‹ La dépopulation de la France; ses conséquences, ses causes, mésures à prendre pour la combattreChapitre 69 sur 149 · Don! je su s d'ailleurs partisan · texte numérisé non relu

Don! je su s d'ailleurs partisan

Nous avons vu la parfaite inanité des mesures proposées pour restreindre la mortalité. Fussent-elles efficaces (et elles ne le seraient pas), elles n'auraient sur la population de la France, aucune influence (p. 86 et suiv.).

III. — Il faut combattre le mal dans ses causes. Ces causes sont l'excessive prévoyance des parents. Il faut s'arranger pour que cette prévoyance soit, au contraire, un motif pour avoir une nombreuse postérité.

On y arrive en admettant que le fait d'élever un enfant est une des formes de l'impôt (p. 265). La famille qui élève trois enfants remplit suffisamment son devoir envers l'État. Celle qui en élève davantage paie, par ce seul fait, un impôt excessif ; il faut donc la dégrever. Pour la dégrever complètement (et c'est ce que nous proposons), il suffit de frapper d'une surtaxe de 20 p. 100 les familles qui ontdeux enfants ou moins encore (p. 267). Nous avons prouvé que le Trésor, loin de perdre à cette combinaison, ne pouvait qu'y gagner.

L'impôt du sang devrait être allégé pour les jeunes gens mariés et surtout pour les pères de famille (p. 279).

Il faudrait adopter et généraliser la loi belge (p. 280).

Ce sont surtout les impôts de succession qui devraient faire payer par les familles malthusiennes la juste indemnité qu'elles doivent au pays en raison de leur stérilité. Le but à atteindre, autant que possible, est d'attribuer à l'État la portion disponible de l'héritage des familles qui n'ont que un ou deux enfants (p. 276).

Les sommes ainsi perçues pourraient constituer une caisse spéciale destinée à assurer une pension alimentaire aux auteurs des familles suffisamment nombreuses, pension dont l'État récupérerait le montant sur les enfants, toutes les fois que ce serait possible (p. 298).

Nous demandons Y extension de la liberté de tester, telle qu'elle existe dans tous les grands pays excepté en France (p. 140 et 290). Nous attirons l'attention sur le système de la me j or a (p. 143). Gela môme ne suffit pas. Il faut que la

loi partage l'héritage en parts égales entre les descendants du défunt (p. 145).

L'Etat devrait réserver ses emplois, comme le demande M. Paul Leroy-Beaulieu, aux pères de famille ayant au moins 3 enfants (p. 291).

Il n'y a pas de misère plus intéressante que celle d'une veuve pauvre chargée de plusieurs (4 au moins) enfants en bas Age. Elle devrait toujours être secourue efficacement, de façon qu'une heureuse fécondité cesse d'être, pour les gens du peuple, une imprudence (p. 160).

L'Etat ne devrait perdre aucune occasion de témoigner du respect et de la gratitude qu'il doit avoir pour les parents qui élèvent de nombreux enfants. Toutes les faveurs dont il dispose devraient leur être réservées autant que possible. Notamment il devrait (comme il le fait déjà, mais trop timidement et trop rarement) augmenter les traitements des fonctionnaires en raison du nombre des enfants lorsqu'ils en ont plus de trois. Il devrait en outre indemniser les familles de plus de 3 enfants de l'excès d'impôts indirects qu'il prélève sur elles abusivement, en secourant celles d'entre elles qui sont pauvres (p. 280).

C'est un devoir pour la nation d'entourer l'enfant, et spécialement l'enfant malheureux de toute sa protection et de toute sa tendresse. Elle devrait organiser des fêles des enfants (p. 288).

L'Etat devrait réserver le bénéfice de la loi, aux sociétés de construction qui louent exclusivement aux familles de plus de 3 enfants (p. 301).

Par ces moyens et d'autres encore, il faudrait inculquer dans la conscience des Français, ce principe que tout homme a le devoir de contribuer à la perpétuité de son pays, comme il a le devoir de le défendre; on n'y parviendra qu'en donnant aux familles nombreuses les droits politiques auxquels elles ont droit (p. 303).

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