affliction, la maladie, le besoin. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour un autre vice qui nous ronge, qui nous diminue plus que l'alcoolisme, qui empêche les générations de naître, alors que l’alcooï ne fait que les contaminer ? Des tableaux pourraient indiquer la décroissance du nombre des Français, avec en regard l'augmentation angoissante de nos concurrents, de nos ennemis. Ils pourraient rappeler à tous, le redoutable problème, notre amoindrissement, la disparition dans un temps que l'on peut maintenant prévoir, de notre patrimoine moral, de nos idées, de notre culture, de notre croyance, peut-être de nos biens. Ils indiqueraient de combien de respect et de reconnaissance doivent être entourées les familles où les enfants sont nombreux.
La disparition de la nationalité française se produira de l’une ou de l'autre des façons suivantes : soit d’une manière sanglante, à la suite d'une guerre malheureuse, parce que dans un temps donné, à un endroit donné, nous n’aurons pu réunir un nombre de soldats suffisant, ou par l’endosmose des peuples voisins.
La manière sanglante résultera d'une guerre où le fils unique du Gaulois aura à lutter contre les quatre ou cinq fils du Germain, et où toute la valeur de ce fils unique ne pourra résister au nombre débordant.
L'écrivain allemand Rommel le dit avec cynisme : « Le fils unique de la famille française est invariablement destiné à être dépouillé par les cinq fils de la famille allemande ».
Nous ne sommes plus aux époques héroïques des Grecs, où une poignée de soldats aguerris, enflammés du désir de sauver leur patrie, résistait à la multitude des Perses. Nous avons à lutter contre des soldats entrainés, et la brute poméranienne, dressée selon les dernières méthodes, munie d'armes perfectionnées, vaudra sur le champ de bataille nos fils les plus intelligents et les plus instruits.
Le partage de notre pays s'opérera, non seulement au profit des vainqueurs, mais de leurs complices. Notre pays ne se relèvera jamais, car pour empêcher tout relèvement, loute velleité d'indépendance, (oute concurrence commerciale sur les marchés du
monde, il sera écrasé de toutes façons par le vainqueur, d’une indemnité ou tribut de guerre qui l'épuisera tous les ans.
Quelques objections ont été faites. Puissent-elles être fondées!
On a dit que notre pays était le pays de l'ingéniosité dans l'industrie, dans les arts, el spécialement dans les arts physiques et mécaniques. Il se peut en effet, qu'à un moment donné, il puisse se défendre victorieusement par quelqu'une de ces inventions géniales dont s'honore l'humanité. Il faudra que cette invention géniale remonte à peu de temps et n'ait pas encore été copiée par d'autres, que nous en possédions encore le monopole, ou bien que nous soyions parvenus à la soustraire aux investigations qui se font chaque jour chez nous. Qui en effet aurait pu penser, il y à à peine quelques années que l'homme pourrait vaincre l’air ? Celui qui recherchait le moyen d'arriver à ce résultat était un rêveur, un fou ; et cependant l'homme, le Français y est parvenu. De même il a conquis les profondeurs de l'eau ; il a presque supprimé les distance sur les routes. Est-ce une invention semblable qui nous sauvera contre le flot d’ennemis envahisseurs ?
D'autres nationalités s’accroissent aussi rapidement. La race slave augmente toujours. Elle peut servir de contrepoids à la prolifique Allemagne, de sauvegarde à la nationalité française.
Peut-être peut-on craindre que la race slave s'accroissant aussi sans cesse, ne cherche une sortie à l’ouest de son empire, et en refoulant nos voisins de l’est, ne précipite ainsi l'invasion de ces derniers dans notre pays ? Ainsi autrefois se produisaient les invasions des barbares ; chaque peuplade poussant devant elle une autre peuplade, qui envahissait à son tour l'Empire Romain et ses colonies, comme le flot pousse le flot qui le précède.
Mais cela ne parait pas à craindre. La race slave a à peupler encore d'immenses étendues de terres, où la densité de la population est très faible. Elle débordera dans d'autres parties du monde, en Asie, dans les pays auxquels on a prêté gratuitement une population énorme, parce qu'on en jugeait par les côtes, et qui en réalité ne sont pas peuplés comme on le suppose. Elle débordera comme elle a essayé de le faire dans des parties voisines de la Sibérie, où elle s’est déjà rencontrée avec le pullulement d'une autre race.
Ou bien notre nationalité disparaitra par un phénomène social
que l'on peut appeler l'endosmose des peuples. Peu à peu à chacune
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de nos frontières, les étrangers, voisins de ces frontières, viendront s'établir sur notre sol. Le Nord deviendra flamand, l'Est prendra peu à peu le caractère allemand, le Sud-Est sera peuplé d'Italiens, le Midi le sera d'Espagnols, jusqu'à ce que sous ces fils d’étrangers, implantés chez nous, ayant la majorité dans nos comices électoraux, nous fassent la loi, et comme les uitlanders installés dans une république du sud de l'Afrique, ils amènent la disparition ou le démembrement du pays qui les avait généreusement accueillis comme des hôtes.
Ajoutez à cela l'existence sur le sol de la France, de soldats appartenant à la race noire, sorte de mercenaires que par une pente fatale nous serons amenés à entretenir. Si ces soldats ne sont pas par eux-mêmes un danger, s’il est certain que jamais la révolte ne les soulèvera contre nous, il faut supposer qu'ils resteront chez nous, qu'ils feront souche, el ce ne sera certainement pas pour le relèvement du niveau moral, intellectuel de notre race.
Un écrivain, un économiste moderne, voyait déjà une partie de la France, où avaient stationné longtemps des troupes noires à notre service, prendre les caractères ethniques et physiques des noirs, dont une part de l'Amérique souffre tant ; une autre partie de la France, où s'étaient trouvés des régiments composés d'asiatiques recevoir peu à peu le caractère physique des peuples de l'Asie. C’est là peut-être une exagération destinée à nous faire sentir du doigt le danger qui menace : mais cependant qui nous assure qu'il n'en sera pas ainsi au temps où vivront nos petits fils ?
Ainsi disparaîtra la nationalité française avec les nombreuses qualités qui la distinguent, el entre toutes cet esprit de clarté, de loyauté, de netteté, de clair bon sens, de modération en tout qui est notre apanage ; cet esprit inductif et créateur ; cette propension à tout ce qui est juste, humain, généreux ; ces dévouements à l'idée, à la chose publique ; ce dévouement unique dans l’histoire des peuples qui a fait le Français marcher pour la délivrance d’autres peuples tant de fois, ne dut-il en recueillir que l'ingratitude ou même l'hostilité,
Ainsi pourra disparaître notre langue, si belle, si précise, qu'elle a été longtemps la langue des conventions d'entre les peuples ; notre langue dont un allemand, Gœæthe, lisant la traduction française de son Faust, par Gérard de Nerval, disait : « Il y a là des fleurs qui élaient séchées pour moi, et que J'y vois refleurir ; il y a même des idées que j'ai comprises pour la première fois. »
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Le 23 avril 1910 le Président des Etats-Unis, Roosevelt, prononçait les paroles, qui peuvent former la conclusion et le résumé de cette étude.
«.… De plus grande importance que la capacité pour le travail ; de plus grande importance encore que la capacité de combattre, s'il le faut, est pour toute nation, de se souvenir que nul avantage n'est comparable pour elle à celui de laisser des héritiers de son sang pour occuper sa terre. C'était la bénédiction suprême aux temps bibliques, et ça l'est encore aujourd'hui. Le pire de tous les fléaux est la stérilité, et les plus rigoureuses de toutes les condamnations doivent poursuivre la stérilité volontaire. La plus essentielle des nécessités dans toute civilisation, est que l’homme et la femme soient père et mère d'enfants bien portants, de façon que la race croisse et ne décroisse pas. S'il n'en est pas ainsi ; si, sans aucune faute de la société, l'accroissement fait défaut, c'est un grand malheur. Si ce manque est dû à des fautes calculées et volontaires, ce n'est plus alors simplement un malheur, c'est un de ces crimes d'amollissemsnt, d’égoiïsme, de crainte de la peine, de l'effort et du risque, qu'à la longue la nature punit plus durement qu'aucun autre. Si nous autres, gens des grandes républiques ; si nous les nations libres qui nous flattons de nous être émancipés du joug de l'injustice et de l'erreur, attirons sur nos têtes la malédiction qui frappe la stérilité volontaire, ce sera pour nous le plus vain des gaspillages de paroles que de jaser sur nos hauts faits et de célébrer ce que nous avons accompli. Nul raffinement de vie, nulle délicatesse de goût, nul progrès matériel, nul sordide entassement de richesses, nul développement enchanteur de l'art et des lettres ne peut, à aucun égard compenser la perte des grandes vertus fondamentales, et de ces vertus fondamentales la plus grande est le pouvoir chez la race de se perpétuer... »
Le même ajoutait :
«… Une nation où les hommes ne veulent plus faire la guerre, et où les femmes ne veulent plus d'enfants est une nation frappée à mort...»
… Une vision des siècles passés s'impose à l'esprit. Le 29 mai 1453? les hordes sauvages de Mahomet IT battaient les remparts de Constantinople, privée de défenseurs. Byzance avait oublié depuis longtemps les vertus militaires. Elle n'avait plus de soldats. Cette héritière de la Grèce et des arts méprisait le métier de soldat. Quand elle avait besoin de troupes, elle payait des mercenaires.
Le jour de l'assaut des Turcs, dans une basilique, dont le pur profil
se détachait harmonieusement sur le ciel et sur l'horizon d'une mer bleue, des philosophes, des prêtres discutaient sur des questions métaphysiques et théologiques, sur l'âme, sur le non-moi, sur la lumière incréée. Que leur importait le siège de la ville Ces barbares pouvaient-ils vaincre des hommes civilisés, chez qui fleurissaient tous les arts, qui s'élevaient aux plus hautes conceptions de la philosophie ? Ce siège de la cité n'était qu'un incident ; la discussion continuait.
Le soir du siège l'ombre couvrait peu à peu la ville. Les clameurs des femmes cessaient à peine ; l'incendie continuait. Les philosophes, les sages s'étaient tu ; ils gisaient dans le sang, massacrés par les hordes barbares, victorieuses parce qu'elles étaient la force, le nombre...
Ainsi le nombre crée les richesses, le nombre seul peut les conserver, les protéger, les défendre. Ce qui n’augmente pas diminue : La loi économique inéluctable est la suivante : Il faut croître, ou disparaître. |
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